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Faits divers - Justice

Procès d'un féminicide par immolation au Plessis-Robinson : l'accusé sommé de parler

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Le procès de Christophe J. a démarré, ce jeudi 9 janvier, aux Assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Il est accusé d'avoir brûlé vive sa compagne, Ghylaine B., sous les yeux de leur fille de 7 ans.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Getty -

Nanterre, France

C'est le premier procès d'un féminicide cette année. Depuis ce jeudi 9 janvier, Christophe J. est jugé pour homicide volontaire, accusé d'avoir brûlé vive sa compagne, Ghylaine B., le 22 septembre 2017 au Plessis-Robinson près de Paris. La mère de famille de 34 ans était décédée des suites de ses blessures et l'accusé gravement brûlé sur 70% de son corps. 

Tout commence par une dispute, rappelle d'abord le président du tribunal, autour de l'amant de Ghylaine B.. Christophe J. en a appris l'existence quelques temps plus tôt par un texto anonyme. Il le rencontre même devant l'école de la petite fille du couple. Elle a 7 ans au moment des faits. "Maman avait un nouvel amoureux et ça a rendu fou furieux papa" avait alors expliqué la fillette aux policiers raconte l'une des enquêtrice entendue par le tribunal. La fillette explique que son père frappe sa mère et la menace de la tuer. Elle lui demande d'arrêter, de "laisser maman tranquille".

Toujours selon l'audition de l'époque de la fillette, seul témoin de la scène, "Papa est allé chercher une bouteille de Christaline dans le placard, il l'a débouché et a versé du gazon jaune sur maman". Les experts retrouveront en fait des grandes quantités d'essence pour automobile dans l'appartement, sur les vêtements de la victime et ceux de l'accusé. L'incendie se propage quand Christophe J., "avec du feu sur les épaules", va ouvrir la fenêtre de la chambre de sa fille... pour sauver son enfant insistent les avocats de la défense. 

Dans ce brouhaha et les fumées, ce sont les voisins qui appellent les secours, enfoncent eux même la porte et sortent la fillette. Les pompiers arriveront ensuite éteindre l'incendie et transporter le couple vers les hôpitaux les plus proches. 

L'amant de Ghylaine au coeur des premiers débats 

Deux ans plus tard, c'est donc l'heure des explications. Et elles tournent déjà autour de l'amant de Ghylaine B.. Dès les premiers mots de l'accusé même. "Ghylaine était tout pour moi" commence Christophe J., déjà interrompu par un sanglot. "Je pensais que notre relation était basée sur l'amour, la sincérité. J'ai été très surpris par cette trahison, très surpris qu'elle ait quelqu'un d'autre", explique l'accusé depuis le box des détenus. Il porte un pull noir de contention jusqu'aux doigts des mains. Conséquences de ses séquelles. 

C'est un homme profondément bon, il n'était pas lui même

Invitée surprise à la barre, une visiteuse de prison est appelée par la défense. Sœur Catherine, petite femme aux cheveux gris, en pull rose bonbon, a connu Christophe dès son arrivée à l'hôpital de la prison de Fresne. Avec son accent hollandais et faisant répéter plusieurs fois les questions qu'elle entend mal, elle raconte les dessins et les messages de sa fille collés sur les murs près de son lit. Elle raconte ses récits, qu'"il n'a jamais manifesté de haine contre Ghylaine. Même quand il apprend bien plus tard qu'elle a eu plusieurs amants, elle lui pardonne. Quand il parle de ce soir là, c'est dans les larmes", raconte la bénévole. 

"C'est un homme paisible, plein de bonté, pas du tout violent. C'est un homme profondément bon. Il n'était pas lui même", conclut-elle. 

La personnalité de la victime rapidement évoquée

En ce premier jour de procès, est aussi appelé à la barre l'un des brigadier chef chargé de l'enquête dès le soir des faits. Il décrit les lieux et détaille ses premières constatations. Les avocats de la défense l'arrêtent sur des poèmes ou peut-être des paroles de chansons découverts dans un cahier d'adolescente dans la table de nuit de la chambre conjugale et qui porte les initiales G.B. "Ma vie est pourrie à cause de mes conneries, j'atteindrai pas la majorité car je serai tuée", cite notamment l'avocat de Christophe J..

C'est ensuite au tour de la médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie du corps de Ghylaine B.. Le docteur décrit des brûlures extrêmement graves, sur 92% de la surface du corps. Les extrémités de la mère de famille sont même carbonisées insiste la professionnelle. Elle relève aussi des hématomes compatibles avec des coups de poing sur le visage. 

On a le sentiment que vous ne voulez pas affronter la vérité en face M.

Des coups que Christophe J. ne pense pas avoir porté. Interrogé sur les premiers témoignages de son procès, l'accusé répète qu'il ne se souvient pas de ce qu'il s'est passé ce soir là. "Je ne me souviens plus, c'est un cauchemar", répète l'accusé. Au point que le président du tribunal l'avertit : "on a le sentiment que vous ne voulez pas affronter la vérité en face mais c'est la seule occasion que vous avez."

"Quand Ghylaine menace de partir avec votre fille ce soir là, vous la tirez en arrière ? Vous la frappez ?", lui demande-t-il encore. -" Non, monsieur le president." -"Vous avez entendu la légiste, elle a été tabassé. Oui ou non ?" -"Pas sur." -"C'est à dire ?" -"Je ne me souviens pas. -"Essayez monsieur J. Vous avez le droit de ne pas parler mais vous ne vous en sortirez pas par le silence. Tout le monde attend des réponses." -"Je ne sais pas, je ne comprends pas moi-même. C'est tellement irréel", repète l'accusé. Il reconnaîtra un coup de poing.

-"Bon, donc il n'y a plus rien à dire ?, se lasse le président. J'enregistre votre position à l'ouverture de ce procès qui est de dire que vous ne savez rien sur cette affaire ?" Christophe J. sera réentendu plus longuement lundi.

Un meurtre ou un accident ?

Car pendant une semaine et demi, la cour entendra les experts, les témoins du drame, des proches aussi pour tenter de comprendre le geste de Christophe J. ce soir de 2017. Un "accident" plaidera le défense. "Mon client n'a jamais eu l'intention de tuer sa compagne, prévenait Maître Aurore Francelle à la veille du procès. Les auditions des experts seront très importantes pour nous, pour montrer que mon client n'a jamais eu de comportement violent avec sa compagne". 

"Un meurtre", rétorque son homologue du banc d'en face. Maître Fabien Arakélian représente entre autres, les frères et sœurs et la mère de Ghylaine B., constitués parties civiles. "L'accusé est allé chercher de l'essence, en a aspergé la victime et a allumé le feu comme pour un vulgaire barbecue. Ce sont des mots durs mais voilà le dossier et en terme juridique on appelle ça un meurtre."

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