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Procès de l’anesthésiste d’Orthez : la procureure demande trois ans de prison pour Helga Wauters

Deuxième et dernier jour du procès d’Helga Wauters, ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Pau. L’anesthésiste de la maternité d’Orthez est jugée pour homicide involontaire, six ans après la mort d’une patiente des suites d’une césarienne. La procureure a présenté ses réquisitions.

Helga Wauters, 51 ans, comparait libre devant le tribunal correctionnel de Pau.
Helga Wauters, 51 ans, comparait libre devant le tribunal correctionnel de Pau. © Radio France - Suzanne Shojaei

Certaines affaires ne s’oublient pas. Celle de la maternité d’Orthez a profondément marqué Orlane Yaouanq, la procureure qui, le soir du drame, a reçu les premières informations au parquet. Ce soir de septembre 2014, une césarienne tourne mal à la maternité d’Orthez. Une patiente de 28 ans s’est réveillée pendant l’anesthésie générale, elle a senti l’opération et elle a fait un arrêt cardiaque par manque d’oxygène. Trois jours plus tard, Xynthia Hawke mourait après avoir donné naissance à un bébé qui, lui, a survécu. L’anesthésiste, Helga Wauters, comparaît devant le tribunal correctionnel de Pau jusqu’à ce vendredi pour homicide involontaire. Alcoolique à l’époque et toujours aujourd’hui, la médecin de 51 ans a choisi de garder le silence pendant tout le procès. 

Je demande trois années de prison 

Ce vendredi matin, la procureure a formulé ses réquisitions. Orlane Yaouanq demande trois années de prison (le maximum) avec interdiction définitive d’exercer sa profession. « Helga Wauters est bien responsable de la mort de Xynthia Hawke. » La procureure souligne que, parmi ses employeurs belges, personne n’a parlé d’alcool. Même l’Ordre des médecins belge n’était pas au courant. « Mais c’était aussi de la responsabilité de Madame Wauters de le signaler. »

Je ne fais pas le procès de l’alcoolisme

Orlane Yaouanq se défend de reprocher à la prévenue sa maladie. « On ne choisit pas d’être alcoolique et je ne le lui reproche pas. Je lui reproche d’avoir fait courir un danger à ses patients. Elle a entraîné Xynthia dans sa chute. » Le procureure décrit le rôle d’un anesthésiste, qui est responsable de l’endormissement du patient, de son réveil, de sa ventilation. Toutes ces étapes qui ont conduit à la mort de la jeune mère anglaise il y a six ans. 

Cette opération est un carnage, un cauchemar

Au cours de ces réquisitions, les faits sont une nouvelle fois énumérés. La césarienne est une nécessité, le bébé est en souffrance. Lorsqu’il est sorti par le gynécologue, il ne respire pas. « Evidemment !, s’emporte la procureure. Sa mère non plus ne respirait plus. Elle était mal intubée, dans l’œsophage et pas dans la trachée. Elle manquait d’oxygène. » Quelques minutes plus tard,  Xynthia Hawke fait un arrêt cardiaque. 

« Et qu’on ne vienne pas me dire qu’elle était inconsciente ! », continue Orlane Yaouanq. Alors qu’elle devait être endormie, en anesthésie générale, l’Anglaise a prononcé dans sa langue natale : « ça fait mal, ça fait mal ». Elle se débattait, bras et jambes. Et lorsque les personnels dans le bloc signalent à l’anesthésiste, une énième fois, que sa patiente est réveillée et en manque d’oxygène, Helga Wauters utilise le respirateur qui n’est branché à rien. « Et là, cette scène surréaliste : ne comprenant pas pourquoi il ne fonctionne pas, Madame Wauters a testé le respirateur sur elle-même. »

Même si elle demandait pardon, elle ne l’aurait sûrement pas 

Six ans après les faits, l’anesthésiste n’est pas guérie de son alcoolisme. « Elle dit qu’elle a vécu l’enfer, pendant toutes ces années, note la procureure. Mais de quel côté se situe vraiment l’enfer ? » 

Dans ce dossier, la clinique Labat, le centre hospitalier d’Orthez et le gynécologue étaient poursuivis. Mais ils bénéficient d’un non-lieu, n’ayant pas de charge contre eux. L’hôpital et la clinique se sont constitués parties civiles. 

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