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Dossier : L'affaire du petit Tony à Reims

Procès de l’affaire du petit Tony à Reims : 30 ans de réclusion criminelle requis pour le beau-père

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Le verdict est attendu dans la soirée au procès de la mort du petit Tony à Reims en novembre 2016. L’avocat général a requis ce vendredi 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Loïc Vantal, accusé d’avoir porté les coups fatals à l’enfant, et cinq ans d’emprisonnement pour Caroline Létoile.

Mort du petit Tony à Reims en 2016 : son beau-père et sa mère jugés devant les assises de la Marne, le 1er février 2021. Ici, les dossiers de l'affaire.
Mort du petit Tony à Reims en 2016 : son beau-père et sa mère jugés devant les assises de la Marne, le 1er février 2021. Ici, les dossiers de l'affaire. © Radio France - Sophie Constanzer

Cinquième et dernier jour d’audience ce vendredi 5 février au procès de Loïc Vantal et Caroline Létoile devant la Cour d’assises de la Marne, un peu plus de quatre ans après la mort du petit Tony, 3 ans, le 26 novembre 2016 à Reims. Tony, c’est ce "joyeux" petit blondinet aux yeux bleus, victime de maltraitances quotidiennes et de coups, dans cet appartement au sixième étage au 10 place des Argonautes à Reims, et mort au CHU de Reims ce 26 novembre. Le verdict est attendu dans la soirée à la Cour d'assises de la Marne.

30 ans de réclusion criminelle requis contre Loïc Vantal

L'avocat général a requis ce vendredi une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de l'ex-compagnon de la mère de Tony, Loïc Vantal, poursuivi pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Autrement dit la peine maximale. Et cinq ans d'emprisonnement ont été requis, dont un an avec sursis et mise à l'épreuve, à l'encontre de Caroline Létoile la mère de Tony jugée pour non dénonciation de mauvais traitements et non-assistance à personne en danger. 

"Vous devez juger la vie trop courte d’un enfant…" : c’est par ces mots à l’adresse des jurés que l’avocat général a débuté ce vendredi son réquisitoire. D’abord parce que Loïc Vantal est entré dans la vie de cet enfant selon Matthieu Bourrette  : "Il ne lui aura pas fallu trois mois pour passer du coup de foudre aux coups de poing et Loïc Vantal et Caroline Létoile ne sont pas seulement jeunes, sans activité, ils se jalousent, ils se disputent, et Tony gêne", résume l’avocat général. 

Il n’y a pas grand-chose de beau dans ce dossier mais il y a Tony – l’avocat général 

Matthieu Bourrette rappelle le nombre de lésions -60- constatées sur le corps de Tony et l’interruption totale de travail (ITT) fixée à trois mois par la pédiatre qui a examiné l’enfant après son décès. L’avocat général rappelle également ce mercredi noir dont nous a parlé Loïc Vantal à l’audience : "Il y a du sang, du sang, encore du sang aux quatre coins de l’appartement…"

Sur les raisons qui peuvent expliquer le recours à la violence de Loïc Vantal, l’avocat général avance : "Il a connu les violences de son père à l’adolescence, mais il a aussi grandi auprès de son grand-père qui le recadrait toujours avec la parole…" L’argument de l’impulsivité car il a été décrit par sa famille comme "toujours impulsif, hyperactif, empli de colère", n’est pas non plus suffisant pour Matthieu Bourrette. 

"Il y a quelque chose de l'ordre de la violence gratuite, il n'y a pas que le simple logique de la punition, il semble vouloir que Tony ne soit plus dans la vie de couple", souligne l'avocat général. 

Cinq ans d'emprisonnement dont un avec sursis requis à l'encontre de Caroline Létoile

Quand à la mère de l'enfant Caroline Létoile, elle a fait preuve d'un "silence coupable" pour l'avocat général pendant un mois et demi. "Il y a des mains tendues, sa mère, son ex belle-mère, son amie, et ces mains tendues elle n'a pas voulu les prendre... et lors de cette dernière semaine de vie de l'enfant, il y a des relations intimes entre Loïc Vantal et Caroline Létoile alors qu'elle sait les violences sur son fils", explique Matthieu Bourrette. 

"Caroline Létoile n’a à répondre que de deux délits, punis de 5 ans d’emprisonnement… Elle voyait tout, elle savait tout, l’assistance ne peut pas se résumer à un tube de pommade", souligne Matthieu Bourrette qui poursuit : "Le déni de l'accusée n’empêche pas la réalité". Et l'avocat général s’adresse à l’accusée : "Caroline Létoile par votre choix de défense [elle a dit ne pas reconnaître les faits] vous avez raté votre procès". 

Nous demandons la relaxe car elle ne pouvait rien faire psychologiquement- l'avocate de Caroline Létoile

Les avocates de la mère de Tony plaident en effet la relaxe. Maître Pauline Coyac insiste : "Oui je le redis Caroline a été sous emprise, la dernière semaine elle ne se lave plus pour ne pas s'éloigner de son fils." "Elle n'a jamais été considérée,  jamais été écoutée, même quand elle a subi des attouchements petite, quand elle a subi un viol à 18 ans." 

L'avocate de la mère de Tony estime que la peine requise par l'avocat général est "disproportionnée". Maître Pauline Coyac s'énerve : "Elle est condamnée et elle sera condamnée jusqu'à la fin de la sa vie, puisque Tony est mort, c'est une victime ! Elle n'a pas vu Tony partir, elle n'a pas vu Tony mourir."

L'avocat de Loïc Vantal estime qu'il n'est pas le seul responsable 

De son côté, l'avocat de Loïc Vantal Maître David Scribe a voulu rétablir la "réalité" de ce dossier. En ne cherchant pas des responsabilités là où il y en pas, c'est à dire chez les voisins ou la famille qui ne pouvaient voir : "un rapport d'expert a bien dit qu'il y avait des éléments ponctuels jusqu'au 14 novembre et après les violences répétées". En revanche, "Loïc sans Caroline, on en est pas là", estime Maître Scribe. 

Et la théorie de l'emprise ne tient pas selon lui. "Caroline Létoile n'est ni isolée, ni enfermée, 5 fois elle va voir sa maman entre le 20 octobre et le 20 novembre". Et que dire de ce projet de déménagement que les deux accusés avaient en novembre 2016 ? "Ils imaginent quelque chose ensemble encore à ce moment là. 

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