Faits divers – Justice

Procès de l’assassinat de la coiffeuse de Saint-Martin-d’Ablois : l’accusé face à ses incohérences

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne vendredi 15 septembre 2017 à 21:11

Le procès doit durer jusqu'à mercredi à Troyes.
Le procès doit durer jusqu'à mercredi à Troyes. © Radio France - Sophie Constanzer

Au cinquième jour du procès en appel des « amants diaboliques » devant la Cour d’assises de l’Aube à Troyes, l'accusé a été longuement interrogé ce vendredi. Sylvain Dromard qui est jugé pour l’assassinat de son épouse, la coiffeuse de Saint-Martin-d’Ablois, en juillet 2010.

Aux côtés de son ancienne maîtresse Murielle Bonin, Sylvain Dromard est jugé en appel depuis lundi 11 septembre devant la Cour d'assises de la l'Aube à Troyes, pour l'assassinat de son épouse le 15 juillet 2010 à Saint-Martin-d'Ablois. L'accusé a été questionné ce vendredi sur son emploi du temps le jour du crime mais surtout sur sa relation avec son ex maîtresse Murielle Bonin avant, et après le drame. 5 heures 30 d’interrogatoire pendant lesquelles l’accusé aura parfois agacé. «Vous répondez toujours à côté des questions Monsieur Dromard... », a répété à plusieurs reprises la présidente de la Cour d’assises à l’audience. Sylvain Dromard aura surtout été mis devant ses incohérences.

J’ai de l’amour pour Laurence, et avec Murielle Bonin c’est le sexe -- Sylvain Dromard

A la barre, il explique que sa relation avec sa maîtresse se dégradait en 2010, mais l’accusé est incapable d’expliquer pourquoi il ne cesse de voir Murielle Bonin. « Pour le sexe, car avec elle il y a un plus au niveau sexuel… », balbutie l’artisan menuisier qui avoue avoir toujours eu des maîtresses. Et face à la lecture des SMS enflammés échangés entre les deux amants quelques jours seulement avant le drame, Sylvain Dromard minimise l’attachement : « avec une maîtresse, vous êtes obligé de mentir ». La maîtresse Murielle Bonin aura habiter pendant un an dans un appartement mis à disposition par Sylvain Dromard, situé à Saint-Martin-d’Ablois à 800 mètres du domicile familial, avant de déménager... un simple "service" explique l'accusé. Et à la question "est-ce que Mme Bonin c'était votre chose?", Sylvain Dromard ose : « Je m’aperçois que oui, je suis passé avec elle au niveau de la chose ». En deux ans de relation adultérine, il y a aura eu 3 tentatives de vie commune, dont la dernière échoue en avril 2010.

Sylvain Dromard revient alors au domicile conjugal et reprend une "vie normale". Le 24 avril 2010, une altercation a lieu entre l'épouse Laurence Dromard et la maîtresse Murielle Bonin. Interrogé sur les blessures au visage de Murielle Bonin, Sylvain Dromard accuse son ancienne maîtresse de s'être « mis des coups de poing aux yeux toute seule ». « C'est quelqu'un de machiavélique... », souligne l'accusé. "Mais vous continuez à la voir!", relève la présidente de la Cour. Entre le 24 avril et le drame le 15 juillet 2010, le relation entre Sylvain Dromard et Murielle Bonin se poursuit. Les contacts téléphoniques redoublent même entre les deux amants selon les enquêteurs.

Sylvain Dromard interrogé sur son comportement le jour du crime

Le 16 juillet 2010, à 5 h du matin, soit quelques heures seulement après la mort de sa femme, la première personne que Sylvain Dromard appelle c'est : Murielle Bonin. «Pour avoir du réconfort, pour parler… », dit l’accusé pressé par la Cour de s'expliquer. Et alors même qu’il a « des doutes » sur la responsabilité de son ancienne maîtresse dans le crime, Sylvain Dromard continue de voir Murielle Bonin APRES le drame. « Ca ne vous dérange pas de vous faire faire une fellation par une femme que vous soupçonnez d’être liée au meurtre de votre femme ?? », glisse un assesseur de la Cour à l’audience. Relevés téléphoniques et témoignages confirmeront même que Sylvain Dromard a appelé Murielle Bonin le jour où il se trouvait au funérarium. Pourquoi ? il a oublié.

De même que son discours varie sur son comportement le soir du crime, quand il découvre à son domicile son épouse Laurence Dromard gisant dans une marre de sang. Alors même que les experts parlent d'une victime "massacrée" par 9 à 11 coups de batte de baseball, Sylvain Dromard ne se souvient pas d'avoir vu du sang sur le visage. L'accusé prétend qu'il a fait du bouche à bouche à son épouse pour tenter de la ranimer, or aucune trace de sang n'a été constatée sur le visage de Sylvain Dromard le soir du 15 juillet 2010. L'accusé finit par changer de version : « je prends un torchon, je lui essuie le visage... ».

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance, Sylvain Dromard encourt la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que son ancienne maîtresse Murielle Bonin risque 18 ans de réclusion criminelle pour complicité d'assassinat. Elle sera interrogée ce lundi. Le verdict est attendu mercredi 20 septembre devant la Cour d’assises de l’Aube.