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Procès des attentats de janvier 2015 : Emmanuel Macron défend la "liberté de blasphémer"

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Par , France Bleu

Cinq ans après les attentats de Charlie Hebdo, le Président de la République défend à nouveau le droit à blasphémer. Plusieurs politiques, avocats, dessinateurs, eux, s'inquiètent du recul de la liberté d'expression.

Emmanuel Macron et la maire de Paris Anne Hidalgo lors des commémoration de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, en 2018.
Emmanuel Macron et la maire de Paris Anne Hidalgo lors des commémoration de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, en 2018. © Maxppp - OLIVIER ARANDEL

Alors que s'ouvre ce mercredi le procès des attentats de janvier 2015 qui avaient fait 17 morts à Charlie Hebdo, Montrouge et à l'Hyper Casher de la porte de Vincennes, et que le journal satirique a de nouveau publié les caricatures de Mahomet qui avaient fait de lui la cible des djihadistes, Emmanuel Macron défend "la liberté de blasphémer" en France.

"Depuis les débuts de la Troisième République il y a en France une liberté de blasphémer qui est attachée à la liberté de conscience. Je suis là pour protéger toutes ces libertés. Je n'ai pas à qualifier le choix de journalistes. J'ai juste à dire qu'en France on peut critiquer des gouvernants, un président, blasphémer, etc.", a-t-il expliqué.

"Un président de la République en France n'a jamais à qualifier le choix éditorial d'un journaliste ou d'une rédaction car il y a une liberté de la presse à laquelle vous tenez à juste titre profondément", a poursuivi Emmanuel Macron. Avec "la liberté d'expression, il y a le devoir de ne pas avoir de discours de haine", a-t-il ajouté, citant notamment les réseaux sociaux.

"L'esprit Charlie" remis en cause ? 

Ce mercredi matin, jour d'ouverture du procès, sur le réseau social Twitter, le hashtag #JenesuispasCharlie rassemble plusieurs milliers de tweets. Il y a une "régression massive de la liberté d'expression" et une "progression de la censure" en France ces dernières années, dénonce au même moment Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, sur France Inter.

Il y a une régression massive de la liberté d'expression et une progression de la censure en France

Cette régression de la liberté d'expression se fait "sous le principe de 'il ne faut offenser personne'", estime Richard Malka. La censure a muté, elle ne vient plus de l'État, elle vient de nous-mêmes." Or "s'empêcher de critiquer les croyances, c'est abandonner la libre pensée", condamne-t-il. Ainsi selon lui, "l'état d'esprit" des terroristes a "provisoirement gagné"

Aujourd'hui, "pas sûr" qu'il y aurait 3,5 millions de personnes dans la rue

Si des attentats comme ceux de janvier 2015 avaient lieu aujourd'hui, "je ne suis pas sûr" qu'il y aurait 3,5 millions de personnes dans la rue avec des panneaux "Je suis Charlie", estime de son côté ce mercredi sur franceinfo Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur au moment des attentats de janvier 2015. "Je m'en inquiète, affirme-t-il. Je vois bien qu'il y a un processus d'abaissement de la pensée républicaine."

On peut être férocement antiraciste et férocement pour le blasphème

La liberté d'expression "a reculé parce qu'une partie de la classe politique, une partie de la gauche a reculé", analyse Manuel Valls, ancien Premier ministre au moment des attentats de janvier 2015. "Quand je vois qu'il y a 20% de jeunes qui disent ne pas condamner les auteurs de ces attentats [sondage Ifop pour Charlie Hebdo, ndlr], le travail de fond, de pédagogie n'a pas été suffisamment fait. Nous en sommes tous responsables", continue l'ancien Premier ministre.

"Il y a cette philosophie des minorités, cette espèce d'idéologie victimaire", constate l'avocat qui est un "problème à gauche", estime aussi Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. "Je crois que les Français sont encore 'Charlie' mais il y a un malaise dans une certaine élite universitaire, parfois médiatique, parfois politique sur ces questions-là. Ce que je me tue à dire, c'est qu'on peut être férocement antiraciste et férocement pour le blasphème."

Ce qui me rend profondément triste, c'est que l'embellie 'nous sommes tous Charlie' a duré deux semaines

Franck Vandecasteele, un ami de Charb, l'un des dessinateurs tués à Charlie Hebdo, espère un procès politique : "Ce qui me rend profondément triste, c'est que l'embellie 'nous sommes tous Charlie' a duré deux semaines. Après, l'incompréhension a perduré. Et l'esprit, on ne l'a plus. Au cours de ce procès, on doit pointer les renoncements de la République, pointer le manque d'éducation à la citoyenneté, à la tolérance. Il y a un travail pédagogique à faire autour de ce procès".

"Il y a depuis plusieurs années, une sorte d'acception de moins de liberté de la part de l'ensemble de la société, estime Frap, lui-même dessinateur de presse. Le ton n'est pas le même qu'il y a 20 ans. Ça devient plus compliqué".

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