Faits divers – Justice

Procès de la "chemise arrachée" : trois salariés d'Air France condamnés à de la prison avec sursis

Par Marina Cabiten, France Bleu Paris Région et France Bleu mercredi 30 novembre 2016 à 10:14 Mis à jour le mercredi 30 novembre 2016 à 12:22

Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier d'Air France, avait notamment été malmené en octobre 2015.
Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier d'Air France, avait notamment été malmené en octobre 2015. © AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Les images de deux dirigeants d'Air France, l'un torse nu, l'autre la chemise en lambeaux, avaient fait le tour du monde : trois salariés de la compagnie aérienne ont été condamnés ce mercredi à trois ou quatre mois de prison avec sursis.

Les salariés d'Air France ont été fixés sur leur sort, ce mercredi. Trois d'entre eux, des militants CGT, ont été condamnés par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à des peines de trois ou quatre mois de prison avec sursis pour violences. Deux autres ont été relaxés. Dix prévenus mis en cause pour dégradations volontaires ont été reconnus coupables et condamnés à des amendes de 500 euros chacun.

Des images qui ont marqué

5 octobre 2015. Dans un contexte social tendu, la direction présente aux représentants du personnel un plan de restructuration qui menace 2.900 emplois. Alors que plus de 2.000 salariés de l'entreprise manifestent, une centaine d'entre eux parviennent à forcer la grille d'accès.

Dans un mouvement de foule, deux directeurs sont malmenés, ainsi que des vigiles chargés de leur protection. Xavier Broseta, le DRH d'Air France à l'époque, et Pierre Plissonnier, le responsable du long-courrier, avaient dû fuir sous les huées, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second. Vues "1,4 milliard de fois dans le monde entier" et particulièrement "humiliantes" pour les intéressés, les images des deux cadres escaladant un grillage pour échapper à leurs assaillants avaient fait le tour du monde.

"Boucs émissaires"

L'avocate de onze des prévenus, Lilia Mhissen, a jugé "scandaleuses" ces condamnations. Elle "conseillera" à ses clients de faire appel. Les représentants de la compagnie aérienne ont, à l'opposé, exprimé leur "satisfaction" de voir la "culpabilité" des prévenus "reconnue". "Cette décision permet de clore le triste épisode" du Comité central d'entreprise d'Air France du 5 octobre 2015, a estimé l'entreprise dans un communiqué.

A l'issue d'une enquête fondée notamment sur l'exploitation des images de la vidéosurveillance et des médias, quinze personnes, dont sept adhérents de la CGT, avaient été renvoyés devant le tribunal correctionnel.

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