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Dossier : Meurtre d'Adrien Perez

Procès du meurtre d'Adrien Perez : Younès El Habib donne sa version des faits

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Par , France Bleu Isère

Le procès des meurtriers présumés d'Adrien Perez, le 29 juillet 2018, à la sortie de la boite le Phoenix, à Meylan, est entré dans sa deuxième semaine. L'audience d'hier a été consacrée à la version des faits de chaque accusé. Younès El Habib a pris la parole en dernier.

Maitre Guillaume Fort défend Younès El Habib
Maitre Guillaume Fort défend Younès El Habib © Radio France - Véronique Pueyo

Petites lunettes, cheveux courts, Younès El Habib s'exprime plutôt bien, d'une voix claire. Il dit assumer ses responsabilités depuis le début. Lui seul portait un couteau, lui seul a frappé Mathieu Porte et Adrien Perez. Son frère n'y est pour rien.

_"Je ne prends pas tout sur moi. Je ne suis pas prêt à gâcher une partie de ma vie pour lui.  _Je ne veux pas payer à la place de mon frère, mais juste payer pour ce que j'ai fait" dit Younès El Habib.

"Le premier qui touche à mon frère, je le découpe" - Younès El Habib

_"J'ai sorti le couteau pour protéger mon frère qui se battait avec Thibault Joffre, qui l'avait insulté. Je pensais faire peur. J'ai dit : Le premier qui touche à mon frère je le découpe. Mais Mathieu porte m'a sauté dessus. Je me suis retrouvé avec le t-shirt sur la tête, pour me dégager j'ai piqué à l'aveugle, je pensais viser les jambes, pas le cœur. _Je ne voulais pas tuer" raconte-t-il.

"Mais", insiste la présidente, "vous avez entendu le médecin légiste, qui a dit que le coup qui a tué Adrien Perez demande de la force. Vous avez senti une résistance ?"

"Non" répond Younes El Habib posément. "Aujourd'hui, je sais que pour protéger mon frère, j'aurais dû l'empêcher de se battre et moi, _je n'aurais jamais du sortir ce couteau." Un couteau que Younès El Habib dit avoir jeté dans une rue derrière la discothèque, mais qui n'a jamais été retrouvé, tout comme le t-shirt que Yanis El Habib portait lors de la bagarre. Il faut dire qu'ils se sont rendus, pour l'aîné 48 heures après et pour le cadet le lendemain.

Le public entre dans la salle d'audience
Le public entre dans la salle d'audience © Radio France - Véronique Pueyo

Excuses et regrets

Puis, il se tourne vers les parties civiles. "Je sais que vous ne pardonnerez jamais. Je n'ai aucune excuse. C'est sincère. _J'ai causé beaucoup de dégâts. Je m'excuse._" La famille Perez reste stoïque, le regard fixé sur la cour.

Dans la matinée, son frère, Yanis, avait lui aussi présenté ses excuses, encouragé en cela par l'avocat général, qui lui avait demandé s'il avait quelque chose à dire aux victimes.

Pour les parties civiles, ces excuses ne sont pas vraies et sont dictées par les avocats pour faire bonne figure devant la cour.

Liam Djadouri, en spectateur

Juste avant Younès El Habib, la cour a entendu Liam Djadouri, mis en examen pour violences aggravées sur Joséphine Oberlin et qui comparait libre, sous contrôle judiciaire.

Depuis le début de l'audience, Liam Djadouri, de nature plutôt nonchalante, comme il se décrit lui-même, se présente comme un spectateur de ce qui s'est passé ce jour tragique du 29 juillet 2018. "J'ai voulu défendre mes amis, je les sentais en danger. Je n'aurais pas dû, cela n'a servi a rien, vu qu'il y a eu un mort."

La salle d'assises où se déroule l'audience depuis déjà 7 jours
La salle d'assises où se déroule l'audience depuis déjà 7 jours © Radio France - Véronique Pueyo

Il maintient le mot accident, pour qualifier les faits

La présidente demande à l'accusé : "La semaine dernière, vous avez dit que c'était un accident. Diriez-vous la même chose aujourd'hui ?"

"J'ai dit le mot accident, je sais que cela a été mal pris, mais c'était dans le sens imprévisible, involontaire de leur part. Je connais les frères El Habib, c'est pas des tueurs."

Et il poursuit : "J'ai été très choqué, je ne comprends pas comment on en est arrivé là." raconte celui qui a rencontré, adolescent, les frères El Habib, en jouant au foot.

Il dit qu'il n'avait jamais vu Yanis El Habib dans cet état de nerf. "Pourquoi ne pas l'avoir calmé" interroge la présidente. "Je pensais que Younès s'en était chargé" rétorque-t-il.

Poursuivi pour des coups portés sur Joséphine Oberlin

Essaie-t-il de minimiser son rôle ? En tous cas, sur la vidéo, on le voit suivre Yanis qui se dirige vers le groupe d'Adrien, juste avant la rixe mortelle. Il range sa sacoche, comme s'il se préparait à la bagarre, il tient ses clefs de voiture à la main.

Puis, on voit l'accusé donner un coup de pied à Adrien Perez - "juste un coup de pied aux fesses d'un homme" dira son avocat, Maitre Ripert- on le voit tirer vers l'arrière Joséphine Oberlin qui tombe. La présidente pose des questions, fait préciser des choses.

Maitre Ripert, sans sa robe, lors d'une suspension d'audience, discute avec les avocats des parties civiles
Maitre Ripert, sans sa robe, lors d'une suspension d'audience, discute avec les avocats des parties civiles © Radio France - Véronique Pueyo

Maitre Ripert prend la présidente à partie

Et soudain, la voix puissante de Maitre Ripert retentit dans la salle d'audience. Sans se lever, il apostrophe la présidente : "Vous n'interrogez pas, Madame, vous accusez, à charge, comme un super procureur. Je ne l'admets pas !"

La présidente reste calme et la tension retombe. Liam Djadouri, comme indifférent à l'esclandre de son conseil,  reprend ses explications. Non, il n'avait pas vu que Younès avait un couteau sur lui. Quand il quitte  les lieux, il ne sait pas qu'il y a un mort.

Et quand, quelques heures plus tard, lui et son père rencontrent Yanis El Habib, qui ne s'est pas encore rendu. il dit : "ce n'était pas pour se concerter. C'était pour comprendre."

Aujourd'hui, place aux experts psychologues. Le réquisitoire est attendu jeudi; le verdict, vendredi 2 juillet.

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