Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Procès du meurtre de Bourganeuf : "je n'aurais jamais dû faire ça, mais c'était instinctif"

-
Par , France Bleu Creuse

Le procès d'un habitant de Bourganeuf jugé pour meurtre, s'est ouvert ce lundi 18 janvier aux assises de la Creuse. En novembre 2017, ce père de famille a tué une connaissance d'une vingtaine de coups de couteaux, après que celui-ci l'a attaqué. Au premier jour d'audience il a exprimé des regrets.

Le Tribunal de Grande Instance de Guéret (Creuse)
Le Tribunal de Grande Instance de Guéret (Creuse) © Radio France - Romain Berchet

Il est soupçonné d'avoir tué un homme de 21 coups de couteaux. Le procès d'un habitant de Bourganeuf, accusé de meurtre, s'est ouvert ce lundi 18 janvier aux assises de la Creuse. En novembre 2017, ce trentenaire a fait la connaissance d'un homme, dans un bar de la commune. Il lui a proposé de poursuivre la soirée chez lui. Sur fond d'alcool, l'invité serait devenu violent et aurait attrapé un couteau. L'accusé a réussi à le désarmer. Il l'a ensuite lardé de coups. Au premier jour d'audience, ce père de famille a exprimé des regrets. 

L'accusé estime avoir réagi "par instinct"

Comme pour tous les procès d'assises, l'audience a commencé par la lecture des faits : le récit de cette bagarre qui a conduit à la mort de la victime. Après quelques minutes les yeux de l'accusé se brouillent, derrière ses lunettes. Visiblement ému, le trentenaire s'essuie discrètement le nez, en soulevant son masque. 

Dès que la présidente de la cour lui demande s'il a quelque chose à rajouter, l'accusé précise, "je suis désolé pour tout ça." Au cour de ses dépositions, il n'a jamais varié : il reconnait avoir bu plusieurs bières dans son appartement, avec la victime ce soir-là. Mais rapidement le ton est monté. D'après plusieurs témoignages, l'invité aurait attrapé un couteau et l'accusé l'aurait désarmé et ensuite frappé. 

Le trentenaire ne se souvient pas du nombre coups de couteaux, qu'il a assénés . Les médecins légistes en comptent 21.  "J'étais en mode survie. C'était lui ou moi", tente d'expliquer le trentenaire, les épaules basses : "Mais j'aurais jamais dû faire ça", reconnait-il. Guillaume Viennois, son avocat, met en avant, la franchise de son client: "Il ne cherche pas à se soustraire à la gravité des faits qui ont été commis. Le fait qu'un homme soit mort par les coups qu'il a portés. Il le regrette. Pour lui, pour sa famille et pour la famille de la victime". 

Au cours de ce procès, il faudra répondre à plusieurs questions :  y avait-il intention de donner la mort? Le discernement de l'accusé était-il aboli? Puisqu'il assure ne plus se souvenir de la scène de la bagarre.

Une vie cabossée

L'audience s'est intéressée au parcours de vie de l'accusé. Les mains derrière le dos, dans son petit pull gris, le trentenaire évoque une enfance chaotique. Ses parents ont divorcé très tôt. Jusqu'à ses 12 ans, il a vécu chez sa mère, décrite comme autoritaire et violente. L'accusé est ensuite parti vivre chez son père : "là-bas il n'y avait pas de coup, mais mon père était tout le temps triste. Il buvait, fumait et a fait un infarctus quand j'avais 16 ans". L'accusé est resté vivre quelques années chez sa belle-mère. Mais à 19 ans, il a été poussé à partir et s'est retrouvé sans attache et sans diplôme

"C'était une dégringolade. C'était glauque."

Le jeune homme est alors devenu SDF. Il a vécu plusieurs années dans la rue. A cette époque, il consommait des drogues et de l'alcool. 

En 2008,il a été condamné pour une première bagarre qui rappelle celle d'aujourd'hui. Un autre SDF l'a agressé avec un cutter, mais il a réussi à le désarmer et l'a frappé, notamment à coups de pied. 

Un père de famille très attentionné

Peu après cette condamnation pour violence, l'accusé s'est repris en main. Il a trouvé un logement et a arrêté les drogues. Il a ensuite refait sa vie en Creuse, avec une compagne qui avait déjà trois enfants, et avec qui il a eu un fils.

D'après tous les témoins, l'accusé s'est épanoui dans son rôle de père de famille: " C'est lui, l'élément stable du couple. C'est un papa très attentionné", témoignent des proches interrogés pour l'enquête. Une experte psychologue estime d'ailleurs "qu'il a donné à ses enfants tout l'amour qu'il n'avait pas eu lui-même"

Le portrait de ce père de famille tranche avec les descriptions des enquêteurs qui sont intervenus au domicile de l'accusé le soir du drame. Ils y ont découvert "un cadavre qui baignait dans une marre de sang".  

L'accusé a été placé à la prison de Guéret depuis trois ans. C'est un détenu sans histoire. Il travaille aux cuisines de l'établissement et a gardé des contacts avec son fils et les garçons de son ex-compagne : "Je veux juste pouvoir sortir un jour et que mon fils soit fier de moi", conclut-il. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess