Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Procès de la "démembreuse du canal du Midi" : une accusée en "conflit avec l'image maternelle"

Jugée depuis ce lundi pour avoir tué puis démembré sa collègue de travail, Sophie Masala a été décrite par les experts comme une femme minée par les traumatismes durant l'enfance et dépourvue de limites.

La foule, devant la cour d'assises de Haute-Garonne.
La foule, devant la cour d'assises de Haute-Garonne. © Maxppp - NATHALIE SAINT-AFFRE

Toulouse, France

Le procès de la "démembreuse du canal du Midi" s'est ouvert ce lundi après-midi devant la cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse, dans une salle pleine de badauds venus assister à un procès qui sort de l'ordinaire. L'histoire de deux collègues qui ne s'entendent pas, et qui vire à l'horreur, quand au printemps 2016 l'une des deux tue l'autre puis la découpe, et jette ses membres dans le Canal.

Pour première journée d'audience, le compte-rendu des experts psychiatres et l'enquête de personnalité de l'accusée ont pointé un personnage très ambigu, notamment traumatisé par sa mère. 

Du parcours de Sophie Masala, on retient surtout une accumulation de coups durs. Son enfance pauvre à Valenciennes, dans le Nord, dans une famille de sept enfants dont elle est l'aînée. C'est elle, qui à 10 ans, retrouve son père pendu dans la cave. Elle qui est abusée par son grand-père. Elle aussi dont la mère multiplie les amants, y compris parmi les copains de ses deux filles. Une mère qui la frappe, l'insulte, la rabaisse, et qui lui dit qu'elle ne voulait pas d'une fille, "encore moins d'une rousse".

Condamnée pour détournement de fonds aux dépens de l'université de Montpellier, elle exerce la prostitution pendant plusieurs mois pour payer les dettes accumulées. Avec l'aval de son mari qui visionne ensuite les films de vidéo surveillance, sur lesquels son fils finira par tomber.

Après avoir obtenu des diplômes sur le tard, elle intègre fin 2015 le bureau toulousain de l'Agefiph, organisme spécialisé dans l'insertion des handicapés, et entre rapidement en conflit avec Maryline Planche, décrite comme un employée-modèle.

"Elle voulait faire disparaître l'image de la maman" - Georges Catala, l'avocat de la famille de la victime

Sophie Masala tue sa collègue, "peut-être parce qu'elle ressemble à sa mère" explique l'experte-psychiatre devant la cour d'assises. "On arrive petit à petit à l'idée fixe, à l'immense colère (...) l'image de la mère qu'on veut détruire", renchérit Maître Georges Catala, avocat de la famille de la victime. "Elle voulait faire disparaître l'image de la maman"

"Elle trace des parallèles entre Maryline (la victime) et sa propre mère (...) On repère des éléments traumatiques majeurs dans l'enfance, un conflit avec l'image maternelle importante, donc une personnalité aux bases fragiles, elle n'a pas de limites. Elle présente un défaut de contrôle pulsionnel", selon l'experte-psychiatre.

Quand elle découpe son corps et garde la tête, Sophie Masala n'a ni remord, ni culpabilité. Vêtue d'un tailleur noir, cheveux roux mi-longs, souvent tête baissée, l'accusée s'exprime peu. Et face à la cour d'assises, elle répond en zozotant un peu, qu'"elle n'a rien à ajouter".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu