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Procès du directeur d'école de Cornier : le trauma des enfants "est considérable" selon un pédopsychiatre

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Premier jour ce mercredi du procès de l'ancien directeur d'école de Cornier (Haute-Savoie) à la cour d'appel de Chambéry, jugé en appel pour agression sexuelle sur 19 enfants. D'après un pédopsychiatre, le Dr Luis Alvarez qui suit trois des victimes présumées, leur trauma "est considérable".

Tribunal de Chambéry
Tribunal de Chambéry © Radio France - Xavier Grumeau

Rose* ressort "fatiguée, très fatiguée" de cette première journée d'audience. Sa petite fille est l'une des 19 victimes présumées de l'ancien directeur de l'école maternelle du Cornier en Haute-Savoie, jugé en appel à Chambéry après sa relaxe en première instance il y a deux ans. Ce mercredi 24 mars, différents experts appelés par la défense et par les parties civiles se sont succédés pour apporter leur expertise sur le témoignage des enfants. 

"Louis* demande systématiquement à ses parents avant d'aller aux toilettes, s'il n'a pas de jouet dans les fesses." - Dr Luis Alvarez, pédopsychiatre

Pour la première fois depuis leurs auditions en 2016, la parole des enfants plus construite et plus précise à leur âge aujourd'hui, a été entendue par la voix d'un pédopsychiatre. Le Dr Luis Alvarez suit trois des victimes présumées de l'ex-instituteur. Le médecin raconte la peur toujours présente aujourd'hui du petit Louis d’aller aux toilettes. "Le garçon demande systématiquement à ses parents de vérifier avant s’il n’a pas de jouet dans les fesses" explique le médecin. Des jouets, comme des couverts de dînettes introduits par maître Bruno d’après le garçon, explique le pédopsychiatre.

Les deux autres petites filles racontent elles au médecin leur calvaire dans cette salle de motricité : leur maître leur baisse le pantalon et "leur touche la zezette". Aujourd'hui âgée de neuf ans, Marie* ne veut plus être une fille. "C’est trop faible une fille" d'après elle, ajoute le psychologue "et c'est grave". Selon Luis Alvarez, leur trauma à tous est "considérable". Il ajoute qu'en 25 ans de carrière, "jamais, il n'a vu des enfants avec un syndrome post-traumatique aussi complet. Une vie, aussi défigurée". Si les yeux des parents dans la salle rougissent, pleurent, ceux de l'ancien directeur d'école restent vides et froids. 

Experts contre expert

Les deux experts de le défense qui publient à plusieurs reprises des travaux communs, Nicolas Rochat, docteur en psychologie sociale et cognitive et Samuel Demarchi, maître de conférences à l'université Paris VIII, démontent eux, ligne par ligne les auditions des enfants menées par les gendarmes en 2016. La critique est si virulente que les magistrats interviennent lors de l'intervention de plus d'une heure et demi du premier expert, expliquant à Nicolas Rochat qu'il est "sensé apporter un témoignage et non pas donner une conférence" à la cour, comme lui rappelle l'avocat général. Le second expert, présent lors du premier procès en 2019, détaille lui aussi ce qu'il considère comme de "graves" manquements dans la façon d'interroger les jeunes enfants : questions fermées, répétitions, contraintes sur l'enfant, ect. Mais au final, ce n'est pas cet argumentaire que l'on retiendra de cet excentrique psychologue. 

"Je me suis renseignée" attaque Samuel Demarchi, sortant de sa poche une brique en plastique rouge de type Lego. "Il faut quand même être bien détendu pour insérer ce jouet dans un anus, ou être dans un environnement très festif". Malaise. La remarque choque évidemment les parties civiles et la trentaine de parents présents dans la salle d'audience. Le maître de conférence sort de son champs de compétences.

"Les enfants racontent des choses vraies. Nous, on ne peut pas mettre dans la tête de nos enfants toutes ces choses !" - Rose, maman d'une victime présumée.

Malgré tout, c'est bien "quand le Dr Alvarez a lu ce que ma fille lui a dit qui a été le plus dur pour moi" explique Rose. "J'ai appris de nouvelles choses" à l'issu des consultations de la petite fille avec le pédopsychiatre raconte sa mère, "alors qu'elle m'avait déjà parlé". "À lui, elle a pu lui donner des détails, elle s'est libérée et ça c'est bien" admet dans la douleur la haut-savoyarde. 

Concernant les témoignages des experts de la défense, "on en a marre d'entendre dire qu'on a menti, que nos enfants ont été manipulés pendant les auditions" lance la maman. Rose rappelle "que ça fait cinq ans qu'on vit l'horreur, on aurait pas fait ça décemment pour eux comme pour nous". 

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*Les prénoms ont été modifiés.

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