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Faits divers – Justice

Procès du jihadisme de Lunel : de deux à neuf ans ferme requis contre les cinq prévenus

mercredi 11 avril 2018 à 5:41 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Le procès des cinq Lunellois jugés pour terrorisme touche à sa fin devant le tribunal correctionnel de Paris. Des peines de deux à neuf ans ferme ont été requises ce mardi. C'est le dossier emblématique de ce qui a été appelé "la filière jihadiste de Lunel" (Hérault).

Un des 5 Lunellois arrêtés le 27 janvier 2015
Un des 5 Lunellois arrêtés le 27 janvier 2015 © Maxppp -

Lunel, France

Avant d'entrer dans le vif du sujet en détaillant ce qui est reproché à chacun de cinq prévenus, la procureure de la République a tenu à préciser que "personne ne comparait devant ce tribunal en raison de sa religion, le parquet ne fait pas d'amalgame. Personne n'est poursuivi pour de simples pensées" en précisant ces pensées sont ici accompagnées d'actes.

A l'issue d'un réquisitoire qui a duré près de deux heures, elle a demandé des peines allant de 2 à 9 ans de prison ferme.

Tous les cinq sont jugés depuis jeudi 5 avril devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes. Et deux d'entre eux doivent également répondre de financement d'une entreprise terroriste. Le procès se termine mercredi 11 avril.

Saad Belfilalia, 29 ans. 4 ans de prison dont 2 ans ferme requis contre lui

Son grand frère a été le premier à partir combattre en Syrie. Et il est mort là-bas. Ce que lui reproche la procureure c'est de lui avoir apporté son aide en connaissance de cause

En clair, Saad, Marocain, a récupéré 190 euros qu'il a transmis à sa belle-sœur, qui elle-même devait les ramener en Syrie pour les remettre au frère de Saad. Cette belle-sœur qu'il est allée chercher à l'aéroport, qu'il a emmenée au magasin pour acheter une liste de matériels (lampe-torche, lampe-frontale, chargeur) et qu'il a enfin ramenée à l'aéroport quand elle retournée en Syrie.

Il était au courant et il a quand même fait "l'intermédiaire".

Adil Barki, 39 ans. 6 ans de prison ferme avec 2/3 de sûreté requis contre lui

Adil, Franco-Marocain, a passé cinq semaines en Syrie. Certes il n'a pas combattu à cause de ses crises d'angoisses très violentes. Déclaré inapte par l'émir, il a été cantonné aux tâches d'intendance mais "ça constitue une aide au terrorisme" selon la procureure puisqu'il a rejoint une cellule terroriste. En l'occurrence Jaish-e-Mohammed, l'Armée de Mohamed.

Se pose également la question des intentions qu'il avait en se rendant là-bas. N'a-t-il pas lancé à son père avant de partir "Rendez-vous au paradis"?

Ali Abdoumi, 47 ans. 8 ans de prison ferme avec 2/3 de sûreté requis contre lui

Ali, Français, a quitté l'Hérault avec ses deux filles de 11 et 8 ans. Un voyage "dissimulé" estime la procureure puisqu'il n'a pas prévenu l'école. Lui, affirme qu'il est allé en Turquie rejoindre son épouse mais la magistrate n'a aucun doute sur le fait qu'il a rejoint l’État islamique pour "un séjour sur zone de quelques semaines". 

On en trouve la preuve dit-elle dans les conversations Skype qui ont été interceptées, les écoutes téléphoniques et surtout les déclarations de ses propres filles "qui diront qu'elles sont allées là-bas, qu'elles ont vu des vidéos de décapitations". Elle parleront également de bombardements et de pays en guerre.

Jawad Salih, 34 ans. 7 ans de prison ferme avec 2/3 de sûreté requis contre lui.

Jawad, Français, a eu beau minimiser son rôle pendant le procès, la procureure reste persuadée qu'il a eu "une influence majeure sur les Lunellois partis en Syrie". C'est lui qui animait les assises, ces réunions entre hommes avec débats religieux et prières. Plusieurs de ces hommes sont allés là-bas et ils y sont morts.

Il s'est "acharné à démontrer les bienfaits de l’État islamique", a fait l'éloge du jihad, sa radicalisation apparait dans de très nombreux message alors "comment peut-il ignorer que son discours et son positionnement ont été de nature à pousser les gens à partir?"

Hamza Mosli, 29 ans. 9 ans de prison ferme avec 2/3 de sûreté requis contre lui.

Ses deux frères sont morts en Syrie. "Personnage central, il a été en contact avec l'ensemble des Lunellois qui sont partis au jihad". Incollable sur tous les éléments de propagande de l’État islamique, Hamza, Franco-Tunisien, diffuse presque chaque jour des vidéos. "Dans toutes ses conversations téléphoniques, dans tous ses SMS, il justifie le jihad". 

"Un nombre incroyable de messages" et des témoignages révèlent une volonté incessante de faire adhérer les autres à l'idéologie jihadiste et à les pousser au départ, en sachant pertinemment ce qui se passait sur place. Et pour appuyer son propos, la procureure cite un témoin qui dira qu'après l'arrestation de Hamza "ceux qui étaient chauds pour y aller, ils sont redescendus en pression".

Ce mercredi, dernier jour du procès, la parole est aux avocats de la défense. Le jugement devrait être mis en délibéré.