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Dossier : Affaire Daval

Procès Daval : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre Jonathann Daval

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu Bourgogne, France Bleu

L'avocat général de la cour d'assises de Vesoul a requis la réclusion criminelle à perpétuité ce samedi contre Jonathann Daval, accusé du meurtre de son épouse Alexia, en octobre 2017. Le verdict sera rendu en fin de journée.

Les assises de Vesoul où est jugé Jonathann Daval.
Les assises de Vesoul où est jugé Jonathann Daval. © Radio France - Jean-François Fernandez

La réclusion criminelle à perpétuité a été requise ce samedi contre Jonathann Daval, jugé depuis le début de la semaine par la cour d'assises de Vesoul pour le meurtre de son épouse Alexia, en octobre 2017. 

L'avocat général, Emmanuel Dupic a justifié son réquisitoire par le principe du crime -le "meurtre conjugal"- par le procédé, la strangulation, "quatre minutes d’agonie". Il a pointé aussi la crémation du corps qui aurait pu faire disparaître les traces du crime, qualifiant l'accusé de "manipulateur" et de "menteur".

Après les plaidoiries de la défense (voir plus loin dans cet article), l'audience a repris vers 14h15 par les derniers mots de l'accusé. Jonathann Daval a demandé "pardon" avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. "Pardon, pardon", a-t-il lancé, à l'attention de sa famille et de celle d'Alexia. Le verdict sera rendu en fin de journée.

Un "crime parfait"

Pour l'avocat général, Jonathann Daval a voulu construire "le crime parfait". Dès les premières heures de l'affaire, le 28 octobre 2017, le magistrat affirme qu’il prend très au sérieux cette disparition. Intrigué par les traces de morsures et griffures sur les bras de Jonathann Daval, il se dit qu’il faut faire vite : “Pas de corps pas de crime, il faut dans ce type d'affaire retrouver le corps dans les 48 heures” .

Au bout de trois jours, le cadavre d’Alexia est découvert loin des lieux de footings habituels indiqués par Jonathann Daval, “sous des branchages, dans un endroit très difficile d'accès, le corps a été traîné sur plusieurs mètres et caché. Ce corps, il ne devait pas être trouvé (...) On était quasiment sur un crime parfait”

Il l'a tuée parce qu'elle voulait le quitter - Emmanuel Dupic, avocat général

Emmanuel Dupic partage la frustration des familles sur le mobile du crime et rejette les explications de la défense qui présente Jonathann Daval comme un homme soumis par son épouse. Il ne croit pas à la thèse des crises d’Alexia et du passage à l’acte de Jonathann Daval, comme “une cocotte minute qui explose”. À l'audience, estime le magistrat, personne n'a évoqué ces crises, rien dans le dossier ne l’atteste, même à son médecin, jamais l'accusé n'a parlé de coups dont il aurait été victime.

En revanche, la séparation d'avec Alexia et son départ possible apparaissaient plausibles comme mobile aux yeux de l'avocat général : "C'est un couple qui ne fonctionnait plus. Il l'a tuée parce qu'elle voulait le quitter, son monde allait s’écrouler."

Un "manipulateur" tout au long de l'affaire

Pour Emmanuel Dupic, les mensonges de Jonathann Daval illustrent son fonctionnement.  C‘est un “manipulateur, simulateur, un menteur“, tout au long de l'affaire. L’avocat général tient la comptabilité des versions données par Jonathann Daval : “14 déclarations, neuf versions."

Comme les experts psychologues l’ont relevé, il "transforme la réalité en fonction des circonstances". Et quand il y a un moment de vérité, il est toujours partiel : "Il faut attendre juin 2019 pour avoir enfin des aveux de la crémation.” Pour le magistrat, Jonathann Daval cherche encore et toujours à échapper à ses responsabilités.

L’avocat général va jusqu’à s’interroger sur la préméditation qu’il n’a pas retenue dans son acte d’accusation. Il revient sur le document dans lequel Jonathann Daval a noté le déroulé de la matinée du 28 octobre, les gens qu'il va voir... pour construire son alibi : “Peut-on imaginer après un tel crime avoir le recul nécessaire et l'absence d'émotion pour élaborer un tel scénario le samedi matin en si peu de temps?”

“Qui est Daval ?” Pour Emmanuel Dupic, “un homme en maîtrise et en contrôle" .

Arrivé à la fin de sa démonstration, le magistrat cite le terme de “féminicide”, mais ne le retient pas. Il parle plutôt de “meurtre conjugal”, mais “un crime conjugal particulier”, un triple meurtre : celui d’Alexia, la crémation de son corps et puis le crime sur la famille de la victime, mise en cause dans un pseudo complot. 

Le meurtre sur conjoint, c'est un crime contre lequel la société tente de lutter, rappelle le magistrat : "Une femme décède tous les deux jours et demi dans notre pays" sous les coups de son conjoint. C'est aussi l'un des rares crimes pour lequel la réclusion criminelle à perpétuité peut être prononcée.

La plaidoirie d'Emmanuel Dupic, l'avocat général au procès de Jonathann Daval
La plaidoirie d'Emmanuel Dupic, l'avocat général au procès de Jonathann Daval © Radio France - Maxime Peroz

Le procès de la médiatisation

Emmanuel Dupic avait commencé son discours par un réquisitoire... contre la médiatisation du dossier. Une "médiatisation absolue qui aurait pu perturber la découverte de la vérité". Il explique comment, informé quasiment en temps réel des développements de l'enquête, Jonathann Daval pouvait "préparer ses auditions”. Cette médiatisation qui "a détruit deux familles, Daval et Fouillot”, selon le magistrat.

Face à ces violations permanentes du secret de l'instruction, l'avocat général appelle le législateur à définir ”un nouveau cadre”, à rééquilibrer la situation entre les parties civiles, qui peuvent communiquer sans frein, et l’autre partie ne le pourrait pas.

Pour la défense, "dédiaboliser Jonathann Daval"

Les avocats de la défense, prenant la parole après une suspension d'audience, ont demandé qu'il soit tenu compte de la vie, du parcours de Jonathann Daval, décrit comme un garçon exemplaire pendant 33 ans, selon sa famille et ses amis. 

Me Schwerdorffer a fustigé "des réquisitions à mille lieux des témoignages apportés à la cour". "La perpétuité est une peine réservée aux pires criminels de la société" et l'avocat ne voit aucun point commun entre Jonathann Daval et Francis Heaulme ou Marc Dutroux.

Il a rejeté le "mensonge" sur une potentielle préméditation du meurtre, une théorie du divorce "ridicule", refusé un verdict calibré pour satisfaire les médias et l'opinion publique et demandé aux jurés de juger Jonathann Daval "à la hauteur de ce qu'il a fait, pas plus, pas moins". Ce meurtre n'était "pas prémédité, pas réfléchi, c'est ce qu'on appelle un coup de sang".

La plaidoirie de Randall Schwerdorffer lors du procès de Jonathann Daval
La plaidoirie de Randall Schwerdorffer lors du procès de Jonathann Daval © Radio France - Maxime Péroz

Jonathann Daval, indifférent à la durée de sa peine ?

La veille, vendredi soir, les avocats des parties civiles avaient tenté, sans succès, de fendre l'armure de Jonathann Daval, dont les réponses sont restées laconiques  "On attend une décision qui soit à la hauteur de nos souffrances", a plaidé Gilles-Jean Portejoie, dernier des quatre avocats des victimes à s'exprimer vendredi soir devant la cour d'assises. 

Après l'avocat général, ce sont les défenseurs de Jonathann Daval qui vont s'exprimer. Puis l'accusé aura l'occasion de prononcer un dernier mot, avant que les jurés se retirent pour délibérer. Vendredi Jonathann Daval paraissait indifférent à son sort, répondant timidement à l'avocat général : "Peu importe la durée de la peine. Je dois payer pour mes actes, … donc voilà".

Pour mémoire, Jonathann Daval a reconnu jeudi devant la cour d'assises qu'il avait voulu tuer Alexia à l'issue d'une dispute et l'avait violemment frappée puis étranglée, "pour qu'elle se taise à jamais". Il explique son geste par des reproches, des humiliations accumulées voire des violences de la part de son épouse, qu'il n'aurait soudain plus supportées. 

La famille de la victime rejette les explications de Jonathann Daval et ses accusations à l'égard d'Alexia. Elle croit plutôt que l'accusé ne voulait pas être père alors que son épouse prenait un traitement contre l'infertilité et qu'il ne supportait pas l'idée qu'elle puisse le quitter. Elle ne se satisfait des "excuses" de Jonathann.

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