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Faits divers - Justice

L'élu François Barrière jugé par la cour d'assises du Puy-de-Dôme : retour sur la première journée de procès

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Lors de cette première journée de procès, de nombreuses ex-partenaires de l'élu clermontois ont témoigné à la barre et décrit une personnalité à deux facettes. La victime présumée a commencé à évoquer sa relation avec François Barrière, l'élu qui est apparu très tendu en début de journée.

La cour d'appel de Riom
La cour d'appel de Riom © Radio France - Olivier Vidal

Riom, France

Pour l'ouverture de ce procès devant les assises du Puy-de-Dôme, François Barrière est apparu très tendu, lunettes sur le nez, mâchoire serrée, se mordillant les lèvres, trépignant, le regard souvent en direction de son avocat pour chercher approbation et assurance. Il comparaît libre.
Après le tirage au sort des jurés, une brève explication du fonctionnement des assises, le président de la cour Etienne Fradin (qui avait présidé le dernier procès de l'affaire "Fiona") effectue la lecture des faits :  le 14 octobre 2015, la victime présumée se rend au commissariat central de Clermont-Ferrand et indique aux policiers qu'elle a été victime de viols le matin même.  Son agresseur présumé (il est innocent en attendant la décision de la cour) est François Barrière, élu républicain à la mairie, avec qui elle entretient une relation depuis leur rencontre il y a deux mois sur un site de rencontres.  La veille au soir, l'individu se présente en pleine nuit à sa maison. En colère, car il n'arrivait pas à la joindre au téléphone. Elle lui ouvre la porte, ils se disputent puis se réconcilient et s'allongent sur le lit.  

A 4h 30, selon la victime, l'homme se jette brusquement sur elle. Il la pénètre à plusieurs reprises avec violence, elle se débat avant de ne plus résister. La scène durera près d'une heure.  

Jean-François Canis, avocat de l'accusé - Radio France
Jean-François Canis, avocat de l'accusé © Radio France - Olivier Vidal

Le lendemain elle fera constater des blessures au CHU de Clermont-Ferrand.
Le 15 octobre, le lendemain, François Barrière est interpellé et placé en garde à vue. Il explique que, la veille, il a eu des rapports intenses et brutaux avec la plaignante, avec son consentement. D'ailleurs il décrit des rapports habituels brutaux avec cette dernière depuis le début de leur relation.

Des précédents de violence avec les femmes

L'homme, appartenant au réseau franc-maçon, catholique convaincu, est connu de la police pour des faits de violences mais aussi par son comportement parfois violent avec les femmes.  Le président de la cour d'assises livre le témoignage d'anciennes partenaires de l'accusé. Selon certaines de ses ex-compagnes, il aurait eu des comportements inappropriés à leur égard. Jaloux, violent, orgueilleux, immature, le portrait n'est pas très flatteur. Assis sur sa chaise, les bras croisés, François Barrière ne réagit que très peu à ces éléments avancés par le président de la cour.  

Le président évoque ses relations familiales. L'omniprésence de sa mère qui le perturbe dans ses relations amoureuses. Une soeur qui veille sur lui.  Puis ses amis, proches du milieu politique, souvent sidérés en découvrant les accusations portées contre lui.

Un peu avant 11h, François Barrière est appelé à la barre. Il confirme sa position tenue depuis le début de l'affaire : "il n'y a pas eu de relation sexuelle ce soir-là, pas de pénétration. Depuis cinquante mois j'essaie de prouver mon innocence. J'ai appris mon procès par une dépêche de France Bleu Pays d'Auvergne alors que je cherchais un emploi. J'ai été surpris, c'est dur."

Charles Fribourg avocat de la plaignante - Radio France
Charles Fribourg avocat de la plaignante © Radio France - Olivier Vidal

Puis vient à la barre l'enquêtrice sociale. Elle décrit un accusé immature, empêché dans sa construction par sa relation avec sa mère. "Il n'arrive pas à grandir. Intelligent, mais frustré. Il y a une fragilité psychologique certaine." L'enquêtrice a conseillé au mis en cause, tout au long de son contrôle judiciaire, de faire un travail sur sa personnalité. Victime d'un accident du travail, depuis juin dernier il est inscrit à Pôle emploi.
L'enquêtrice indique également qu'il était difficile d'évoquer les relations amoureuses avec le quadragénaire. L'intéressé répond : "Ce contrôle judiciaire et cette enquête étaient difficiles. Concernant la relation avec ma mère, elle était forte, elle était aussi très présente dans ma vie privée." François Barrière livre son analyse sur le comportement de sa mère et son attitude envers elle. Il évoque ensuite ses rendez-vous avec les psys pour les expertises : "Très durs pour moi. J'ai fait un travail sur moi-même, de mon côté, tout seul."

Un peu avant midi, c'est la soeur de l'accusé qui vient à la barre. "Je suis sa 2ème maman". Elle a 12 ans de plus que lui. "Ses relations avec maman lui ont peut être empêché de fonder une famille !" Elle ne connaissait pas la vie privée de son jeune frère. Ils échangeaient très peu sur les relations amoureuses de ce dernier. Charles Fribourg, avocat de la victime présumée prend alors la parole. Il revient sur les traces de sang retrouvées le jour de ce viol présumé. Puis il évoque des rougissements de l'accusé lors de questions gênantes en garde à vue. Puis Charles Fribourg conclut sa "sortie" par "Ne rougissez pas M. Barrière!" L'accusé, déstabilisé, hoche la tête.

Ne rougissez pas Monsieur Barrière !" Charles Fribourg, avocat de la plaignante après des questions posées à la soeur de l'accusé.

Et puis François Barrière évoque la religion. "Avec cette affaire je suis redevenu un vrai pratiquant. Je vais tous les dimanches à la messe. C'est grâce à la religion que j'ai pu tenir. Ca me vide un peu la tête..." Après la pause déjeuner, c'est une première ex-partenaire de l'"homme politique" qui vient témoigner à la barre. Rencontrée sur Meetic bien avant les faits. Ils ont une relation sexuelle dès le premier soir. Elle sent un "prédateur", d'après son comportement. "Il m'a filé la trouille petit à petit" raconte-t-elle.

Des anciennes partenaires qui gardent de mauvais souvenirs

Devant elle, à l'époque de leur relation, François Barrière se vente de participer à des ratonnades dans la mouvance du Front National. Il fait aussi preuve de violences, "notamment quand il a voulu avoir des relations sexuelles avec moi, et je n'étais pas consentante." La quinquagénaire n'avait pas alors déposé plainte par "trouille de cet homme qui avait une emprise sur moi". Elle ne garde aujourd'hui que des mauvais souvenirs de cette relation. "Il avait une jalousie maladive" répond l'ex à l'une des questions de l'avocat de la partie civile.  
Jean-François Canis, avocat de l'accusé, prend la parole et interroge à son tour la témoin. Il insiste sur leur relation, de nombreux rapports sexuels consentis "mais vous vous souvenez uniquement de mauvaises choses?" L'avocat veut montrer qu'il y avait du positif dans cette rencontre. "C'est un peu gênant ce témoignage où vous oubliez tout ce qui allait bien avec cet homme" conclut l'avocat, mettant très mal à l'aise la quinquagénaire.

Une autre ex-partenaire se présente à la barre. Elle a porté plainte (qui sera classée sans suites) contre lui pour des violences. Un soir alors qu'il vient d'être intronisé chez les francs-maçons, il se rend au domicile de celle-ci, ivre, et se montre agressif.  L'accusé nie son état d'ébriété. Elle poursuit : "et puis il n'aimait pas les prostituées, ni les homosexuels et il avait en fait deux visages, et quand il avait bu c'était le diable. Et puis c'est une personne qui ne supporte pas le refus."

Peu après 15h, une nouvelle ex-partenaire se présente à la barre. Selon elle, il a été violent avec elle une seule fois : il s'est jeté sur elle brusquement après une dispute parce qu'elle voulait rentrer chez elle. Elle évoque quelqu'un d'ouvert, mais hautain.  Une demi-heure plus tard, une ex-partenaire devait témoigner. Audition impossible car introuvable. Le président lit alors sa déposition effectuée lors de l'instruction.  Elle décrit un "chasseur dont le discours sur la religion n'est pas en phase avec ses pratiques sexuelles".

La victime présumée à la barre

Après une pause, vers 16h15, la plaignante est entendue par la cour. La quadragénaire, personnel hospitalier, semble sereine, ferme, pas impressionnée du tout par la cour, ni par son agresseur présumé.  Elle explique d'abord qu'elle s'inscrit sur Meetic à l'été 2015. Elle rencontre François Barrière sur ce site. Ils parlent de tout, ils échangent rapidement leur numéro de téléphone et ont une relation sexuelle dès le premier soir. Ils se voient trois ou quatre fois par semaine. La relation est classique, l'élu est courtois, bien élevé. Il lui donne des "bons" conseils par rapport à sa relation avec son ex-mari.  Elle décrit ses rapports sexuels avec l'accusé. Classiques. Elle ne parle pas de rapports vifs et brutaux comme l'indique le mis en cause. Interrogé là dessus, ce dernier évoque différentes positions, divers endroits, dans une intensité importante.  
La plaignante est interrogée sur sa vie amoureuse et son inscription sur Meetic, "pour construire quelque chose!" L'interrogatoire de la victime s'arrête là pour cet après-midi.Ensuite, c'est le directeur d'enquête de la police clermontoise qui est appelé à la barre. Il raconte le dépôt de plainte de la victime, les actes de l'enquête en flagrance.  

Vient le tour du médecin légiste au CHU de Clermont-Ferrand. Il détaille les blessures constatés l'après-midi des faits.  Un autre commandant de police est entendu par la suite.

Vers 19h, une ex-amante de François Barrière vient à la barre. Impliquée dans la vie politique clermontoise. Elle a rencontrée François Barrière lors des élections municipales 2014.  Elle décrit des rapports "traditionnels" avec lui.

D'autres proches de l'accusé se succèderont pour décrire un homme intelligent, courtois. 

Le procès se poursuit ce mardi, le verdict étant attendu dans la soirée.

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