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Faits divers – Justice

Procès d'un clan néo-nazi à Amiens : un ancien membre témoigne

mercredi 29 mars 2017 à 9:56 Par Marie-Gaëtane Comte et Eric Turpin, France Bleu Picardie et France Bleu

Dix-huit personnes liées à l'extrême droite sont jugées depuis lundi à Amiens notamment pour violences et agression. Elles font partie du "clan du loup blanc", un groupuscule néo-nazi. La deuxième journée du procès a été marquée par le témoignage de l'un des prévenus.

Le procès de dix-huit membres d'un clan néo-nazi s'est ouvert le lundi 27 mars à Amiens. Il dure quatre jours
Le procès de dix-huit membres d'un clan néo-nazi s'est ouvert le lundi 27 mars à Amiens. Il dure quatre jours © Maxppp - Dominique Touchart

C'est l'un des temps forts de la deuxième journée du procès du clan néo-nazi qui s'est ouvert lundi à Amiens. Le témoignage d'un ancien membre, jugé comme dix-sept autres personnes pour une trentaine de délits notamment des agressions, des vols, et même une tentative de meurtre.

Il raconte à la barre comment il a intégré le "clan du loup blanc", ce groupuscule néo-nazi qui a sévi entre 2012 et 2015 dans la région de Ham. Il avait alors 19 ans. C'était trois ans après avoir été mis à la porte par ses parents. Il a trouvé une famille dans ce clan et l'image d'un père dans le leader du clan Jérémy Mourain.

Je ne savais pas qui j'étais, je me cherchais

"Je ne savais pas quoi faire, je me cherchais, Je ne savais pas qui j'étais, je ne savais pas où aller", raconte-t-il, "C'est Jérémy Mourain qui m'a servi de figure paternelle. Il m'a félicité pour ce que j'étais, pour ce que je faisais. Je lui ai accordé ma confiance, ce que je n'aurais pas du faire". Et il raconte que Jérémy Mourain pouvait être violent, il terrorisait ses troupes. Aujourd'hui, Il espère avec ce procès tourner la page de cette période qu'il qualifie de "noire".

Les membres du clan du loup blanc avaient tous les mêmes idées, mais elles ne ressortaient pas forcément en dehors des réunions. Ils frappaient "parce qu’ils n'avaient rien d'autre à faire", confie un des prévenus à la barre. En témoigne une victime qui s'est fait détruire sa voiture par les membres du clan. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Mais finalement, les délits pour lesquelles ils comparaissent sont principalement des règlements de compte en interne et des vols pour vivre.

Chaque membre du clan s'est vu dessiner une croix sur la main à l'aide d'une lame de couteau chauffée à blanc. Certains se le sont fait eux-même pour montrer qu'ils étaient unis dans la douleur. La violence s'exerçait surtout dans le clan. A chaque faux pas, retard, ou phrase déplacée pouvait suivre un passage à tabac.

C'est une meute de loups

"C'est une meute de loups. Dans ce clan, l'individu se fond dans la collectivité", explique à la barre un gendarme expert, donnant des détails sur son fonctionnement très hiérarchisé, militarisé avec des grades en fonction de l'ancienneté dans le groupe.

Finalement l'idéologie nazie n'est représentée que dans les signes mais presque aucun membre n'en connaissait le sens. Il y avait les objets SS, les tatouages, les uniformes noirs, les autocollants. Mais selon le gendarme, le groupe n'était pas politisé.

"La violence était le mode d'expression de ce groupe qui s'est servi des symboles nazis comme d'un vernis, pour faire peur", soulignel'expert. Les membres du clan avaient tous des objets SS chez eux, des drapeaux nazis étaient sortis lors des réunions.