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Procès de l'imam Khattabi à Montpellier : un possible renvoi pour viol devant une cour d'assises

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Le procès de l'imam Khattabi devant le tribunal correctionnel de Montpellier a été renvoyé ce lundi 25 janvier. Les faits d'agressions sexuelles aggravées sur son ex-belle-fille, dont il est accusé, pouvant être qualifiés de viols, l'affaire pourrait finalement être jugée par une cour d'assises.

L'imam Mohammed Khattabi devait être jugé ce lundi 25 janvier pour agressions sexuelles sur son ancienne belle-fille entre 2005 et 2017 à Montpellier.
L'imam Mohammed Khattabi devait être jugé ce lundi 25 janvier pour agressions sexuelles sur son ancienne belle-fille entre 2005 et 2017 à Montpellier. © Radio France - Marie Ciavatti

Ce n'est pas encore cette fois que sera jugé l'imam Mohammed Khattabi pour les faits d'agressions sexuelles aggravées sur son ex-belle-fille entre 2005 et 2017. Après un premier report en juin dernier, cette fois le tribunal correctionnel de Montpellier a renvoyé le dossier à l'instruction. Comme l'avait souligné les avocats de la défense, "ce tribunal n'est pas compétent pour juger des faits dont la qualification peut être criminelle" a tranché le président après délibéré. Décision synonyme d'un possible renvoi de l'affaire devant une cour d'assises.  

Rituel religieux

L'imam est soupçonné d'avoir profité d'un rituel religieux pour agresser sa victime une première fois alors qu'elle a 15 ans. Rituel appelé "la roqya" qu'il lui a imposé. Il s'agit d'une cérémonie de désenvoûtement propre à l'islam, qui vise à se libérer des mauvais esprits. Il aurait ensuite récidivé ses attouchements et abus. 

Mohammed Khattabi a toujours nié les faits. "L'enquête est partielle et partiale", avance son avocate Maître Hélène Jouny au tribunal. "Par ailleurs les faits qui sont reprochés à mon client sont de nature criminelle et ne peuvent être jugés sans instruction préalable". Ce point là aura été entendu. Le parquet pourrait ouvrir prochainement une information judiciaire.

À l'audience le contraste entre les deux parties est saisissant. D'un côté l'imam de 60 ans, qui officiait à la mosquée Aïcha à Montpellier, apparaît seul avec ses deux conseils. À l'inverse la victime, que l'on appellera Sara, est accompagnée de sa famille, d'amis et de représentants associatifs venus la soutenir. "Cette affaire là va être jugée et ça c'est important pour nous et pour notre réparation". 

À la sortie, Nora la mère de la victime est la première à prendre la parole. Elle qui a été la compagne de l'imam pendant 17 ans. "Sans reconnaissance, ma fille va continuer à vivre avec ça sur son dos, sur son cœur. Une fois le statut de victime reconnu, elle pourra tourner la page, fermer le livre et avoir une vie où lui n'a pas de place."

"En général quand on parle de ce genre d'histoire c'est toujours tabou, c'est la honte. Il faut que ça s'arrête, que les femmes osent parler. C'est pas la honte pour les victimes, c'est la honte pour ceux qui commettent ces actes." Nora, mère de la victime

"Sans reconnaissance, ma fille va continuer à vivre avec ça sur son dos, sur son cœur." Nora, la mère de Sara

Une histoire d'emprise

Douze ans se sont écoulés avant que Sara n'accuse son ex- beau-père. Elle le fait dans un SMS envoyé à sa mère et à quelques proches, en 2017. "Ça m'a assommée, je me suis assise sur une chaise quand j'ai lu ce message", raconte Nora. Cette affaire est aussi une histoire d'emprise, selon Sandrine, une amie de la famille depuis 15 ans. "Il y a une ascendance. Par son rôle de beau-père et par l'ascendance religieuse qu'il exerçait sur l'ensemble de la famille. C'est pour ça qu'il a fallu du temps pour qu'elle puisse prendre la parole et que la famille puisse agir. Elle a fait plusieurs années de thérapie avant de pouvoir déposer plainte. Elle pensait que c'était de sa faute. Il a fallu travailler sur ça, pour déconstruire le personnage. Se dire que c'est un homme comme les autres, qu'il peut être jugé au-delà de son statut religieux." 

"Plusieurs années de thérapie avant de pouvoir déposer plainte". Sandrine, une amie de la famille de Sara

Deux ans de thérapie

L'avocate de la jeune femme, Maître Sauvage, confirme à l'audience : "Le dépôt de plainte en 2019 est arrivé au bout d'un long processus. Il a fallu deux ans de thérapie. Aujourd'hui elle est capable de supporter une procédure plus longue." Un long processus pour Sara, mais aussi pour ses proches. Mohssin est membre d'un collectif citoyen de La Paillade qui accompagne la famille depuis deux ans : "On s'est aperçu que les dégâts étaient considérables et qu'il y avait un mal profond. Alors on a décidé de mettre en place tout un système avec une assistance juridique, une assistance psychologique pour libérer la parole au sein de la famille et ensuite pour leur permettre d'obtenir réparation. Là, c'est le début du chemin. Il faut être patient." 

"Libérer la parole et leur permettre d'obtenir réparation". Mohssin, membre d'un collectif citoyen

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