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Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire Barbarin - Preynat

Procès du père Preynat : "Il y avait énormément d'enfants, je ne les agressais pas tous. Dieu merci !"

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu Isère, France Bleu

Au deuxième jour de son procès pour des accusions d'agressions sexuelles sur des scouts de la région lyonnaise, l'ancien prêtre Bernard Preynat reconnaît des pulsions sexuelles envers les enfants mais tente de minimiser les faits.

L'arrivée au tribunal de Lyon de l'ancien curé Bernard Preynat
L'arrivée au tribunal de Lyon de l'ancien curé Bernard Preynat © Maxppp - Maxime Jegat

Lyon, France

Le procès de Bernard Preynat, âgé de 74 ans, s’est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon. L’ancien prêtre est poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs commises de 1971 à 1991. Lors de la première journée, la parole a été donnée aux victimes présumées. Le prêtre défroqué a admis avoir des pulsions sexuelles envers les enfants, il leur a demandé "pardon".

"Il y avait énormément d'enfants, je ne les agressais pas tous. Dieu merci !" - Bernard Preynat

Au deuxième jour du procès de l'ex-curé Bernard Preynat au tribunal de Lyon, ce mercredi est consacré notamment à la personnalité de l'ancien homme d'Église accusé d'agressions sexuelles, commises pendant près de 30 ans sur des scouts de la région lyonnaise. Interrogé sur la manière dont il choisissait ses victimes, Bernard Preynat, qui a officié comme prêtre pendant douze ans à Cours-la-Ville (Rhône), a eu cette réponse : "Il y avait énormément d'enfants, je ne les agressais pas tous. Dieu merci !" 

Les lieux et le mode opératoire des agressions

Le père Preynat a été mis en difficulté par l'un des avocats des victimes, notamment quand il a dû raconter quel était son mode opératoire à l'époque. Ainsi, à propos de Stéphane Hoareau, l'une des victimes, il reconnaît qu'il a pu l'emmener dans son appartement, en face de l'église Saint-Luc, mais il nie les agressions en série sur de jeunes scouts qui attendaient leur tour dans l'escalier de l'appartement. "Je regrette", dit-il à propos de Stéphane Hoareau, "Je lui présente mes excuses"

"J'obtenais l'absolution, je prenais la résolution de ne plus recommencer et je retombais" - Bernard Preynat

En revanche, Bernard Preynat se veut catégorique quant aux lieux où se sont déroulées ces agressions. Il ne sévissait jamais à l'église, à la sacristie ou au catéchisme, précise-t-il. Le père Preynat se souvient également qu'il a révélé ces agressions à ses confesseurs successifs : "J'obtenais l'absolution, je prenais la résolution de ne plus recommencer, et je retombais." 

"Votre sacerdoce est-il une imposture ?", lui demande un avocat. "Ce n'était pas une imposture, mais un drame pour moi, mes victimes et un drame pour l'Église", répond-il.

Des caresses et la masturbation

"Il parle de caresses. Ma femme me caresse. Lui, c'était de la masturbation. Il me touchait comme un sauvage", s'indigne à la barre une victime de Bernard Preynat, jugé à Lyon pour de multiples agressions sexuelles sur des enfants. "Il me baissait mon short, me touchait le sexe, me masturbait, m'obligeait à me masturber et m'a demandé parfois de le masturber, de caresser son sexe... Il me retournait pour se frotter contre moi", explique mercredi devant le tribunal correctionnel Stéphane Hoarau, âgé de huit ans à l'époque des faits, ajoutant que ces abus s'étaient déroulés plusieurs fois dans la chambre de l'ancien homme d'église.  

"Il me baissait mon short, me touchait le sexe, me masturbait, m'obligeait à me masturber et m'a demandé parfois de le masturber." - Stéphane Hoarau, victime présumée

"Moi, j'avais confiance". Au début. Mais "je ne suis pas né sous une bonne étoile", souligne Stéphane Hoarau, placé à l'âge de quatre ans en famille d'accueil après avoir été déjà victime d'un prédateur sexuel dans son entourage familial. Il avait été inscrit par sa famille d'accueil chez les scouts du groupe de Preynat pour "le recadrer". Ce qu'il récolte ce sont des attouchements, des agressions sexuelles répétées. Il portera plainte en avril 2016 après de longues années de silence. Après les scouts, s'en suivront d'autres galères, familles d'accueil, foyer, foyer de jeunes travailleurs et "mise à la rue" à dix-huit ans à peine.  

Depuis, "je me suis marié". "J'ai des enfants mais j'ai beaucoup de mal à les toucher", reconnaît-il, attribuant ses difficultés à les câliner au traumatisme vécu dans son enfance, sous l'emprise du "père Bernard". "Ces réticences, il y a un lien de cause à effet avec ce qui m'est arrivé".  

Anthony Gourd, victime de Bernard Preynat et partie civile, au troisième jour du procès de l'affaire Bernard Preynat au tribunal correctionnel de Lyon. - Maxppp
Anthony Gourd, victime de Bernard Preynat et partie civile, au troisième jour du procès de l'affaire Bernard Preynat au tribunal correctionnel de Lyon. © Maxppp - -

Les traumatismes des victimes

Une autre victime témoigne d'horribles "flashes" quand elle change les couches de ses jumeaux, des petits garçons de deux ans.  "Parfois, quand suis amené à les changer, des visions me reviennent. Des craintes me reviennent", raconte la voix étranglée Stéphane Sylvestre qui a déposé plainte en 2015. "Alors que changer un enfant, c'est très loin des caresses sur le sexe" de Preynat. Mais "j'avais peur de devenir moi-même un agresseur".  

"A l'époque, j'avais l'impression d'être la seule victime" - Bernard Preynat

Il se souvient des attouchements de l'ex-prêtre sur son sexe, notamment dans les bureaux du premier étage de l'église Saint-Luc. Quand Preynat l'agressait, "il pouvait parler de scoutisme, complètement en décalage avec ce qu'il me faisait. Je dis ça maintenant avec ma vision d'adulte", relève Stéphane Sylvestre.  "J'ai voulu quitter les scouts et quand j'ai pu enfin en partir, je me suis adossé et écroulé le long du mur.

Ses parents s'en étonnent et Stéphane parle enfin : "Un homme m'a caressé, il a mis sa main dans mon short". Heureusement, "mes parents m'ont cru aussitôt et ça m'a beaucoup aidé". "A l'époque, j'avais l'impression d'être la seule victime".  Quand on est abusé, "on est un pantin dans un corps qui ne nous appartient plus", dit-il, la gorge serrée. 

Dix parties civiles, sur 35 victimes entendues pendant l'enquête, sont constituées au procès, beaucoup de faits étant frappés de prescription. L'une des victimes parties civiles, Frédéric Sarrazin, ne s'est pas présenté à l'audience.  

Matthieu Farcot (gauche), victime de Bernard Preynat et partie civile, accompagné de son avocat Me Jean Boudot, au troisième jour du procès de l'affaire Bernard Preynat au tribunal correctionnel de Lyon. - Maxppp
Matthieu Farcot (gauche), victime de Bernard Preynat et partie civile, accompagné de son avocat Me Jean Boudot, au troisième jour du procès de l'affaire Bernard Preynat au tribunal correctionnel de Lyon. © Maxppp - -
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