Faits divers – Justice

Procès des fausses bouteilles de Romanée-Conti : décision attendue le 10 avril

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 10:47 Mis à jour le dimanche 29 janvier 2017 à 18:00

L'escroc russe vendait de fausses bouteilles de Romanée-Conti.
L'escroc russe vendait de fausses bouteilles de Romanée-Conti. © Radio France - Faustine Mauerhan

La troisième et dernière journée s'est ouverte, ce vendredi, sur les réquisitions de la procureure de la République. Elle a requis notamment trois ans de prison dont un avec sursis contre le prévenu russe. Le tribunal de Dijon rendra sa décision le 10 avril.

La dernière journée du procès des fausses étiquettes de Romanée Conti s''est ouverte, ce vendredi, avec les réquisitions de la procureure de la République. Elle a requis notamment trois ans de prison dont un avec sursis contre le prévenu russe. Le tribunal de Dijon rendra sa décision le 10 avril.

Un réquisitoire sur fond de références cinématographiques

Après les débats techniques, l'audition du prévenu russe, les plaidoiries des parties civiles, la procureure de la République a fait ses réquisitions ce vendredi matin, au dernier jour d'un procès de trois jours pour escroquerie, utilisation et tentative d'utilisation frauduleuse d'AOC (Appelation d'Origine Contrôlée), tromperie sur la marchandise et pratique commerciale frauduleuse. Après 1h30 de réquisitoire, Marie-Christine Tarrare a requis trois ans de prison dont un avec sursis, une amende de 100 000 euros et une interdiction de territoire de cinq ans à l'encontre d'un Russe de 32 ans. Elle a requis 12 mois de prison avec sursis et une amende de 50 000 euros contre le père et le fils italiens, jugés en leur absence, pour ce qu'elle estime être "une vaste entreprise frauduleuse internationale de grande ampleur et, je le maintiens, en bande organisée."

"Il pleuvait des Romanée-Conti"

C'est la quantité et le culot des faussaires que la procureur a mis en avant dans son réquisitoire. "On a accusé le parquet de faire de la mousse avec cette affaire parce qu'on parle de Romanée-Conti. On nous dit que ces trois escrocs n'ont tué personne... mais n'empêche que c'est une arnaque", répond la procureure. "Et les faussaires ont été trop gourmands ! Ils ont inondé le marché, il pleuvait des Romanée-Conti et les faussaires devaient être extrêmement sûrs d'eux pour vendre leurs fausses bouteilles à des professionnels !" Pour la procureure, les infractions sont bien caractérisées, il faut donc les punir. Le tribunal en décidera, pendant son délibéré, après les plaidoiries de la défense.

"Parole, paroles, parole"

Concernant le prévenu russe, Marie-Christine Tarrare ne veut pas croire qu'il est "le petit agneau ignorant qu'il dit être". Elle reprend ses arguments : "il dit qu'il se savait rien, qu'il exécutait juste les ordres d'un patron mort... et on ne retrouve aucun contrat, aucun mail ? Soyons sérieux, on n'est pas dans Mission Impossible où les messages s'autodétruisent au bout de cinq secondes !" Pour la procureure, les arguments sont médiocres, "c'est parole, parole, parole, des mots, rien que des mots", mais les pièces du puzzle s'imbriquent parfaitement et le faussaire doit être puni.

"Un dossier branlant et bancale"

Le puzzle est pourtant bien déformé par le verre, certes prestigieux, de la Romanée-Conti estime de son côté la défense. "Est ce qu'on en aurait fait autant pour des faux sac Dior ? demande d'abord l'avocat... Mais bref, vous êtes fier d'avoir démantelé une mafia russe qui faisait pleuvoir des Romanée-Conti, vous pensez être tombé sur un gros dossier, eh bien non désolé, s'excuse la défense, vous n'avez qu'un petit exécutant .." et sans preuve en plus. Pour l'avocat on fait ici un procès sur des suppositions ! Le dossier est "bancale", il a donc plaidé, pendant 2h et quart, la relaxe pour les 11 infractions finalement retenues contre son client.

"Un mot roman, une belle histoire"

Les réquisitions sont un peu différentes en revanche pour le père et le fils italiens qui reconnaissent leur culpabilité et qui ont déjà été condamnés en Suisse pour escroquerie et contrefaçon. Ils ne sont jamais venus s'expliquer devant le tribunal français et leurs avocats réclament la relaxe. La procureure ne va pas dans ce sens et estime, elle, que l'escroquerie imaginée et montée par les deux italiens a eu de réelles conséquences en France. Elle a requis, après "leur beau roman, leur belle histoire" dit-elle toujours en chanson, douze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende.