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Procès d'un marchand de sommeil à Auxerre : "je pensais les aider"

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Par , France Bleu Auxerre

Il louait des logements sans eau, sans électricité et sans chauffage : un marchand de sommeil présumé était jugé ce jeudi 28 janvier à Auxerre. Il est aussi accusé de travail dissimulé et d'abus de faiblesse. Le parquet a requis 5 ans de prison dont trois ans fermes. Jugement en février.

tribunal d'Auxerre ( illustration)
tribunal d'Auxerre ( illustration) © Radio France - Adeline Tavet

L'homme de 55 ans qui comparaissait jeudi 28 janvier devant le tribunal correctionnel d'Auxerre est accusé d'avoir loué plusieurs logements insalubres à Joigny, Jussy ou encore Champs sur Yonne entre 2010 et 2015. Des logements sans eau, sans chauffage, sans courant mais avec parfois des rats. Les locataires devaient s'éclairer à la bougie. Une mère de trois enfants était obligée d'aller chercher de l'eau dans le village, avec des bidons. Tout cela pour un loyer de 300 euros par mois en liquide et 300 euros d'APL.

Des locataires fragiles et vulnérables

Ces logements indignes, selon les enquêteurs de l'Agence Régionale de Santé, étaient presque toujours louées à des personnes vulnérables. Certaines étaient dans la rue, d'autres allaient se faire expulser. D'autres encore étaient employées (souvent au noir) dans son entreprise de construction. "Je voulais les aider", assure le prévenu, qui semble ne pas comprendre ce qu'on lui reproche. "Non ce n'étaient pas des logements insalubres, il ne manquait que l'eau potable !  Ce sont eux qui ont tout sali", raconte-t-il à la barre. Brièvement, il reconnait tout de même, à moitié :"j'ai fauté, car pour moi, ce n'était pas des logements insalubres, je n'avais pas cette culture là, je ne savais pas".

La représentante du Parquet ne croit pas à ces explications : "ce monsieur exploite la misère des gens. Tout ce qu'il cherche, c'est à gagner de l'argent", assure-t-elle, "il est dangereux pour la société , en tout cas dangereux pour les personnes démunies". "Mon client a sa propre définition d'insalubre, vous en jugerez, mais il pensait vraiment aider les gens", nuance la défense. "Et puis personnes ne les a forcé à accepter ces conditions. D'ailleurs, ce ne sont pas les locataires qui se sont plaints, mais l'agence régionale de santé", fait remarquer l'avocate.

Travail dissimulé et abus de faiblesse

Le chef d'entreprise, qui logeait donc certains de ses salariés dans des taudis, oubliait aussi souvent, selon la justice, de déclarer leurs heures de travail. Des salariés embauchés à mi-temps, étaient ainsi déclarés pour deux jours de travail, mais travaillaient en réalité à temps plein pendant plusieurs semaines. "Le manque à gagner a été évalué par l'Urssaf à environ 70 000 euros au total", note le président du tribunal.

Les victimes sont, là aussi, fragiles et vulnérables. Il s'agit parfois d'anciens SDF, de personnes illettrées, "parfois à la limite du handicap mental léger", selon les experts. Il avait sur elles une emprise, une influence dont il a abusé : "comme un gourou", dira un témoin.

Et puis il y a les accusations d'abus de faiblesse : le prévenu aurait débuté puis arrêté en cours de route la construction d'une piscine pour 64 000 euros, chez un couple de 87 ans, ou encore profité de la vulnérabilité d'un autre couple, des amis, dont le mari était à l'hôpital et la femme si désorientée qu'elle pensait qu'un euro valait un franc.

Cinq ans de prison requis

Face aux accusations, le prévenu dément toujours. Les heures des salariés : il les a déclarées. Les devis : les clients les ont signés. Il a les documents, il a les papiers. Le président du tribunal s'énerve : "alors les enquêteurs, les témoins, l'ARS, l'Urssaf,  tout le monde ment sauf vous !"

Les enfants de deux des victimes, décédées depuis, ont du mal à contenir leur rage. "Cette personne s'est servie de mon père", dit l'un. "Ma mère avait très peur de lui", dit l'autre. "Je ne comprends pas c'était des amis", assure le prévenu. "Ce monsieur a profité de la fragilité de personnes vulnérables", résume le parquet. "Il a abusé des clients, il a même abusé des amis." Le parquet a requis cinq ans de prison dont trois ans ferme. Le jugement sera rendu le 18 février.

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