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Faits divers – Justice

Procès du jihadisme de Lunel : la défense plaide la relaxe ou bien la clémence

jeudi 12 avril 2018 à 4:21 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Ce mercredi, au dernier jour du procès des cinq Lunellois jugés pour terrorisme, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe ou bien la clémence du tribunal correctionnel de Paris. La veille, des peines de deux à neuf ans ferme ont été requises. Le jugement sera rendu vendredi 13 avril.

Les 5 Lunellois seront fixés sur leur sort ce vendredi (illustration)
Les 5 Lunellois seront fixés sur leur sort ce vendredi (illustration) © Maxppp -

Lunel, France

Le premier à s'être levé pour demander la relaxe de son client est Me Joseph Hazan. Il plaide pour Saad Benfilalia, un des cinq prévenus jugés depuis jeudi 5 avril devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes. Deux d'entre eux doivent également répondre de financement d'une entreprise terroriste.

Saad Belfilalia

On lui reproche d'avoir transmis à son frère Karim, qui a ouvert la voie aux départ en Syrie en octobre 2013, la somme de 190 euros collectée par une tierce personne. L'avocat n'en démord pas : "190 euros, ça a du sens, 20.000 euros c'est pas pareil. On ne fait pas la guerre avec 190 euros!"

Alors puisqu'on est "loin d'un soutien logistique non négligeable" et que son client n'est même pas soupçonné de s'être radicalisé, Me Hazan ne voit pas pourquoi Saad serait jugé coupable. La procureure de la République a requis contre la peine la plus légère : 4 ans de prison dont 2 ans ferme.

Ali Abdoumi

Me Serge Money demande à son tour la relaxe pour son client, Ali Abdoumi contre qui la procureure a requis 8 ans ferme avec une peine de sûreté des 2/3 pour avoir séjourné en Syrie pendant "quelques semaines" avec ses filles de 11 et 8 ans.

Malgré des écoutes téléphoniques et des témoignages accablants, l'avocat est persuadé que son client dit vrai quand il affirme qu'il n'est allé qu'en Turquie. Selon lui rien ne prouve le contraire et donc, il n'y a aucune raison qu'il soit condamné.

Adil Barki

C'est celui qui est allé en Syrie, il y a passé cinq semaines, et il ne s'en est jamais caché. Sur place, il a été cantonné aux tâches d'intendance après avoir été déclaré inapte au combat par l'émir du groupe qu'il a rejoint fin 2013. 

Jaish-e-Mohammed, l'Armée de Mohamed, aujourd'hui considéré comme terroriste mais "il ne faut pas juger cet homme avec les yeux d'aujourd'hui" estime l'avocat d'Adil Barki en brandissant une note des services de renseignement français qui à, l'époque, en 2014, n'avaient pas encore classé cette cellule comme terroriste. Me Xavier Nogueras demande au tribunal de ne pas assortir une peine de sûreté à une éventuelle condamnation. La procureure a requis 6 ans de prison ferme.

Jawad Salih

Me Nogueras défend également Jawad Salih, accusé d'avoir incité des Lunellois à partir en animant des réunions religieuses au cours desquelles il faisait l'apologie du jihad. Plusieurs des participants à ces réunions sont allés en Syrie et ils y sont morts. Il est l'un des deux prévenus qui comparaissent libres.

Selon son avocat "le discours de Jawad à l'époque n'est pas soutenable mais ce n'est pas un incitateur". Il voit dans la radicalisation extrême de son client "non pas un fin en soi mais un moyen d'exister". et invoque les efforts qu'il a fait pour ne plus être le même homme.

A ce titre il implore le tribunal de ne pas le renvoyer en prison.

Hamza Mosli

C'est contre lui que la peine la plus lourde a été requise : 9 ans de prison ferme et 2/3 de sûreté. Il est présenté par les enquêteurs comme le personnage central du groupe. Le prosélyte, le recruteur.

Me Martin Pradel reconnait qu'il tenait à l'époque "un discours terrifiant", concède qu'il a glissé dans la radicalité comme "pris dans un engrenage" où les recruteurs deviennent des recrutés et vice-versa. Mais aujourd'hui Hamza Mosli n'est plus le même homme estime son avocat, "il n'est plus radical". Me Pradel ne demande pas au tribunal de tout pardonner à son client mais il espère "une peine juste".

Le jugement sera rendu vendredi 13 avril en début d'après midi.