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Procès des SDF de Niort : trois lieux, quatre victimes, quatre calvaires

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu, France Bleu La Rochelle

Alors que le procès de cinq hommes s’ouvre ce lundi à la Cour d’assises de Niort, retour sur les quatre meurtres barbares commis au printemps et à l’été 2016 dans des appartements ou des squats du quartier de la colline Saint-André.

C'est dans cet immeuble blanc de la rue Jean Migault que le premier corps a été découvert en mai 2016.
C'est dans cet immeuble blanc de la rue Jean Migault que le premier corps a été découvert en mai 2016. © Radio France - Noémie Guillotin

Les faits que devra examiner la Cour d’assises de Niort pendant trois semaines à partir ce ce lundi sont d’une violence immense. Cinq hommes (Thierry N., Loan M., LoÏc C., Christophe M., et Gilbert R.) sont sur le banc des accusés, un autre protagoniste s’est suicidé. L’un des bourreaux est devenu une victime. Les chefs d’accusation sont multiples : meurtre, viols, acte de torture et de barbarie... Sur fond d’alcoolisme et de drogue, les quatre victimes, quatre hommes appartenant également au milieu marginal, ont été torturés physiquement, sexuellement, humiliés, mutilés, avant d’être tués.

8 rue Jean Migault : un homme retrouvé nu dans une baignoire

Vincent P., tué dans la nuit du 17 au 18 mai 

Le corps de Vincent P. est découvert le 22 mai, nu, dans une baignoire au 8 rue Jean Migault. C’est l’un des mis en causes, Gilbert R., qui est venu de son propre chef en parler au commissariat de Nantes. Sur le corps de la victime, l’autopsie permettra de dénombrer 70 plaies, dont 18 sur le crâne. Tout serait parti d’une histoire de dette. Entravé, l’homme aurait été ensuite torturé et frappé, parfois à l’aide d’objets (guitare électrique, couteau, bouteille de verre, pelle de chantier…). Les enquêteurs découvrent rapidement que le lieu, rue Jean Migault, est loué au nom d’un certain Pascal H.

2 rue de la Poterne : deux corps démembrés déterrés

Pascal H., tué entre le 24 avril et le 22 mai

A “la carrière”, au 2 rue de la Poterne, les enquêteurs retrouvent un mois plus tard, enterré dans le jardin d’un squat, le locataire officiel du 8 rue Jean Migault, Pascal H. Ou plutôt des fragments de Pascal H. : une cuisse, une jambe, un bras, un tronc puis une tête. Selon les dires de Thierry N., l'un des meneurs de la bande, il aurait rencontré l’homme de 49 ans devant le Carrefour city. Pascal H. lui permettait d’entreposer des affaires chez lui. Et puis Pascal se serait éloigné, aurait tenté de couper les ponts, prétextant même être absent. Apprenant son mensonge, Thierry N., Malik Y. et Loan M. auraient débarqué chez lui, et le déchaînement de violence aurait commencé. Cette fois-ci une planche à découper et une broche à rôtir, trouvés sur place, auraient été utilisés.

Malik Y., tué entre le 24 avril et le 22 mai

Son corps, lui aussi démembré, sera découvert dans la foulée de celui de Pascal H., également enterré à “la carrière”. Un mois après la mort de Pascal H. (dont il a été l’un des bourreaux), le calvaire de Malik commence. Séquestré par Thierry N. et Loan M., contraint de les appeler “maître”, le jeune homme de 19 ans est attaché à une chaise, frappé, tous les jours, pour tout et rien. Un soir car ses bruits empêchaient Thierry N. de regarder un film. 

Selon les mots de Thierry N., la tête du jeune homme est, à la fin complètement déformée, “comme un personnage fantastique”. Malik est ébouillanté, brûlé. Ses tortionnaires prennent des vidéos. L’homme subit des sévices sexuels répétés. Ses mains sont retrouvées sans doigts. Thierry N. aurait expliqué à son frère les avoir fait bouillir et donné à manger à son chien. Durant tout le temps de la séquestration de Malik et quelques temps après, ses bourreaux auraient utilisé sa carte de crédit pour effectuer des retraits d'argent.

18 rue Basse : un corps découvert dans une cave

Damien P., tué entre le 9 avril et le 19 juillet

Le corps de cet homme de 37 ans est retrouvé au 18 rue Basse, un immeuble frappé d’un arrêté de péril, le 19 juillet 2016. Le cadavre a été laissé dans la cave, recouvert de détritus. La décomposition des tissus est déjà bien avancée. A-t-il été tué pour une histoire d’argent ? D’appartement ? De chien ? Christophe M., dit "Titi la canne", aurait déclaré avoir perdu son chien à cause de lui. Devant les enquêteurs, Thierry N. explique que cela l’aurait mis en colère. Ramené au squat de la rue Basse, Damien P. est frappé à l’aide d’une barre de métal et recouvert de déjections de chiens. Ses agresseurs lui prennent 300 euros en liquide, achètent de la nourriture et du cannabis et vont s’installer dans son appartement.

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