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Faits divers – Justice

Procès contre des veneurs à Rennes : des peines d'emprisonnement avec sursis requises

Cinq veneurs étaient convoqués au tribunal de Rennes ce mardi après-midi pour des violences commises en février contre des militants d'AVA, anti-chasse à courre. Ils devaient répondre d'une tentative de noyade et d'étranglement. Entre 10 et 14 mois d'emprisonnement avec sursis ont été requis.

Le délibéré est fixé au 25 juillet prochain.
Le délibéré est fixé au 25 juillet prochain. © Radio France - Alexandre Frémont

Rennes, France

Cinq veneurs devant le tribunal de Rennes ce mardi après-midi, soupçonnés de violences envers deux militants du collectif AVA, Abolissons la vénerie aujourd'hui, contre la chasse à courre, le 2 février dernier. L'une des victimes a eu la tête mise dans l'eau à plusieurs reprises, l'autre a eu plusieurs fois le cou serré. 

Deux rassemblements étaient organisés avant l'audience devant le tribunal. Une tension quasi permanente du début à la fin entre pro et anti-chasse à courre. Pendant le procès, la salle n'est remplie presque que de chasseurs, les militants et sympathisants d'AVA sont à l'extérieur car ils n'ont pas réussi à rentrer, faute de place dit la police. Ils n'auraient pas été les plus rapides pour rentrer.

La tension retombe après le procès. - Radio France
La tension retombe après le procès. © Radio France - Alexandre Frémont
Les veneurs et sympathisants sont d'un côté et les "AVA" et anti-chasse à courre sont de l'autre. - Radio France
Les veneurs et sympathisants sont d'un côté et les "AVA" et anti-chasse à courre sont de l'autre. © Radio France - Alexandre Frémont

Lors de l'audience, aucun prévenu n'a ni vraiment reconnu ces faits de violences ni éprouvé de remords. Ils défilent à la barre, l'un d'eux est en fauteuil roulant, avec des bandages à la jambe. Pour eux, les faits de violences qui leur sont reprochés sont amplifiés ou faux. "Nous n'étions pas venu pour faire ça", explique l'un d'eux. "Ces énergumènes qui ne travaillent pas nous harcèlent depuis des mois". 

"Je n'ai jamais voulu la noyer. Si j'avais voulu le faire, je l'aurais fait tranquillement". Un prévenu sur la tentative de noyade.

"Jamais je n'ai voulu la noyer"

Sur la tentative d'étranglement de l’une des victimes, le chasseur incriminé répond : "Je n'ai jamais porté ma main à son cou. Il a essayé de me mordre alors je lui ai plaqué la main sur le torse, c’est tout". L'autre victime aurait subit une tentative de noyade. "J’ai juste tenté d’arracher sa caméra attachée à son torse, jamais je n’ai voulu la noyer", explique un autre prévenu, ancien militaire. Il continue : "si j’avais voulu le faire, je l’aurais fait tranquillement"

Il y a un raz-le-bol explique Maître André Raiffaud, l’avocat des prévenus, s'ils ont agi de la sorte. "Il faut les comprendre, il y a eu 19 faits d’harcèlement déposés en gendarmerie rien que sur la saison de chasse 2018/2019", soit largement avant l'agression qui s'est déroulée en février 2019. "J’ai 72 ans, je n’ai jamais été harcelé de la sorte", dit le plus vieux des prévenus, un retraité. La présidente demande finalement si ces agressions répondent au dicton : "œil pour œil, dent pour dent. Non, répond l'ancien militaire, si ça avait été le cas, ça aurait été réglé autrement". Un frisson parcours la salle du côté des quelques militants AVA qui ont pu rentrer dans la salle. 

"Ce jour-là, on s'est vu mourir en forêt"

Le procureur requiert des peines de 10 à 14 mois d'emprisonnement avec sursis accompagnées d'une interdiction de chasser pendant 3 ans. C'est trop pour l'avocat des prévenus : "ces réquisitions vont déclarer une guerre rurale. Des sanctions lourdes vont renforcer la conviction et la capacité de nuisance des AVA, tandis que des sanctions modérées auraient apaisées les choses."

Au contraire, ce sont des sanctions à la hauteur des faits pour l'une des victimes : "Nous, on s'est vu mourir en forêt. Ce jour-là, j'estime avoir été victime d'une tentative d'homicide, donc oui, visiblement ils minimisent totalement ces violences, les banalisent et ils les défendent"

Le délibéré est fixé au 25 juillet prochain à 14 h.