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Procès du luthier accusé de viols à Belfort : il nie les faits et se dit victime de pression policière

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Au deuxième jour du procès du luthier belfortain accusé de viols et d'agressions sexuelles, une victime a livré sa version des faits. Elle a raconté les viols qu'elle aurait subi à partir de 10 ans. L'accusé s'est également exprimé : il rejette ces accusations.

La cour d'Assises du Territoire de Belfort et de Haute-Saône rendra son verdict ce jeudi
La cour d'Assises du Territoire de Belfort et de Haute-Saône rendra son verdict ce jeudi © Maxppp - Bruno GRANDJEAN

Depuis mardi, un luthier belfortain comparaît devant la cour d'assises du Territoire de Belfort pour viols et agressions sexuelles. A l'avant dernier jour du procès, l'audience a permis ce mercredi à la victime de viols de présenter sa version des faits. L'accusé s'est également exprimé et a nié ces accusations. Il encourt jusqu'à 20 ans de prison.

La victime de viol souffre de haut stress post-traumatique selon les psychologues

Pendant près de deux heures, devant les jurés, Jeanne* tente de maîtriser sa voix, tant bien que mal, lorsqu'elle détaille le récit glaçant de la journée du premier viol. Cette femme, âgée de 24 ans aujourd'hui, passée par des périodes d'anorexie, de boulimie, de passages en hôpital psychiatrique après des tentatives de suicide, avait 10 ans à l'époque des faits. 

Nous sommes en 2007, le luthier se trouve dans la rue du collège et la jeune élève de 6e se rend chez lui, seule, pour récupérer son archet chez ce professionnel qu'elle a déjà rencontré par le passé avec ses parents.

Cet homme de 25 ans, à l'époque, l'embrasse, prend la collégienne dans ses bras, avant de poser sa main sur son épaule pour la mettre à genou. Les mots "fellation, pénétration digitale et viols" sont prononcés. "J'ai pleuré et je suis sortie de mon corps". Elle raconte comment une sorte de routine, d'habitude, s'installe alors. Le luthier lui donne rendez-vous une fois par semaine, elle dit avoir de l'"affection" pour lui. La psychologue parle d'ailleurs de syndrome de Stockholm, de ceux qui se surprennent à sympathiser avec leurs preneurs d'otages.

L'accusé enlève sa chemise pour tenter de prouver son innocence durant l'audience

Quatre ans plus tard, l'accusé lui annonce qu'il ne "l'aime plus, qu'elle n'est plus à son goût".La victime estime que "c'était parce que mon corps changeait, à cause de la puberté". L'avocat de la défense met en doute sa parole, lui demande si elle se souvient du corps de l'accusé, lui demande si elle est capable de donner des détails de la chambre de son agresseur, ses particularités physiques surtout. Elle répond des "hernies", mais Me Jean-Baptiste Euvrard fait déshabiller son client et montre une cicatrice au dos. L'avocate de la victime, Me Amélie Beaumont s'emporte "On n'aperçoit qu'un pli dans le dos!"

Le luthier assure être accusé à tort

Le luthier prend alors la parole. D'emblée, il affirme que les propos de la victime sont "faux. Je ne l'ai jamais vue seule". Le président de la cour d'assises du Territoire de Belfort et de Haute-Saône reprend alors les procès-verbaux dressés lors de la garde à vue de l'accusé, en mars 2018, et où le suspect reconnaissait alors une partie des faits : "A l'époque, vous disiez par exemple que vous vous souveniez de la braguette ouverte de la victime". 

Lui assure être victime alors de pression policière : "J'ai été poussé par les policiers. On m'a dit que j'étais un menteur. Monsieur le policier voulait un coupable, alors j'ai dit ce qu'ils voulaient entendre". Au juge d'instruction, il dira pourtant "qu'il faut mettre les filles à l'abri de lui". L'accusé dit ne pas se souvenir. "J'aimerais comprendre pourquoi elle m'accusent à tort" ajoutet-t-il.

Près de 400 images pédopornographiques retrouvés sur son ordinateur

Le trentenaire fond en larmes lors de sa prise de parole en expliquant avoir été victime de viol dans son enfance, ainsi que sa sœur. Ce qui expliquerait selon lui sa consultation d'images pédopornographiques : "J'avais une peur viscérale de devenir comme mon père, alors j'ai voulu vérifier". Il assure n'avoir ressenti "aucun désir".

Le verdict doit être rendu ce jeudi.

*Son prénom a été modifié

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