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Faits divers – Justice

Procès du jihadisme de Lunel : cinq hommes jugés pour association de malfaiteurs à visée terroriste

jeudi 5 avril 2018 à 22:19 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Cinq hommes sont jugés depuis ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes. Ils ont tous été arrêtés le 27 janvier 2015. C'est le dossier emblématique de ce qui a été appelé "la filière jihadiste de Lunel" (Hérault).

Le procès dure 5 jours, du 5 au 11 avril
Le procès dure 5 jours, du 5 au 11 avril © Maxppp -

Lunel, France

Dans le box des prévenus, ils sont trois. Deux autres comparaissent libres. Ils ne se parlent pas et se regardent à peine.

Âgés de 29 à 47, tous les cinq sont jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes. Et deux d'entre eux doivent également répondre de financement d'une entreprise terroriste.

Une allure de monsieur Tout-le-monde

Ce qui a été frappant pour le premier jour de ce procès qui doit durer jusqu'au 11 avril, c'est que les nombreux journalistes sont pratiquement les seuls à remplir la salle d'audience. On a pu tout de même remarquer la présence discrète du père de Raphaël, un des Lunellois partis en Syrie et mort là-bas. Il avait 22 ans.

Aucun des prévenus ne correspond, physiquement en tout cas, à la "caricature" du jihadiste. Pas de longue barbe noire mais des monsieurs Tout-le-monde : chemisette bleu ciel col Mao pour l'un, maillot du PSG floqué au nom de Neymar pour l'autre ou encore un banal sweat-shirt à capuche.

"Musulman non pratiquant"

Le premier à passer à la barre s'appelle Saad, 29 ans, CAP de commercial de prêt-à-porter et diplôme d'agent de sécurité, aujourd'hui auto-entrepreneur. Il a été interpellé dans l'appartement qu'il occupait avec son père et son frère à Lunel. Il est l'un des deux qui comparaissent libres. Il est aussi le petit frère de Karim, le premier Lunellois à être parti combattre en Syrie en novembre 2013. Mort là-bas lui aussi.

Saad se déclare "musulman non pratiquant". Les enquêteurs n'ont pas mis en évidence  "une activité prosélyte". Il est notamment jugé pour avoir transmis 190 euros à Karim par l'intermédiaire de sa belle-sœur, Nadia. 

Il a en revanche refusé de faire "la récolte" que lui demandait son frère, à savoir récupérer 5.000 euros pour acheter un 4x4 qui devait être acheminé jusqu'en Syrie par Nadia. Mais Saad a fourni à sa belle-sœur une liste de matériels que lui demandait son frère : lampe torche, frontale, une montre, un chargeur. 

"C'est mon frère, c'est mon sang"

Même s'il assure qu'il n'approuvait aucunement ce que faisait son frère en Syrie, ça n'apparait jamais dans les échanges qu'il avait avec lui, au téléphone ou par Skype. Les écoutes le prouvent. 

Saad explique qu'il ne voulait pas déplaire ni contrarier Karim, que "c'était pour garder le contact avec lui et avoir des nouvelles. Normal, c'est mon frère, c'est mon sang. Et puis quand vous rentrez le soir et que vous voyez votre mère pleurer, vous voulez lui donner des réponses".

Une vingtaine de départs vers les zones de combats

En préambule, la présidente du tribunal a souligné le caractère particulier de cette affaire, avec "un nombre conséquent de départs" vers les zones de combats "en disproportion avec la taille d'une ville comme Lunel" (environ 25.000 habitants). La magistrate poursuit : "ça pose question et le tribunal n'a pas toutes les réponses". Une vingtaine de Lunellois sont allés en Syrie à partir de l'automne 2013, au moins 8 y sont morts.

"L'attention des enquêteurs" a sans doute été attirée aussi par "le contexte temporel" : environ 3 semaines avant avaient eu lieu les attentats contre Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher. "Peut-être qu'il fallait faire quelque chose..." avance la magistrate.