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Procès du meurtre de Vivoin : un accusé "instable, impulsif et intolérant à la frustration" selon les experts

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Par , France Bleu Maine

Le procès du meurtre de Vivoin s'est ouvert ce mercredi devant la cour d'assises de la Sarthe. La personnalité de l'accusé a été abordée. Les experts ont décrit un homme présentant une dangerosité élevée.

L'entrée de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration)
L'entrée de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration) © Radio France - Clémentine Vergnaud

Le procès du meurtre de Vivoin (Sarthe) a commencé mercredi 24 mars devant la cour d'assises de la Sarthe. Un homme de 57 ans est accusé d'avoir tué son beau-fils autiste en juin 2018, lors d'une dispute familiale. Pour la première journée du procès, la cour s'est longuement penchée sur la personnalité de l'accusé, dont le casier judiciaire fait état de 24 condamnations. Cet homme a déjà passé une dizaine d'années en prison. Les experts ont dressé le portrait d'un homme dangereux. 

Je ne fais pas les choses à moitié, en bien comme en mal 

A plusieurs reprises, les deux experts qui ont examiné Rémy P. évoquent une personnalité borderline, un état limite psychopathique : instable sur les plans professionnels et personnels, impulsif, intolérant à la frustration... Voilà les grandes lignes du portrait de l'accusé selon eux. "Je m'emporte vite, quand je m'énerve je cogne partout, y compris à mains nues", reconnaît l'homme de 57 ans devant la psychiatre lors de leur rencontre. L'experte confirme : il fait preuve d'une grande labilité émotionnelle, c'est-à-dire qu'il peut passer d'une émotion à l'autre très vite et les ressentir de manière très intense. Dans ces conditions, la moindre humiliation ou frustration - quelle soit réelle ou ressentie -  peut déclencher sa violence. "Je ne fais pas les choses à moitié, en bien comme en mal", confirme-t-il lors d'une expertise. Mais parfois, comme dans ce dossier, il est même incapable de dire ce qui a précisément été l'élément déclencheur

La violence exprimée par Rémy P. à plusieurs reprises (son casier comporte plusieurs condamnations pour ce type de faits) est exacerbée par son alcoolisme, notent le psychiatre et la psychologue qui l'ont rencontré. Et pour cause : l'accusé boit une quinzaine de bières et 2 à 3 litres de vin chaque jour. Selon les experts, son agressivité est expliqué par des carences majeures : il a été retiré à ses parents à l'âge d'un an et ne garde presque pas de liens avec eux ni ses frères et sœurs ; à peine majeur, il fuit la famille d'accueil dans laquelle il a grandi et devient SDF pendant trois ans. Son agressivité se manifeste au départ entre 6 et 10 ans, d'abord au sein d'un groupe. Au début de sa vie d'adulte, après des épisodes de rupture amoureuse ou la perte d'un ami, il passe plusieurs fois en hôpital psychiatrique et fait des tentatives de suicide. Finalement, il se marie à deux reprises et à chaque fois il divorce rapidement - un ou deux an plus tard. Il n'a presque aucun contact avec ses trois filles, issues de ces deux mariages, dont il ne s'est jamais occupé. 

La salle d'audience de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration).
La salle d'audience de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration). © Radio France - Clémentine Vergnaud

Pour autant il est capable de ressentir de la culpabilité notent les experts devant un accusé impassible, bras croisés, mains dans les poches ou accoudé au banc. Mais il se victimise aussi beaucoup : s'il ne garde pas ses emplois, c'est parce qu'il est à chaque fois victime d'un accident du travail non reconnu ; ses femmes, il les quitte parce qu'il dit les trouver au lit avec ses amis. Des amis d'ailleurs, l'enquêtrice sociale n'en trouvera aucune trace. "Il est isolé", confirme la psychiatre. Au vu de sa personnalité et de son casier judiciaire, les experts notent "des troubles graves de la personnalité et une dangerosité élevée"

Il m'en a fait voir des vertes et des pas mûres

Ces propos sont appuyés ensuite par deux témoignages accablants, apportés par l'ex-compagne de Rémy P. et son fils. Droit à la barre, le jeune d'une vingtaine d'années l'assure : il a "une haine pas possible" pour celui qui a fréquenté sa mère entre 2004 et 2005. A l'époque, le jeune homme à dix ans. Au début tout va bien, puis l'accusé s'installe chez eux : "Il est devenu méchant avec nous", raconte celle qui a partagé sa vie. "Il m'en a fait voir des vertes et des pas mûres", se souvient le jeune homme.

Comme après cette partie de pèche, durant laquelle l'accusé a cassé sa ligne. Il croit voir de la moquerie dans le regard de son beau-fils : il le soulève par le col, le frappe, sort le cran d'arrêt qu'il garde en permanence à la ceinture, le menace de mort. Une autre fois, l'accusé va même jusqu'à s'en prendre au chien de la famille, qui lui a pincé la main alors qu'il tentait de lui mettre de l'anti-puces. "Il l'a fracassé contre le bitume", dira la compagne. Finalement, elle réussit à le mettre dehors grâce à l'aide de ses voisins car elle en est incapable toute seule, trop apeurée par la perspective d'une vengeance. Mais plus de quinze ans plus tard, elle a toujours peur de lui. Son fils, lui, est affirmatif : "J'ai toujours su qu'il commettrait un meurtre."

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