Faits divers – Justice

Procès déchirant d'un accident de la route au tribunal de grande instance de Bordeaux

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde jeudi 12 juin 2014 à 6:30

Accident de la route (image d'illustration)
Accident de la route (image d'illustration) © MaxPPP

Un homme de 34 ans emmène son ami et employeur à la frontière espagnole pour lui changer les idées. En rentrant chez eux à Périgueux, leur voiture percute un camion sur l'A63 près de Belin-Beliet. Le passager meurt sur le coup. Rongés par la tristesse, le conducteur et la famille de la victime se revoyaient lors du procès.

Un procès déchirant s'est déroulé ce mercredi au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux. C'est le procès d'un accident de la route qui a tué un homme. Le week-end du 15 septembre 2013, un trentenaire veut emmener son employeur et meilleur ami en Espagne, histoire de se changer les esprits.

Ivre et sans permis depuis 2007

Sur la route du retour pour Périgueux où ils habitent, leur voiture percute l'arrière d'un camion. Il est 6h du matin ce dimanche 15 septembre 2013 sur l'autoroute A63 près de Belin-Beliet. Le passager, propriétaire de la voiture, meurt sur le coup. Neuf proches de la victime étaient venus à ce procès. Une famille en larmes. Tout comme l'accusé, effondré d'avoir tué son ami et employeur.

"Je suis le seul coupable ! Je me suis endormi, j'ai tué un copain."

L'homme de 34 ans, carrure de boxeur, avoue sans hésiter. La présidente de la cour rappelle au conducteur qu'il avait quatre bonnes raisons de ne pas être au volant. Tout d'abord, il n'a plus de permis depuis 2007 pour un accident de la route. Son casier judiciaire est d'ailleurs lourd : huit condamnations pour des faits similaires. Aussi, cette nuit-là, il roule à plus de 170 km/h au lieu de 110 km/h sur l'A63 près de Belin-Beliet. Enfin, il est sous l'emprise de l'alcool et du cannabis dont il est dépendant depuis plus de 10 ans.

Il ne se souvient pas de l'accident

L'accident - qui à 6h du matin coute la vie de son ami – il ne s'en souvient pas. Le volant, il l'a pris car son ami était trop fatigué pour conduire. "Mensonge" , affirme l'avocate de la partie civile. "Comportement aberrant" , assène le procureur de la République. L'accusé éclate en sanglot. La mère de la victime affirme que son fils lui aurait pardonné. L'épouse du défunt lui demande de ne pas lui adresser la parole.

"Sa culpabilité sera toujours plus lourde que la sanction." — Maitre Jean-Grégory Sirou, avocat de la défense

Avec les quatre circonstances aggravantes (alcool, cannabis, sans permis et une vitesse excessive), l'accusé écope d'une peine de cinq ans de prisons dont quatre ferme. Il a aussi une obligation de soigner sa dépendance à l'alcool et devra indemniser la famille de 500 euros. Enfin il a Interdiction d'entrer en contact avec la famille de la victime.

"Il a perdu son meilleur ami qui était également son patron"