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Faits divers – Justice

Procès de l'épilation à la lumière pulsée : Depil-Tech dans le collimateur des médecins

vendredi 13 avril 2018 à 16:00 Par Laurent Watrin, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

L'audience correctionnelle prévue ce vendredi 13 avril à Nancy a été reportée. Sur le fond, des affaires similaires ont déjà abouti à la condamnation du groupe de salons de beauté Depil-Tech, poursuivi pour "exercice illégal de la médecine". Eclairage.

Le réseau de franchisés Depil-Tech promet une peau lisse à ses clients et un portefeuille joufflu à ses partenaires.
Le réseau de franchisés Depil-Tech promet une peau lisse à ses clients et un portefeuille joufflu à ses partenaires. © Maxppp - Sylvestre

Nancy, France

Des médecins attaquent régulièrement cette "société qui vend du rêve", selon l'expression d'un professionnel de santé qui déplore les dérives d'une tendance risquée : l'épilation à la lumière pulsée

Le nouveau procès, instruit à Nancy pour "exercice illégal de la médecine", après une plainte du Syndicat des médecins esthétiques (SNME), met en cause la pratique du réseau de franchises Depil-Tech. Le groupe compte près de 150 enseignes en France, plusieurs boutiques en Lorraine (Metz, Thionville, Nancy). Sa promesse d'épilation définitive pour les hommes et les femmes se heurte aux dispositions du code de la santé publique.  

Des risques pour la santé reconnus par la justice

Le procédé vendu par ces salons de beauté demande en effet un examen médical sérieux. La "lumière pulsée" ou lampe flash est un rayonnement électromagnétique filtré destiné à neutraliser totalement le système pileux. Mais, tout comme les rayons du soleil, ce bombardement d'ondes peut brûler une peau sensible, aggraver une maladie de peau déjà existante, voire provoquer un cancer

Pour éviter au maximum le risque, il faut aussi que la machine à épiler soit réglée précisément en fonction de la couleur de peau et des fragilités de la personne qui subit l'opération. "Tout cela requiert des compétences et une assistance médicales, car il s'agit de réaliser un bon diagnostic de la peau", explique un avocat des parties civiles. 

L'épilation à la lumière pulsée requiert un diagnostic médical de la peau et une assistance technique. (photo d'archives) - Maxppp
L'épilation à la lumière pulsée requiert un diagnostic médical de la peau et une assistance technique. (photo d'archives) © Maxppp - Patrice Lapoirie

Jusqu'à présent, la justice a presque toujours condamné les gérants des salons de beauté Depil-Tech pour exercice illégal de la médecine.

Pour sa défense, devant les tribunaux, les avocats du groupe affirment que la loi sanitaire serait dépassée. Un décret de 1962, révisé en 2007, précise que toute épilation est un acte médical, sauf si elle est réalisée avec une pince ou une cire

Autre argument avancé par Depil-Tech pour sa défense : les employés de ses salons de beauté seraient formés pour prévenir les risques. A quelques exceptions près, et malgré un discours commercial offensif soutenu par des vidéos sur internet, les compétences médicales de l'entreprise ne sont pas reconnues et Depil-Tech est condamnée. 

Le groupe de salons de beauté mise sur une évolution de la réglementation sanitaire

Mais les peines infligées, quelques dizaines de milliers d'euros d'amende, représentent très peu face à un chiffre d'affaire dépassant plusieurs centaines de millions d'euros.

Un arrêt de la cour de cassation de 2016 et un avis récent de l'Agence de sécurité sanitaire renforcent le caractère réglementaire de l'épilation définitive, tout en ouvrant la voie à un nouveau regard sur la loi. 

Le groupe Depil-tech, qui se développe aussi à l'étranger, espère une réforme du cadre réglementaire qui serait un poil plus favorable à la poursuite de son commerce.

Depil-Tech en bref :

  • 130 boutiques dans 6 pays (France, Belgique, Luxembourg, Espagne, Mexique...)
  • 119 centres d'épilation en France
  • 600 salariés
  • Chiffre d'affaire : 40 millions d'euros
  • 70 000 clients