Faits divers – Justice

Procès du Carlton : le soufflé semble retomber pour Dominique Strauss-Kahn

Par Eric Turpin, France Bleu Nord jeudi 12 février 2015 à 9:00 Mis à jour le jeudi 12 février 2015 à 16:45

Dominique Strauss-Kahn quitte son hotel pour rejoindre le palais de justice de Lille
Dominique Strauss-Kahn quitte son hotel pour rejoindre le palais de justice de Lille © Yoan Valat - MaxPPP

A l’issue de son troisième jour d’audition, Dominique Strauss-Kahn est apparu plus serein. Les accusations semblent faire pschitt contre l’ancien patron du FMI jugé pour proxénétisme dans l’affaire dite du Carlton avec treize autres personnes.

A son troisième et dernier jour d'audition devant le tribunal correctionnel de Lille, Dominique Strauss-Kahn a été sommé de s'expliquer sur les SMS échangés avec ses amis nordistes mais aussi sur l’appartement qu’il louait à Paris sous le nom d’un ami.

Les SMS échangés par l’ancien patron du FMI avec ses amis, on en avait entendu parler par des fuites pendant l’instruction. Dans la matinée, ils ont été lus à l’audience et ils n’ont absolument rien révélé.

Dominique Strauss-Kahn reconnaît qu’il échangeait des SMS avec son ami Fabrice Paszkowski pour préparer leurs soirées libertines. Mais cela ne permet pas de savoir si l’ancien patron du FMI était au courant que les femmes étaient payées.

Parmi les nombreux SMS exhumés du dossier, il y a celui-ci : « Veux-tu venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi et du matériel ? » , déclare ainsi DSK à son ami Fabrice Paszkowski.

Devant le tribunal, Dominique Strauss-Kahn s’en explique : « Le mot matériel n’a été utilisé qu’une fois. C’est un langage de corps de garde » , autrement dit un terme militaire.  

Fabrice Paszkowski admet utiliser lui aussi le mot. «Oui, c’est un langage peu châtié que je regrette » , précise-t-il à la barre. Quoi qu’il en soit, on est dans la morale et pas dans le pénal. Et l’utilisation de ce mot ne prouve pas que Dominique Strauss-Kahn était l’instigateur des soirées.

La garçonnière 

Le danger aurait pu venir de l’appartement qu’il louait en cachette à Paris, « en cachette parce que j’étais encore marié à l’époque » , rappelle l’ancien patron du FMI à la barre.

L’article 225-10 du code pénal condamne le fait de mettre à disposition des locaux pour la prostitution. Sauf que personne n’est en mesure de dire si DSK a reçu des prostituées dans son appartement. Des amies libertines oui. Il y a organisé des soirées avec ses amis, mais toujours en sa présence. Et il n’a jamais prêté sa garçonnière. Alors la menace de l’article 225-10 fait pschitt.

Dominique Strauss-Kahn est apparu détendu pendant son audition, serein comme s’il ne se sentait plus menacé. Son principal avocat, Me Henri Leclerc, ne veut toujours pas s’exprimer devant les caméras. Mais pendant la suspension d’audience, il a lâché dans les couloirs du palais : « c’est du velours »

Revivez la troisième journée d'audition de Dominique Strauss-Kahan au procès du Carlton :

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