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Faits divers – Justice

Procès du double meurtre d'Elise et Julien à Rouen : un accusé "manipulateur" et "narcissique"

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Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Mercredi, la troisième journée du procès pour le double meurtre Place de Pucelle à Rouen en décembre 2015, avait lieu à la cour d'assises de Seine-Maritime. Une audience dédiée à l'audition de témoins et au rapport d'une experte psychiatre, qui n'a pas décelé de maladie mentale chez l'accusé.

Troisième jour de procès ce mercredi devant les assises de Seine-Maritme
Troisième jour de procès ce mercredi devant les assises de Seine-Maritme © Radio France - Eric Turpin

Rouen, France

Lundi dans le procès du double meurtre d'Elise et Julien à Rouen, la cour d'assises de Seine-Maritime avait étudié la personnalité de l'accusé, Jean-Claude Nsengumukiza, puis mardi, le déroulement de la nuit de décembre 2015 où Elise et Julien ont été tués dans un appartement Place de la Pucelle à Rouen. Ce mercredi 3 avril 2019, dix témoins ont été entendus. Le rapport d'une experte a également apporté des précisions sur le profil psychiatrique de l'accusé.  

L'accusé n'a pas de maladie mentale 

Selon la psychiatre qui l'a rencontré en 2016, Jean-Claude Nsengumukiza, 38 ans, ne souffre pas d'une maladie mentale. Elle le décrit comme pouvant être "manipulateur", "narcissique", "calculateur" mais pas "psychotique". L'experte n'a détecté aucun "contexte délirant". "Il n'y a pas d'abolition ou d'entrave au discernement", estime-t-elle. 

Elle parle d'un homme qui a une grosse consommation d'alcool et de cannabis, sans que cela n’entraîne de pathologie mentale. La psychiatre n'a pas non plus trouvé chez l'accusé de "perversion sexuelle"

Impossible amnésie 

Pour se défendre, l'accusé dit être amnésique, ne plus se souvenir de ce qu'il s'est passé la nuit du 19 au 20 décembre 2015, lorsqu'il monte dans l'appartement d'Elise - ce que l'on voit sur les images de vidéosurveillance. 

Une amnésie de plus de 10 heures est-elle possible? Pas vraiment, estime l'experte. La perte de mémoire peut-elle être expliquée par la prise d'héroïne, quelques jours auparavant ? Pas sur une aussi longue durée, répond-elle.

La défense pas convaincue 

Ce rapport psychiatrique ne convainc pas l'avocate de la défense, Me Julia Massardier. Elle s'appuie sur un rapport d'expert lors d'un précédent procès, en 2009. A l'époque, ce spécialiste estimait que Jean-Claude Nsengumukiza souffrait de "troubles psychiatriques". Il les expliquait à l'époque par le passé difficile de l'accusé au Rwanda, traumatisé par les horreurs de la guerre et du génocide qu'il aurait vécu. 

Ce rapport de 2009 a été lu à l'audience, avant le rapport de la psychiatre. 

Dix témoins entendus 

Des témoins se sont succédé à la barre mercredi, pour apporter des précisions sur la nuit du drame. Des personnes qui ont croisé Jean-Claude Nsengumukiza, Elise et Julien, marchant ensemble dans la rue. Des voisins de l'immeuble qui ont entendu un cri, sans pouvoir identifier s'il venait d'un appartement ou de la rue. Un ami d'Elise, qui a découvert les corps, en passant par la fenêtre de l'appartement. 

D'autres témoins ont été entendus parce qu'ils connaissaient l'accusé avant les faits. Le patron d'un bar dans lequel il se rendait très régulièrement. Deux "amis" avec qui il passait des soirées en boîte entre novembre et décembre 2015. Une femme avec qui il "fleurtait" la semaine avant les meurtres et chez qui il avait dormi. Des avis différents, certains "lui faisaient confiance", tous le trouvaient plutôt "normal" malgré sa consommation excessive d'alcool et de cannabis.