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Faits divers – Justice

Procès du commando des Sablons : les quatre prévenus nient en bloc

mercredi 4 avril 2018 à 18:37 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Jugés à Rennes, les quatre hommes soupçonnés d'avoir enlevé un jeune Manceau de 17 ans au bar Le Tram Atlantide, le 2 mars 2016, nient farouchement leur implication. Malgré les preuves matérielles qui les lient à l'affaire ou aux soit-disant vrais coupables... Qu'ils refusent de nommer.

Le procès s'est déroulé au tribunal de grande instance de Rennes
Le procès s'est déroulé au tribunal de grande instance de Rennes © Radio France - Ruddy Guilmin

Ils sont quatre dans le box des prévenus de la chambre correctionnelle de la Jirs, la juridiction inter-régionale spécialisée de Rennes, qui traite les affaires de délinquance organisée. Âgés de de 25 à 30 ans, ces quatre hommes originaires d'une cité de Dreux (Eure-et-Loir) possèdent tous un casier judiciaire bien fourni. Ce mercredi, ils sont accusés d'être les membres du commando cagoulé et lourdement armé venu cueillir un jeune homme de 17 ans dans ce bar des Sablons, au Mans, le 2 mars 2016.  Mais tous le jurent : ils n'ont rien à voir avec cette expédition punitive qui résulte, selon l'instruction, d'une "guerre de territoire" entre deux clans pour l'approvisionnement en drogue du marché manceau. Alors, comment se sont-ils retrouvés dans le box des prévenus ? Chacun a son explication. 

Retrouvé par la police tapi dans l'herbe, dans un champs à Yvré-l'Evêque, à proximité de l'endroit où le commando avait abandonné deux voitures accidentées, Nouredine B. , 29 ans, nie pourtant de manière farouche avoir participé à l'enlèvement. "Je suis venu au Mans avec un ami, on avait chacun un rendez-vous, explique-t-il. On est allez d'abord au mien et en arrivant au sien, j'ai vu d'autres voitures avec des gars cagoulés et armés..." D'après son récit, il est simplement resté dans la voiture pendant la descente au bar, en attendant de pouvoir rentrer chez lui. "Avec des gens cagoulés et armés qui enlèvent un jeune homme ?", s'interroge le président, à aucun moment vous ne vous dites, je n'ai pas envie de participer à ça, je m'en vais ?" Réponse : "J'ai pas eu le réflexe, ou pas le courage. .Je sais que ça peut paraître farfelu mais c'est la vérité, j'ai été un imbécile."

Empreintes ADN et loi du silence

L'ADN de trois autres prévenus a été retrouvé dans les deux voitures abandonnées. Pour deux d'entre-eux, il a également été décelé sur des cagoules et des armes retrouvées dans les véhicules, notamment un pistolet mitrailleur 9 mm équipé d'un silencieux. Ayoub, 27 ans, seize mentions à son casier judiciaire depuis 2009, s'explique : "Pour me faire un peu d'argent, je gardais des voitures et des armes pour des personnes peu recommandables..." Une kalachnikov, un pistolet 9 mm ainsi que de multiples téléphones et supports de carte SIM ont en effet été retrouvés chez lui. Il n'a pas fait attention en les manipulant, d'où les traces ADN. "J'ai été stupide et cupide..." "Mais vous savez donc qui les a utilisés ? Qui faisait partie de ce commando ?", demande le président. "Oui, mais je peux pas parler, j'ai peur pour ma vie et celle de ma famille."

Même son de cloche du côté d'Aziz, 27 ans, neuf mentions au casier. Cheveux bruns légèrement gominés, chemise noire impeccable, le prévenu, au passé de petit dealer  le deal il y a quelques années, se dit vendeur de voiture au noir depuis ses 18 ans. Si son ADN a été retrouvé sur la clef de contact d'une des voitures du commando, c'est parce qu'il l'a vendue deux semaines avant les faits. "A qui ?", interroge le tribunal ? "Si je vous dis ça, vous savez très bien que je vais avoir des gros problèmes."

Le procureur réclame entre 4 et 5 ans de prison

Bref, s'ils se retrouvent là, c'est à cause de leurs mauvaises fréquentations, de le passé trouble (entre une dizaine et vingt-trois mentions au casier suivant les profils) et de leur terrible naïveté.  "Mon avocat me suit depuis des années, vous pouvez lui demander, résume Brahim D., 32 ans, quand j'ai fait un truc, j'assume. Mais là, ça fait un an que je fais de la prison gratuit !" Pour le procureur de la République, ces explications alambiquées d'un "armurier amateur" ou d'un "garagiste dépositaire" démontrent "l'embarras des prévenus face aux éléments matériels". Pour lui, les preuves sont là. Il requière entre 4 et 5 ans de prison pour les quatre prévenus.