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Dossier : Meurtre d'Adrien Perez

Procès du meurtre d'Adrien Perez : la vidéo qui accuse

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Mercredi, la cour d'assises de l'Isère a visionné les images des caméras de vidéosurveillance qui ont filmé la scène de rixe au cours de laquelle Adrien Perez a perdu la vie, le 29 juillet 2018. Les experts en ont tiré le maximum pour montrer le rôle de chacun des protagonistes.

Vue de la salle d'audience de la cour d'assises de l'isere
Vue de la salle d'audience de la cour d'assises de l'isere © Radio France - Véronique Pueyo

Quand la greffière lance le visionnage sur les écrans de la salle d'audience de la cour d'assises de l'Isère, chacun retient son souffle. On va enfin voir ce qui s'est passé au petit matin de ce funeste 29 juillet 2018, vers 5h30, devant la discothèque, le Phoenix, de Meylan. Voir cette scène de crime dont parlent les témoins et les accusés depuis trois jours.

Une scène d'ultra-violence

On regarde d'abord la scène de crime, brute, telle qu'elle est apparue aux enquêteurs au lendemain de la mort d'Adrien Perez. À l'époque, ils n'avaient pas encore les noms des meurtriers présumés, les frères El Habib, ni celui d'un troisième homme, Liam Djadouri. Des noms, dira le gendarme, que tout le monde connaissait, car c'était des habitués de la boîte de nuit, mais que personne n'osait prononcer "car ils faisaient peur" fera remarquer le militaire.

Et ces premières images que découvre la cour sont d'une grande violence, notamment de la part de Yanis El Habib, que l'on voit foncer d'un pas décidé vers Thibault Joffre, avec lequel il a eu une altercation, peu avant, dans le sas de la discothèque, pour un motif futile.

Yanis El Habib se déchaîne sur Thibault Joffre

Et là, c'est un déchaînement de coups de poing, de coups de pied, notamment dans la tête de sa victime qui tombe au sol. Sa compagne, Joséphine, qui n'hésite pas à se jeter dans la bagarre pour le défendre, se souviendra toute sa vie du terrible bruit du pied qui shoote dans la tête de Thibault, "comme dans un ballon de foot."

On voit ensuite Younès El Habib pointer son couteau (car c'est lui qui dit que c'est un couteau, on ne le distingue pas sur les images de faible qualité, ndlr) pour tenir en respect les amis de Thibault qui veulent lui porter secours. Mais Mathieu Porte n'en a cure et empoigne Younès El Habib. La rixe devient alors générale.

Une ronde macabre de corps enchevêtrés

Une ronde macabre, dans laquelle Yanis El Habib continue de frapper, y compris Joséphine. C'est le dernier d'ailleurs à frapper Adrien Perez, que l'on voit alors tituber, s'approcher de son ami Thibault, à terre, et s'effondrer sur lui, mort. Auparavant, hors champ des caméras, il est aux prises avec Younès El Habib. Pour son avocat, c'est à ce moment-là que le coup mortel aurait été porté mais, précise Maître Fort : "Younès pensait que son couteau ferait peur aux autres, afin que son frère se batte seul avec Thibault. Mais les autres se sont jetés sur lui, en particulier, Mathieu Porte et tout a dégénéré".

Maitre Julien Charle, du barreau de Lyon, défend Yanis El Habib
Maitre Julien Charle, du barreau de Lyon, défend Yanis El Habib © Radio France - Véronique Pueyo

La thèse défendue par l'avocat de Yanis El Habib est la suivante : "Mon client reconnait être à l'origine du déclenchement de la bagarre, il ne nie pas sa violence, mais il n'avait pas de couteau" martèle Maître Charle.

La mort en direct

Quoi qu'il en soit, les images d'une mort en direct sont terribles et parlent d'elles-mêmes. Les parents d'Adrien, qui ont déjà vu ces images, ont d'ailleurs préféré sortir de la salle, avant le visionnage. Leur avocat, Maître Dreyfus explique : "Oui, c'est la mort en direct, mais ce n'est pas un film, c'est la réalité. Un carnage pour lequel le juge d'instruction a retenu la co-action des deux frères. Je les regardais dans le box, ils baissaient la tête tandis que la sœur d'Adrien, Marjorie, restée dans la salle, affrontait, elle, cette vérité. Quel courage !"

Les parents d'Adrien Perez et leur avocat, Maitre Dreyfus
Les parents d'Adrien Perez et leur avocat, Maitre Dreyfus © Radio France - Véronique Pueyo

Des experts pour mieux comprendre

Un expert a été mandaté pour déterminer ce que chacun portait à la main. Pour Yanis El Habib, impossible de le dire, même si on le voit, après les coups, mettre sa main à la poche. Younès El Habib a dit, depuis le début, qu'il avait un opinel. Liam Djadouri, lui, semble porter des clefs de voiture. En tous cas, il reste en retrait de la bagarre, à part quelques coups de pied. C'est la raison pour laquelle la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble avait décidé de ne le poursuivre que pour violences aggravées.

Sept clips pour voir ce que chacun a fait

Un deuxième expert a, lui, réalisé un film chronologique des faits, de la sortie de la boite de nuit à l'arrivée du Samu, ainsi que sept clips où l'on voit ce que victimes et accusés font chacun durant ces 40 secondes où tout bascule. C'est tellement édifiant qu'aucune des parties n'a demandé à poser de questions aux experts. 

"Vous vous souviendrez de moi !" - Yanis El Habib

On voit aussi Yanis El Habib lever les bras en signe de victoire. On n'a pas le son, mais on sait, d'après les témoins, qu'il a eu cette phrase : "Vous vous souviendrez de moi, Yenzo !" avant de remonter dans la Smart de son ami Liam et de partir tranquillement. "Il avait l'air content de nous avoir mis une raclée" dira à la barre, l'une des victimes, Joséphine. Younès El Habib, lui, va se faire soigner la main dans la boîte de nuit avant de récupérer son scooter, garé dans l'enceinte de l'établissement et de quitter les lieux, tandis qu'un videur lui ouvre la grille. Il ne se rendra que 48 heures après. "Le temps de dire au revoir à mes parents" expliquera-t-il.

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