Faits divers – Justice

Procès de Jacqueline Sauvage à Blois : 10 ans de prison pour avoir tué son mari violent

Par Eric Normand et François Guéroult, France Bleu Orléans et France Bleu vendredi 4 décembre 2015 à 11:37 Mis à jour le vendredi 4 décembre 2015 à 12:06

Jacqueline Sauvage réconfortée par son avocate après le verdict
Jacqueline Sauvage réconfortée par son avocate après le verdict © Maxppp - Jérôme Dutac

Jacqueline Sauvage a été condamnée en appel à 10 ans de réclusion criminelle ce jeudi. C'est le verdict de la Cour d'assises de Blois après 5h de délibéré. Il s'agit de la même peine que celle prononcée l'an passé en première instance à Orléans. Jacqueline Sauvage avait tué son mari en 2012.

La Cour d'assises d'appel de Blois a condamné jeudi soir Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari, en 2012, de trois coups de fusil à la Selle-sur-le-Bied, près de Courtenay dans le Loiret. Ce meurtre mettait fin à des années de violences conjugales de la part d'un mari dont elle ne supportait plus les coups. Pour ce second procès, Jacqueline Sauvage avait totalement changé d'attitude et de stratégie, en s'expliquant davantage sur son geste et sur ses souffrances. Mais cela n'a rien changé au verdict.

Le changement d'avocat, la pression de l'opinion, le soutien des féministes, tout cela n'aura pas suffi. A l'arrivée le résultat est le même 10 ans de réclusion criminelle. Peut-être parce que la réalité de cette affaire, c'est un homme abattu de 3 balles alors qu'il était de dos, avec l'impossibilité de savoir la fréquence et l'intensité des violences qu'il a fait subir à Jacqueline Sauvage. Il n'y a eu aucune plainte et aucun constat médical en 47 ans de vie commune. C'est une lecture juridique du dossier qui a été faîte et qui désespère Nathalie Tomasini, l'une des avocates de Jacqueline Sauvage.

C'est très difficile dans la société française d'être une femme, de se faire entendre. On a tenté d'expliquer aux jurés ce que c'était que d'être une femme battue avec des traumatismes très profonds. Apparemment, ils n'ont pas compris.

L'avocate Nathalie Tomasini très déçue à l'annonce du verdict

A l'énoncé du verdict, Jacqueline Sauvage s'est effondrée en larmes. Sa fille Fabienne Marot s'est précipitée pour la soutenir et l'enlacer par-dessus les vitres du box.

Est-ce que j'ai le droit de prendre ma mère dans mes bras ? J'ai retenu la date du 28 janvier 2017, j'espère que ce jour-là, on me rendra ma mère!

L'émotion et la colère de Fabienne, la fille de Jacqueline Sauvage

Selon l'avocat général, compte tenu de la détention déjà effectuée et des remises de peine, Jacqueline Sauvage peut espérer sortir de prison le 28 janvier 2017. Les avocates de Jacqueline Sauvage ont d'ailleurs exclu un recours en Cassation, la condamnation est donc définitive.

Reportage France Bleu Orléans de François Guéroult