Faits divers – Justice

Procès : cinq ans de prison requis contre l'ex-compagne de l'homme battu

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 9 avril 2015 à 8:28 Mis à jour le jeudi 9 avril 2015 à 18:14

Maxime Gaget a vécu l'enfer des violences conjugales
Maxime Gaget a vécu l'enfer des violences conjugales © MaxPPP

Maxime Gaget, 37 ans, a connu l'enfer des violences conjugales pendant 15 mois. Son ex-compagne est jugée ce jeudi à Paris. Cinq ans de prison ont été requis contre elle. Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai.

Battu, humilié, dépouillé, Maxime Gaget a été victimes de violences conjugales durant plus d'un an. Ce jeudi, son ancienne compagne est jugée pour "violences, menaces et intimidations et escroqueries" à Paris. Cinq années d'emprisonnement ont été requises contre elle, le maximum encouru. Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai.

Un tabou à briser

"Quand j'ai récupéré mon fils, il était méconnaissable avec son visage tuméfié et c'est au son de sa voix que j'ai su que c'était bien lui. Il était d'une maigreur effrayante, il n'y avait pas un centimètre de son corps sans trace de coups" , a raconté son père. Hospitalisé avec huit phalanges cassées, Maxime a également subi des opérations de reconstruction du nez et d'une oreille et s'est vu délivrer 100 jours d'incapacité totale de travail (ITT).   

"On estime qu'un homme meurt tous les treize jours sous les coups de celles avec qui il partage sa vie" rappelle le psychanalyste Alain Legrand, également directeur du centre "SOS Violences familiales" à Paris. En comparaison, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Environ 7.000 plaintes d'hommes victimes de violences conjugales sont comptabilisées chaque année , "mais on estime que seuls 2% des faits sont déclarés car les victimes ont trop honte de porter plainte" , précise Sylviane Spitzer, fondatrice de "SOS Hommes Battus".   

Une attirance "magnétique et irrationnelle"

Zakia Medkour, 43 ans, est selon son avocate "bipolaire", et "n'était pas vraiment elle-même au moment des faits". C'est sur internet en 2007 que le jeune informaticien provincial rencontre cette mère de famille algérienne au RMI, séparée et mère de deux enfants. Il évoque une attirance "magnétique et irrationnelle" pour cette femme avec qui il aura sa première relation sexuelle.   

Mais le cauchemar commence vite, au bout de deux mois les premières gifles. Puis coups de poings, de manche à balai, de tabouret, brûlures . Hospitalisé à deux reprises, il dit avoir été agressé dans la rue.

Destruction physique et psychologique

Ses absences lui font perdre son travail. Réduit au rôle d'*"esclave domestique"* s'occupant des enfants et des tâches ménagères, il est cloîtré dans le studio ou un local extérieur, sauf pour faire les courses. Relégué pour dormir dans l'entrée à même le sol, interdit de salle de bain et de toilettes, il est enfermé dans un débarras lorsque sa compagne reçoit d'autres hommes.  **

 Privé de ses papiers et cartes de crédit, il est peu à peu dépouillé de ses économies et menacé d'être dénoncé pour atteinte sexuelle sur ses enfants s'il ne se montre pas conciliant.   

C'est le propre frère de Zakia qui donnera l'alerte, craignant que Maxime Gaget ne finisse "dans une petite boîte" .

Maxime Gaget