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Procès d'un prédateur sexuel à Caen : pourquoi si peu de victimes à la barre ?

Il traquait ses victimes sur internet, en prétendant être un homme beaucoup plus jeune. Un homme de 44 ans est jugé pour viols sous la menace de diffuser des photos et vidéos intimes par la cour criminelle de Caen. Seules trois victimes sont présentes, alors qu'il a reconnu sept viols au total.

Aline Lebret assiste trois jeunes femmes victimes et qui se sont constituées parties civiles à ce procès, mais elles auraient pu être beaucoup plus nombreuses.
Aline Lebret assiste trois jeunes femmes victimes et qui se sont constituées parties civiles à ce procès, mais elles auraient pu être beaucoup plus nombreuses. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

C'est un procès qui se tient en audience publique, et c'est rare dans les procès pour viols. Les victimes présentes n'ont pas demandé le huis clos expliquent-elles, pour que leur histoire dramatique "serve de leçon à d'autres jeunes femmes". Jeunes et fragiles, elles ont rencontré leur agresseur sur internet. Cet homme, alors âgé de 40 ans, se faisait passer pour quelqu'un de deux fois jeune au physique avenant. Gentil et dans l'empathie, il a réussi à les mettre en confiance au point de se faire envoyer des photos et vidéos intimes. Qu'il a ensuite menacé de divulguer pour obtenir des rapports sexuels. 

Seules trois jeunes femmes ont pris place sur le banc de la partie civile. Mais elles auraient pu être deux fois plus nombreuses, car au total, ce sont sept viols que l'accusé reconnait. Deux victimes ont été entendues et les faits figurent dans la procédure, mais les deux jeunes femmes n'ont pas souhaité porter plainte. Lors de la deuxième journée d'audience ce jeudi, l'avocat général a fait avouer à l'accusé deux viols supplémentaires. 

Un processus très long et éprouvant avant d'arriver à un procès

Alors pourquoi si peu de victimes présentes ? Réussir à porter plainte est déjà l'aboutissement d'un long processus. Comme en témoigne la mère de la plus jeunes des victimes, pousser la porte de la gendarmerie a été très éprouvant, et l'accueil y a été terrible. "Nous étions les coupables, et nous allions faire mettre un innocent en prison, raconte-t-elle, ils nous ont séparées, ils nous ont fait douter, j'ai douté de ma fille, alors que j'aurais dû la soutenir". Une expérience malheureuse que l'avocate des parties civiles Aline Lebret déplore trop souvent "même si heureusement tous les enquêteurs ne sont pas comme cela". Mais elle s'agace "du fossé qui existe entre le discours politique sur l'accueil des victimes d'infractions sexuelles et la réalité sur le terrain". 

Et une fois la plainte déposée, c'est un long parcours qui attend les victimes d'infractions sexuelles. "Il faut voir le médecin légiste qui vous examine, voir le juge d'instruction, énumère l'avocate, rencontrer un expert psychologique qui va essayer de voir si vous n'êtes pas quand même une sacrée menteuse, voir un juge d'instruction qui vous interroge, vous retrouver confrontée dans la même pièce avec votre agresseur". Et puis attendre de longs mois, voire de longues années, avant que la procédure ne finisse par arriver devant un tribunal. 

"L'accueil lors du dépôt de plainte de ma fille a été terrible, on eu le sentiment d'être les coupables"

"La honte qu'elles ressentent doit passer de l'autre côté de la barre"

De quoi en décourager plus d'une, qui resteront murées dans le silence, "écrasées par la honte sociale" ajoute Aline Lebret. Alors aujourd'hui, elle renvoie la balle aux magistrats chargés de juger ces viols. "Vous direz à ces jeunes femmes qu'elles n'y sont pour rien dans ce qui leur est arrivé. Elles sont courageuses, et la honte qu'elles ressentent doit passer de l'autre côté de la barre". L'avocat général doit requérir une peine ce vendredi matin, avant de laisser la place à l'avocat de la défense. Et le verdict sera rendu dans l'après-midi. L'accusé risque 20 ans de réclusion. 

"Vous direz à ces jeunes filles qu'elles n'y sont pour rien dans ce qui leur arrivé" plaide leur avocate Aline Lebret

Lors de cette deuxième journée d'audience, l'accusé qui souffre d'une sciatique, a vu un médecin et n'a pas suivi la fin des débats. Il devrait revenir pour la dernière journée d'audience ce vendredi. 

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