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Faits divers – Justice

Procès de l'incendie d'un immeuble à Saint-Denis : "ce n'est pas un accident, c'est criminel"

mercredi 28 novembre 2018 à 22:10 Par Florian Cazzola, France Bleu Paris et France Bleu

Au premier jour du procès de l'homme soupçonné d'avoir incendié un immeuble de Saint-Denis, en juin 2016, la cour d'assises de Bobigny s'est penchée, ce mercredi, sur l'origine et la nature de ce feu qui a fait 5 morts, dont 4 personnes d'une même famille.

Ali Zamouri a perdu sa femme et trois de ses enfants dans l'incendie d'un immeuble à Saint-Denis, en juin 2016.
Ali Zamouri a perdu sa femme et trois de ses enfants dans l'incendie d'un immeuble à Saint-Denis, en juin 2016. © Radio France - Florian Cazzola

Bobigny, France

En pleurs au moment où la présidente du jury de la cour d'assises de Bobigny faisait défiler les photos de l'immeuble incendié, Ali Zamouri a tenu a assister à l'intégralité de cette première journée de procès. Ce père de famille a perdu sa femme et trois de ses enfants, le 6 juin 2016 dans l'incendie d'un immeuble de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. L'auteur présumé des faits affirme que l'origine du feu est accidentelle. Il encourt la prison à perpétuité. 

Experts, témoins et écoutes téléphoniques

Après une matinée consacrée à dresser le profil de l'auteur présumé des faits, un algérien en situation irrégulière et déjà condamné à 13 reprises pour des faits de vols à l'étalage ou encore d'usurpation d'identité, la cour d'assises de Bobigny s'est penchée, ce mercredi, sur la nature de cet incendie. Était-il intentionnel ou accidentel. Pendant plus de quatre heures, témoins et experts se sont succedés. 

Et la thèse de l'accusé a été mise à mal à plusieurs reprises. Si ce squatteur de 39 ans maintient sa version des faits, celle d'un accident provoqué par une bougie mal éteinte, lancée ou posée sur un matelas de l'appartement qu'il occupait, d'autres éléments sont venus contredire cette thèse. 

Les écoutes téléphoniques ont notamment permis aux enquêteurs de savoir que l'accusé avait avoué à trois de ses proches avoir mis le feu à son appartement en ayant aspergé plusieurs meubles d'essence. L'expert en incendie n'a pu corroborer cette thèse en l'absence de liquide inflammable retrouvé lors des constatations. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'aucune substance n'a été utilisée. Lors de l'incendie, les liquides ont pu complètement brûler, en même temps que les matelas et meubles sur lesquels le liquide était présent, mais rien permet de l'affirmer ni de l'infirmer. 

"Nous étions enfermés dans une cage"

Au premier rang, assis du côté des parties civiles, Ali Zamouri pose ses mains sur ses yeux humides à plusieurs reprises. "Il a tué 5 personnes et moi 6 car je suis un homme mort moi aussi, soupire cet homme aujourd'hui partiellement paralysé d'un bras, lors d'une interruption de séance. J'en peux plus. Je fais des cauchemars la nuit, je vis tout seul. J'attends qu'il [l'auteur présumé des faits] soit puni. Il veut faire passer ça pour une accident et pourtant, cela n'en est pas un. C'est criminel. Il connaissait mes enfants. Au moment où il a mis le feu, pourquoi ne les a-t-il pas prévenu. Nous, nous étions enfermés, comme dans une cage."

Son avocat Me Michalauskas souhaite que le caractère intentionnel de l'acte soit retenu. _"_Ça peut être qualifié d'incendie volontaire sans aucune difficulté, affirme-t-il. L'expert dit que la version présentée par l'accusé n'est pas cohérente et qu'il y a eu un départ de feu qui n'est pas du tout accidentel compte tenu de la rapidité avec laquelle le feu s'est propagé."

Ce jeudi sera consacré à l'audition des parties civiles, dont Ali Zamouri fait partie. L'auteur présumé des faits, qui sera lui aussi interrogé en fin de journée par les jurés de la cour d'assises, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.