Faits divers – Justice

Procès Bonnemaison : cinq ans de prison avec sursis requis contre l'ex-urgentiste

Par Marina Cabiten, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Pays Basque et France Bleu vendredi 23 octobre 2015 à 14:12 Mis à jour le vendredi 23 octobre 2015 à 17:25

Nicolas Bonnemaison
Nicolas Bonnemaison © Maxppp

Cinq ans de prison avec sursis ont été requis vendredi devant la cour d'assises du Maine-et-Loire à l'encontre de l'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison, rejugé en appel à Angers pour l'"empoisonnement" de sept patients en fin de vie en 2010 et 2011.

C'est la même peine requise que lors du premier procès de Nicolas Bonnemaison : cinq ans de prison avec sursis. Le procès en appel de l'ancien urgentiste touche à sa fin aux assises du Maine-et-Loire. En première instance à Pau, le médecin avait été acquitté de "l'empoisonnement" de sept patients en fin de vie en 2010 et 2011.

"Hâter la fin"

L'avocat général, Olivier Tcherkessoff, a estimé que le Dr. Bonnemaison, 54 ans, n'était "pas un assassin, pas un empoisonneur au sens commun de ces termes", mais qu'il avait bien "provoqué la mort délibérément" de six des sept malades, en leur injectant des produits létaux pour "hâter la fin". 

"L'empoisonnement par pitié, par compassion ou par amour n'est pas moins intentionnel, d'un point de vue juridique, qu'un empoisonnement par vengeance, jalousie ou cupidité", a-t-il ajouté. "Cela ne doit pas avoir d'incidence sur la déclaration de culpabilité. Par contre, on doit en tenir compte pour déterminer la peine."

C'est le ministère public qui avait fait appel après l'acquittement, et les avocats avaient dénoncé un "acharnement judiciaire".

"Il a voulu remplacer la Nature"

Plus tôt dans la matinée, les avocats de la famille de Françoise Iramuno avaient demandé de sanctionner le "geste froid, secret et violent" du médecin, accusé d'avoir injecté un sédatif ayant précipité la mort de cette patiente de 86 ans.  

"Il a volontairement provoqué la mort de Mme (Françoise) Iramuno, en injectant de l'hypnovel, violemment". "Il voulait abréger sa vie, certainement pas soulager ses souffrances", a plaidé Valérie Garmendia, l'avocate du fils et de la belle-fille de cette femme morte à 86 ans en avril 2011, deux jours après son admission dans le service des urgences de l'Hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). "Si vous prononcez la culpabilité du docteur Bonnemaison, le père de mon client pourra enfin vivre sa mort en paix", a de son côté lancé Me Thierry Cazes, avocat du fils d'André Geffroy, un patient décédé en février 2011 à 92 ans. Tout au long des deux semaines du procès, Nicolas Bonnemaison, 54 ans, a toujours réfuté toute "intention de faire mourir" ses patients, tout en reconnaissant avoir procédé à des injections pour, selon lui, mettre fin à des souffrances extrêmes.

Un médecin dépressif

L'ex-urgentiste, dépressif à l'époque des faits et radié en avril 2014 par l'ordre des médecins, a été repris depuis les faits sur un poste non-médical par le même centre hospitalier de la Côte basque. Ses avocats, qui assurent qu'il voulait d'abord "soulager les souffrances" de ses patients, doivent plaider vendredi après-midi. Le verdict tombera samedi.