Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Procès du meurtre de Vivoin : placé face à ses contradictions, l'accusé se mure dans le silence

-
Par , France Bleu Maine

Au deuxième jour du procès du meurtre de Vivoin, l'accusé a refusé de répondre à l'interrogatoire de la cour. Après avoir répondu succinctement aux premières questions du président, il a fondu en larmes et a refusé de continuer à répondre, avant d'invoquer son droit au silence.

Un panneau indique la direction de la cour d'assises, au tribual judiciaire du Mans (Sarthe), le 25 mars 2021 (illustration).
Un panneau indique la direction de la cour d'assises, au tribual judiciaire du Mans (Sarthe), le 25 mars 2021 (illustration). © Radio France - Clémentine Vergnaud

Le procès du meurtre de Vivoin s'est poursuivi, jeudi 25 mars, devant la cour d'assises de la Sarthe. Un homme de 57 ans comparaît depuis mercredi pour meurtre sur personne vulnérable. Il est accusé d'avoir tué son beau-fils, un autiste de 22 ans, en juin 2018 dans cette commune du Nord-Sarthe. Lors d'une dispute familiale, il est entré dans un violent accès de colère et s'est acharné sur le jeune homme, qui est mort dans la nuit. Le lendemain, la famille avait fait croire à un malaise avant que la vérité ne soit découverte par les services funéraires et le maire de Meurcé où vivaient la femme et ses trois enfants. 

Au deuxième jour d'audience, le médecin légiste est venu présenter les conclusions de son rapport d'expertise. Puis, les parties civiles ont été entendues. Enfin, le président de la cour a démarré l'interrogatoire de l'accusé mais celui-ci s'est vite interrompu puisque l'homme de 57 ans a fait valoir son droit au silence.

Il n'avait rien fait ce gosse.

"On a vécu dans la violence", résume la mère de la victime. Sa fille confirme : "Dès qu'il était là, on avait la boule au ventre", raconte-t-elle. Tous les témoins et les membres de la familles décrivent un accusé impulsif : un jour, il plante une fourche dans la main du frère de la victime, un autre il cogne la tête de la fille contre une vitre, tellement fort qu'elle passe à travers. Tous décrivent un homme qui perd tout contrôle pour des choses "complètement ridicules", selon les mots de Sylan, le frère de Gwenn, la victime. Ce qu'il a fait ce soir-là, "c'est monstrueux", lance-t-il, déterminé. 

Bras croisé, regard dur, presque menaçant, l'accusé écoute. "Je vais te tuer", crie-t-il ce soir-là au jeune autiste. Des mots qu'il lançait souvent : "A force, on était habitués", raconte le plus jeune de la fratrie. Sauf que ce soir-là, les choses prennent une tournure beaucoup plus dramatique. Rémy P. n'en finit plus d'asséner les coups. "Plus je lui disais d'arrêter, plus il tapait", raconte la mère qui évoque la peur de cet homme, hier comme aujourd'hui. 

Placé face à ses contradictions, l'accusé nie, s'agace. "Que vous a-t-il fait pour mériter ça ?", le bouscule le président. "Il n'avait rien fait ce gosse", s'énerve Rémy P. avant de fondre en larmes et se rasseoir. Il ne dira plus rien et fera valoir son droit au silence. "C'est un sentiment un peu d'inachevé", regrette maître Paré-Duval, l'avocate de Sylan. "On aurait bien voulu avoir les explications de l'accusé mais en procédure, il s'est pas vraiment expliqué donc ça aurait été étonnant qu'on ait une autre version aujourd'hui", nuance-t-elle.

Une cinquantaine d'ecchymoses sur le corps

Le soir des faits, la victime a subi un "déferlement de violences", selon les mots de son frère, qui a tout vu et a dû passer la nuit à côté de son frère agonisant. Cette violence a été confirmée par la déposition du médecin légiste qui a réalisé l'autopsie du corps de Gwenn. Celui-ci évoque ainsi des coups d'une "haute intensité". "Le nombre et la profondeur des lésions rendent compte de la violence de l'agression", explique-t-il. 

En effet, les médecins ont recensé une cinquantaine de bleus partout sur le corps dont une quinzaine plus graves, avec du sang qui s'est infiltré dans les tissus. Les plaies sont situées sur tout le corps : à l’œil et l'oreille gauche, dans le cou, sur les bras, les lèvres, dans le dos, etc. 

La blessure la plus grave est une hémorragie au niveau du crâne sur 8,5 centimètres de diamètre : c'est cette blessure qui a causé la mort du jeune autiste. Le légiste écarte donc complètement la thèse accidentelle mais précise qu'avant de mourir Gwenn a agonisé pendant plusieurs heures dans le coma. "Si les secours avaient été appelés dès le début, on aurait pu faire quelque chose", affirme-t-il. 

Gwenn, lui, n'a pu appeler personne. Son corps ne présente d'ailleurs aucune marque de défense et pour cause : selon la psychiatre qui a examiné son dossier, son autisme l'en rendait incapable.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess