Faits divers – Justice

Procès de la "chemise arrachée" d'Air France : à la barre, les prévenus tentent de se dédouaner

Par Géraldine Houdayer, France Bleu mardi 27 septembre 2016 à 20:38

Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courier d'Air France, et Xavier Broseta, le DRH, avaient été malmenés par la foule en octobre 2015.
Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courier d'Air France, et Xavier Broseta, le DRH, avaient été malmenés par la foule en octobre 2015. © AFP - Philippe Lopez

Cinq salariés sont jugés pour l'épisode de la "chemise arrachée", durant lequel deux cadres d'Air France avaient été malmenés par la foule. Au procès, qui a commencé ce mardi 27 septembre à Bobigny, les prévenus ont tenté de se dédouaner. 300 personne sont venues les soutenir.

Ils n'ont rien fait ou une simple "poussette", ont cherché au contraire à protéger les dirigeants d'Air France : cinq salariés, jugés pour l'épisode de la "chemise arrachée" ce mardi 27 septembre, ont tenté de faire mentir les images qui les ont "condamnés par avance". Au premier jour des deux jours de leur procès devant le tribunal correctionnel de Bobigny, cinq des quinze prévenus ont été confrontés à leurs accusateurs : des vigiles, les deux cadres dirigeants de la compagnie aérienne qui ont été malmenés lors de la manifestation du 5 octobre 2015. Ils ont aussi été confrontés aux images de la scène.

Le symbole de la violence sociale

"C'est pas ma place, ici. Je suis là pour défendre l'emploi, les jeunes"**,** a affirmé Pascal Macquet, accusé de violences sur Xavier Broseta, le DRH, et Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier, dont la chemise en lambeaux est devenue un symbole de la violence sociale et a terni l'image de la France à l'étranger. "On a toujours été traités comme des coupables, on nous a condamnés d'avance" sur la foi d'images partielles, a dénoncé Fabrice Lhermitte, un autre prévenu.

"Que vouliez-vous que je fasse d'une chemise?" - Un des prévenus qui aurait arraché la chemise du DRH

Samir Ait Taleb n'a "rien fait" non plus. Ce n'est pas lui qui, voulant empêcher M. Broseta de s'enfuir, a arraché sa chemise. "Que vouliez-vous que je fasse d'une chemise?", interroge, provocateur, le prévenu. "C'est bien de rappeler que je suis victime", a déclaré Pierre Plissonnier. Le cadre aux cheveux blancs a témoigné de "l'humiliation que constituent ces images", qui ont été vues "1,4 milliard de fois dans le monde entier", le représentant en train d'escalader un grillage, torse nu, pour échapper à la foule hostile venue protester contre le projet de suppression de 2.900 emplois d'Air France.

Des images vues 1,4 milliards de fois dans le monde

La défense, elle, s'est évertuée à replacer ces événements dans leur contexte et à donner une autre image des prévenus. Elle a ainsi produit une vidéo montrant Vincent Martinez, le délégué du personnel licencié pour "faute lourde", en train de repousser la foule qui assaille les dirigeants. A la barre, M. Martinez a reconnu avoir fait tomber un vigile qui lui-même a entraîné dans sa chute M. Broseta. Une simple "poussette", a minimisé le prévenu. Environ 300 personnes, principalement des militants de la CGT, se sont rassemblées en contrebas du tribunal de Bobigny pour soutenir les prévenus. Le procès doit se poursuivre ce mercredi 28 septembre.

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