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Procès d'une filière jihadiste à Albertville : "On voulait vivre notre idéal religieux"

Albertville, France

Trois des quatre albertvillois jugés depuis mardi à Paris assurent être partis en Syrie pour "vivre un idéal religieux" avant de rebrousser chemin. Un voyage organisé "avant les attaques terroristes en France" et "sans volonté sanguinaire" selon leur avocat.

Un des quatre prévenus est suspecté d'avoir soutenu à distance des combattants
Un des quatre prévenus est suspecté d'avoir soutenu à distance des combattants © Maxppp - PHOTOPQR/LE DAUPHINE/MAXPPP

Hormis la barbe pour certains, difficile de déceler chez les prévenus le costume du parfait jihadiste. Jean, chemise, basket... "notre rêve" disent-ils à la barre, "c'était de vivre notre idéal religieux en terre d'islam". "Aux cotés de la population syrienne opprimée" poursuit l'un d'eux. "Une sorte de gentil jihad, avec femmes et enfants, sans prêter allégeance à un quelconque groupe terroriste" affirme un autre. Les arguments ont du mal à convaincre le tribunal : "Pourquoi dès lors avoir décollé quasiment le même jour pour Istanbul depuis deux aéroports différents, sans avoir prévenu les parents ? Comment expliquez-vous la présence d'une kalachnikov dans votre maison en Syrie ? Pourquoi ces noms qui reviennent dans le dossier et qui accréditent la thèse d'une filière à Albertville ?"

"Ils se rendent compte qu'on leur a menti" Me Nogueras

"C'est plutôt les bras cassés du jihad" rétorque leur avocat, maître Xavier Nogueras. "Ils arrivent dans des endroits qui ressemblent à des no-man's-land, il n'y a pas vraiment d'émir, d'organisation. Si c'est une filière, c'est une filière désorganisée qui n'a rien à voir avec de vraies grandes filières qui ont été jugées." L'avocat souhaite également remettre les faits dans leur contexte : "Lors des premiers départs, en 2012 -2013, la France n'est pas encore attaquée. On est avant la proclamation du califat. Avec des groupes dont on ne sait pas s'ils sont terroristes ou non. Ils ne sont pas partis avec une volonté sanguinaire pour aller couper des têtes mais plutôt avec une volonté de vivre en conformité avec leur religion. Immédiatement, puisque ça ne durera que trois semaines, ils se rendent compte qu'on leur a menti."

Sept autres Albertvillois restés en Syrie

La justice fait désormais une distinction entre les jihadistes revenus en France avant janvier 2015, et ceux qui sont partis pour la Syrie, ou qui y sont restés après les attentats de Paris, considérant que ces derniers "adhèrent nécessairement" aux objectifs de l'Etat islamique et sont donc passibles des assises.

Sur les trois Albertvillois partis en Syrie, deux comparaissent libres. Tous sont dans le repentir. Seul le quatrième homme, suspecté de soutien logistique à des combattants depuis la cité olympique, a décidé de garder le silence. Selon les enquêteurs, sept autres personnes originaires d'Albertville ont été identifiées dans le cadre de cette filière d'acheminement, six hommes et une femme qui seraient toujours actuellement en Syrie et qui font l'objet d'un mandat d'arrêt international. Les réquisitions du parquet sont attendues jeudi, le délibéré sera rendu vendredi.

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