Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Procès d'Orange : une salariée caennaise raconte sa tentative de suicide sur son lieu de travail

Alors que s'ouvre ce lundi 6 mai 2019 à Paris le procès de Didier Lombard, ex PDG d'Orange et de six autres dirigeants, une Caennaise raconte sa tentative de suicide en avril 2011 sur son lieu de travail. Béatrice Pannier veut que le burn out soit reconnue comme maladie professionnelle.

Béatrice Pannier, aujourd'hui âgée de 56 ans, a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail à Caen le 26 avril 2011.
Béatrice Pannier, aujourd'hui âgée de 56 ans, a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail à Caen le 26 avril 2011.

Caen, France

C'est ce lundi 6 mai 2019 que s'ouvre à Paris le procès de Didier Lombard, l'ex PDG de France Telecom, mis en cause pour la vague de suicides qui  avait endeuillé l'entreprise à la fin des années 2000. Didier Lombard va être jugé pour harcèlement moral avec six autres cadres et dirigeants. Ce qui est en cause, ce sont des méthodes de management jugées inhumaines. La procédure a retenu le cas de 39 salariés : 19 se sont suicidés, 12 ont tenté de le faire et huit ont subi des dépressions et des arrêts de travail. A Caen, Béatrice Pannier a choisi de parler. En 2011, elle a tenté de se suicider sur son lieu de travail. Son cas ne figure pas dans la prévention car les faits sont arrivés plus tard. Mais elle s'estime victime, elle aussi, des méthodes d'Orange.    

Arrivée avec un couteau, elle s'entaille le bras devant ses collègues

Le 26 avril 2011, Béatrice Pannier doit reprendre le travail après cinq mois d'arrêt. Entre temps Didier Lombard a été remercié et Stéphane Richard a pris les rênes de l'entreprise. Mais sa décision est prise. Elle n'a reçu ni coup de fil ni mail pour son retour, elle arrive donc avec trois courriers, un pour Stéphane Richard, un pour le directeur du plateau où elle travaille et un pour le CHSCT. Et surtout avec un couteau. Elle s'entaille le bras devant ses collègues. "Le sang a jailli, raconte-t-elle, si j'avais pu je me le serais planté dans le ventre, je voulais en finir..." Elle est hospitalisée en urgence.

Le sentiment de ne pas réussir à s'en sortir depuis huit ans

Arrêtée pendant deux ans, elle reprend le travail mais est victime d'un malaise en 2015 sur son lieu de travail. Nouvel arrêt, nouvelle reprise, nouveau malaise le 5 janvier 2018. Elle est actuellement arrêtée depuis un an et demi. 

"Ça fait huit ans que je n'arrive pas à guérir, que j'ai l'impression d'être dans des sables mouvants, que j'arrive à peine à sortir la tête pour respirer..."

Si elle se bat aujourd'hui c'est pour tous ses collègues qui se sont suicidés, pour sa fille aussi. "Elle a 15 ans, et je ne veux pas qu'elle connaisse la même vie professionnelle que moi. Quand elle me demande si je pense être entendue, je lui réponds que je ne sais pas, mais qu'au moins j'aurais essayé..."

Son combat : que le "burn-out" soit reconnu comme maladie professionnelle

Pour le procès qui s'ouvre ce lundi, elle s'est constituée partie civile, elle ne sait pas encore si le tribunal l'acceptera mais elle espère qu'elle pourra quoi qu'il arrive prendre la parole. Béatrice Pannier attend aussi des anciens dirigeants des excuses "publiques et sincères". Elle espère enfin une prise de conscience des pouvoirs publics, pour que le regard sur le 'burn-out' change et qu'il soit enfin reconnu comme maladie professionnelle. Elle a créé une page Facebook pour mener ce combat. 

Le témoignage de Béatrice Pannier sur France Bleu Normandie