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Procès de la mort du petit Kenzo à Lunel : "L'enfant est complètement passé sous les radars"

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Par , France Bleu Hérault

Au troisième jour du procès de la mort de Kenzo à Lunel en février 2017, le médecin-légiste est passé à la barre. Le Dr Boismenu a donné le détail terrifiant de toutes les traces de coups reçus par le bébé. Et s'est dit stupéfait par la passivité des professionnels de santé dans cette affaire.

Le Dr Boismenu, médecin-légiste, est sorti de sa réserve habituelle pour dénoncer la passivité de professionnels de santé
Le Dr Boismenu, médecin-légiste, est sorti de sa réserve habituelle pour dénoncer la passivité de professionnels de santé © Radio France - Salah Hamdaoui

À la barre, le Dr Laurent Boismenu commence son exposé en énumérant la multitude de lésions qui couvraient le corps de Kenzo. Il y en avait partout, une centaine d’ecchymoses. Des photos ont été diffusées à l’audience, dans un silence de plomb. Moment terrifiant.

Des lésions comparables aux lésions des accidentés de la route

Et puis il y a aussi le résultat de l'examen interne. Le foie du bébé de 22 mois éclaté, blessure fatale et cause directe d’une hémorragie. Le petit garçon avait un quart de litre de sang dans l’abdomen. Le médecin légiste ne peut s’empêcher de le souligner : "c’est énorme !" pour un être de 81 cm. "Le genre de lésion qu’on constate après un accident de voiture à grande vitesse". La comparaison permet aux jurés d'avoir une idée de la violence des coups portés, "en 30 ans de carrière, je n'ai jamais vu ça".

Dans le box, Angelina, la mère de Kenzo, et Teddy, son ex-compagnon s'accusent toujours mutuellement de ces violences mortelles commises le 14 février 2017 à Lunel. Depuis le début de la semaine ils comparaissent devant la cour d'assises de l'Hérault. Lui pour actes de torture ou barbarie et meurtre. Elle pour complicité d'actes de torture ou barbarie et non dénonciation de crime. 

Suspicion de maltraitance et puis, plus rien

Chose très inhabituelle, le Dr Boismenu est sorti de sa réserve habituelle pour se permettre d'aller au-delà du factuel et d’ailleurs le légiste prévient : "là, je vais donner mon avis. Les bras m’en tombent." L'expert n'arrive pas à comprendre comment les mauvais traitements infligés à Kenzo n'ont pas donnés lieu à un signalement de la part des professionnels de santé devant qui il est passé.

Fin janvier 2017. Angelina emmène son fils aux urgences pédiatriques de Bagnols-sur-Céze (Gard). Kenzo a le pouce brûlé au troisième degré, avec un début de nécrose. Elle raconte qu’il s’est fait ça en prenant une braise dans un barbecue. On sait aujourd'hui qu'il a été "cramé" avec un briquet.

On se pose des questions ? On réagit ? Rien de rien, c'est saisissant (Dr Boismenu)

Le rapport médical comporte une remarque : "Misère sociale simple ou maltraitance. À suivre selon la tournure des événements". Et après ? demande le légiste. "Rien de rien. On la connait aujourd’hui la tournure des événements". Kenzo est mort sous les coups, 15 jours plus tard, dans une chambre d’hôtel.

Signaler pour protéger

Entre-temps, il a été vu au service des grands brûlés du CHU à Montpellier. Deux rendez-vous sont pris : le lendemain pour poser une atèle et huit jours plus tard pour une consultation de contrôle. Personne n’est jamais revenu. Là encore, rien, aucune réaction. "L’enfant est complètement passé sous les radars". Pourtant selon l’expert, une brûlure comme la sienne, "ce n’est pas un signal d'alarme, c’est une corne de brume".

En partie civile Me Nathalie Bucquet, avocate de l'association Innocence en danger, n'y va pas par quatre chemins. "Ce drame aurait pu être évité si on avait eu des gens attentifs aux signes de maltraitance. Moi sincèrement, ça me fout la chair de poule".

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