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Faits divers – Justice

Deux morts dans un silo : prison avec sursis et amendes de 100.000 euros requises au procès de Cristal Union à Reims

vendredi 11 janvier 2019 à 17:44 - Mis à jour le vendredi 11 janvier 2019 à 22:23 Par Sophie Constanzer et Bénédicte Courret, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Le groupe sucrier Cristal Union était jugé pour homicide involontaire et pour blessures involontaires ce vendredi 11 janvier à Reims. Deux cordistes sont morts et un autre a été blessé dans un silo de l'usine marnaise de Bazancourt le 13 mars 2012.

Devant le palais de justice de Reims, "l'association des cordistes en colère".
Devant le palais de justice de Reims, "l'association des cordistes en colère". © Radio France - Sophie Constanzer

Bazancourt, France

Ils étaient quatre dans le silo, dont trois cordistes intérimaires quand l'accident est survenu le 13 mars 2012 dans un silo de l'usine Cristal Union à Bazancourt dans la Marne. Deux sont morts et un troisième a été blessé. Dans ce silo haut de 54 mètres, le plus important du site, les cordistes ont été ensevelis sous des tonnes de sucre

Devant le palais de justice de Reims ce vendredi 11 janvier, "l'association des cordistes en colère" (créée en décembre) est venue dénoncer la mort de leurs collègues sur le site de la sucrerie de Bazancourt en 2012, Arthur et Vincent, mais aussi la mort d'un autre cordiste sur le même site de production en 2017. 

Prison avec sursis requise contre les dirigeants 

Le deuxième groupe sucrier français, le groupe Cristal Union, était jugé ce vendredi 11 janvier 2019 à Reims pour homicides involontaires par la violation d'une obligation manifestement délibérée de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail, et pour blessures involontaires. Egalement poursuivie, la société Carrard Services qui employait les cordistes, à qui la justice reproche plusieurs manquements à la sécurité et à la formation. Le parquet a requis des peines d'un an de prison avec sursis pour le chef d'établissement de Carrard Services et huit mois de prison avec sursis pour le chef d'établissement de Cristal Union. Le parquet requiert également des amendes de 100.000 euros contre les deux dirigeants, et un placement sous surveillance des deux sociétés. 

Cristal Union et le prestataire se renvoient la responsabilité 

A la barre ce vendredi, la mère de Vincent l'un des cordistes morts, raconte les cauchemars depuis 7 ans : "je vois mon fils Vincent qui s'enfonce irrémédiablement, tiré vers le bas..." Et sans colère, elle ajoute "on voulait savoir QUI ! a fait une erreur". Or, le dirigeant de Cristal Union et le dirigeant du prestataire Carrard service se renvoient la balle. Malgré les "manquements multiples" relevés par l'inspectrice du travail lors de son enquête sur le site de Bazancourt après l'accident. 

Plan de prévention incomplet, moyens de communication mis à la disposition pour l'intervention insuffisants, absence de formation sécurité générale : énumère l'inspectrice du travail, qui souligne encore : "les cordistes ne savaient que les trappes d'évacuation du sucre étaient ouvertes au moment de l'intervention, or c'est la cause de la mort". Mais pour l'avocat de Cristal Union, c'est le prestataire qui gérait l'intervention et qui était responsable de la sécurité. Maître Neret qui explique que "les cordistes devaient rester corde tendue!", pointant du doigt ainsi implicitement les victimes elles-même. 

L'association des cordistes en colère s'est constituée pour dénoncer les accidents "à répétition".  - Radio France
L'association des cordistes en colère s'est constituée pour dénoncer les accidents "à répétition". © Radio France - Sophie Constanzer

En cinq ans trois morts, sur le site de Bazancourt, c'est un cimetière de cordistes -- Eric de l'association des cordistes en colère 

Ce qui fait bondir Eric Louis, de l'association des cordistes en colère. Oui il y avait du mou dans les cordes, puisque les cordistes étaient descendus de 40 mètres pour atteindre le tas de sucre. "Je défie quiconque d'enlever des blocs de sucre à la pioche, étant suspendu à une corde de 40 mètres, c'est IMPOSSIBLE", souligne ce cordiste qui a travaillé dans le silo où a eu lieu l'accident du 13 mars 2012. EtEric Louis parle d'un drame pour toute une profession : "en cinq ans trois morts, sur le site de Bazancourt, c'est un cimetière de cordistes". 

La décision du tribunal correctionnel de Reims sera rendue le 1er mars.