Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Attentats de janvier 2015, le procès

Procès des attentats de janvier 2015 : "je ne peux plus porter l'uniforme" témoigne une policière

Le 7 janvier 2015, cette policière, originaire d'Ardèche, a fait face aux frères Kouachi. Ce lundi, Géraldine Blanc témoigne à la barre, au procès des attentats de janvier 2015 qui se tient à Paris. Elle a raconté ses souvenirs, sa douleur de ne plus pouvoir "porter l'uniforme".

Le 7 janvier 2015, Géraldine Blanc, policière aujourd'hui installée en Drôme-Ardèche, a fait face aux frères Kouachi. (Valence,  janvier 2019).
Le 7 janvier 2015, Géraldine Blanc, policière aujourd'hui installée en Drôme-Ardèche, a fait face aux frères Kouachi. (Valence, janvier 2019). © Radio France - Florence Beaudet

Le procès des attentats de Janvier 2015 entre ce lundi matin dans sa troisième semaine. Après les proches des victimes de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo les semaines précédentes, c'est au tour de la famille et des collègues d'Ahmed Merabet de témoigner. La cour se penche aujourd'hui sur l'assassinat de ce policier par les frères Kouachi, juste après l'attentat de Charlie Hebdo.

"Je pensais que ça devait être des enfants avec des pétards"

Après l'épouse d'Ahmet Merabet, lundi matin, c'est au tour d'autres policiers du 11e arrondissement de Paris de témoigner. Parmi eux, Géraldine Blanc. Cette policière était alors membre de la brigade VTT qui est intervenue juste après l'attentat. À la barre, elle a raconté ce moment, son incrédulité, "Je pensais que ça devait être des enfants avec des pétards", puis elle se tourne et voit "deux hommes en noir cagoulés, armés, qui tirent sur nous. Des tirs précis. Coup par coup. Je jette mon vélo, je cours et j'entends le sifflement des balles. Ça fait "pfiou, pfiou ...." détaille-t-elle.

"Je me suis dis : 'je vais mourir'"

Géraldine Blanc raconte aussi la peur "Je me suis dis : "je vais mourir", l'incompréhension et puis ce message, sur les ondes : "collègue blessé à terre". Elle se redresse alors et voit Ahmed Merabet, blessé, à terre,"les yeux vitreux, il était blanc" se remémore-t-elle. Elle part chercher des secours, voit Philippe Lançon être évacué, la mâchoire "décrochée", Riss, le dessinateur aussi. 

Des images indélébiles

Ces images la poursuivront, après. Impossible de les oublier explique-t-elle en larmes à l'audience. "Les jours d'après ça a été très très très compliqué. Le sifflement des balles que j'entendais toujours. J'ai été suivie. J'ai pris des traitements, j'étais contre mais je n'ai pas eu le choix. J'ai un avant et un après..." dit-elle, comme un écho à tous les témoignages déjà entendus les semaines précédentes.

Devenue maman, elle est d'abord mutée en dehors du 11e arrondissement, puis elle quitte ensuite la capitale. Après la mort de Xavier Jugelé, policier tué sur les Champs Élysées, "j'ai plus pu" dit-elle sobrement. 

"Je ne peux plus porter l'uniforme. Je ne peux plus être en brigade. Pourtant j'adore ça"

Géraldine Blanc décrit aussi la "culpabilité du survivant. Pourquoi Ahmed? Pourquoi pas moi? Pendant 3-4 ans, j'étais éteinte. Je n'arrivais plus à sourire à la vie" raconte-t-elle encore. 

Depuis, elle a refait sa vie en Drôme-Ardèche, dont elle est originaire, "je ne peux plus porter l'uniforme. Je ne peux plus être en brigade. Pourtant j'adore ça. Du coup, je suis devenue responsable communication en province. Aujourd'hui, j'adore ça" conclut-elle dans un sourire, enfin.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess