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Procès du meurtre d'Adrien Perez : la cour a examiné la personnalité de deux des trois accusés

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Depuis ce 21 juin, les frères El Habib comparaissent pour le meurtre d'Adrien Perez, 26 ans, le 29 juillet 2018 à la sortie d'une boîte de nuit de Meylan, pour tentative de meurtre sur Matthieu Porte et violences aggravées sur un couple; tandis que Liam Djadouri comparaît, libre, pour violences.

La salle d'audience où se déroulent les débats La salle d'audience où se déroulent les débats
La salle d'audience où se déroulent les débats © Radio France - Véronique Pueyo

La cour a examiné, en ce premier jour d'audience, la personnalité de Liam Djadouri et de Younès El Habib. Ce sont deux des trois accusés dans ce procès pour meurtre qui vient de s'ouvrir devant les assises de Grenoble, ce lundi.

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Liam Djadouri, un jeune sans histoire, selon ses proches

Liam Djadouri est un enfant de Saint-Martin-d'Hères où ses parents tiennent un café, depuis 20 ans. Quatre témoins se succèdent à la barre pour parler de ce jeune sans histoire, passionné de foot. C'est d'ailleurs en jouant au foot, qu'il a rencontré les frères El Habib, avec lesquels il est devenu ami quand il avait 14 ans. 

Il aidait ses parents dans leur commerce et n'hésitait pas, l'été, à travailler comme ripper pour se faire de l'argent de poche. Il aimait aussi faire la fête au Phoenix, la discothèque de Meylan, qu'il fréquentait, presque tous les week-ends, avec les frères El Habib. "J'aime bien danser, écouter de la musique et draguer" dit-il

"Liam s'est retrouvé au mauvais moment, au mauvais endroit" - Mohamed Gafsi

Sa mère, surtout, veillait à son éducation. "__On m'a inculqué les valeurs de respect, de gentillesse, de politesse" souligne-t-il, d'une voix posée. Mohamed Gafsi, chef d'entreprise et ex-élu martinerois, est venu dire à la cour que jamais Liam n'aurait dû se retrouver là. "Il était au mauvais moment, au mauvais endroit" lance-t-il d'une voix forte. "C'est un jeune qui a un avenir, il fait des études de commerce à Lyon et veut travailler plus tard dans l'évènementiel sportif."

La présidente de la cour d'assises de l'Isère se tourne alors vers Liam Djadouri. "Mais vous avez quand même des défauts ?" lui demande-t-elle.

"Oui, je suis fainéant, je manque de rigueur et je suis renfermé. Mais depuis l'accident, je vois une psychologue qui m'aide beaucoup."

L'avocat général prend alors la parole. _"Vous parlez d'accident, mais vous n'êtes pas sans ignorer que vos amis, les frères El Habib, sont poursuivis pour meurtre et tentative de meurtre" _s'interroge le magistrat.

Liam Djadouri ne se démonte pas et rétorque : "pour moi, c'est un accident. Ils ne voulaient pas tuer, je les connais, je me connais."

Le Phoenix, à Meylan, où s'est déroulé le drame, le 29 juillet 2018 © Radio France - Véronique Pueyo

Younès El Habib, le grand frère protecteur

D'ailleurs, c'est la thèse développée, dès l'ouverture de l'audience, par Younès El Habib qui affiche la couleur. "J'ai tué Adrien Perez et failli tuer Matthieu Porte, je suis responsable. Les autres n'ont rien à voir là-dedans, mais je ne voulais pas ce qui est arrivé."

Younès El Habib, un enfant battu par son père

Cheveux courts, fines lunettes, l'accusé s'exprime avec facilité. Au fil des témoignages, on apprend qu'enfant et adolescent, Younès, l'aîné d'une fratrie de cinq, a été maltraité par un père violent, qui frappait aussi sa femme. Younès fugue, décroche au niveau scolaire. C'est là qu'il rencontre une enseignante qui essaie de l'aider et qui est venue déposer à la barre. Très émue, elle se souvient "d'un jeune au cœur en or". "En 15 ans de carrière, c'était la première fois que je donnais mon numéro de téléphone à un élève pour qu'il m'appelle en cas de besoin" se souvient-elle.

Son ancien entraineur de foot dit qu'il sortait du lot, par sa maturité et son altruisme. La gérante d'un bar à chicha où il a travaillé parle aussi d'un garçon très bien. "Je ne comprends pas comment il en est arrivé là. Il était toujours calme, en toute circonstance.__" Une ancienne collègue, qui l'a connu comme client au Phoenix, puis qui a travaillé avec lui à la Mare au diable, à Saint-Martin-d'Uriage, dit que c'est un gentleman. "C'est une crème, je ne sais pas quoi dire d'autre !"

"Je ne suis pas une racaille" - Younès El Habib

"Ç_a me touche qu'on dise du bien de moi, alors que depuis trois ans on me présente comme une racaille_" conclut Younes El Habib, qui affirme bien se comporter en prison et avoir renoué les liens avec son père. "En étant strict, il voulait nous protéger du quartier." Le père, devenu médiateur culturel, avait fait de la prison et voulait que ces fils restent dans le droit chemin, en étant autoritaire et en instaurent de nombreux interdits. Un signalement avait été fait par l'école de Younès et sa mère avait déposé plainte, avant de reprendre la vie conjugale.

Un couteau dans la poche depuis six mois, parce qu'il était menacé

À la question, pourquoi avait-il un couteau dans la poche, il explique : "Ma tante et mon cousin ont été agressés, je ne sais pas pourquoi. Mon cousin a pris un coup de couteau dans le thorax. Il a failli mourir. On m'a fait comprendre que j'étais moi aussi menacé. Alors, j'ai déménagé et ma famille m'a conseillé d'avoir un couteau sur moi, pour me défendre au cas où."

Les parties civiles écoutent sans broncher

Sur le banc des parties civiles, les parents d'Adrien Perez ne bronchent pas, ils regardent droit devant eux. Mais, il leur est sans doute difficile d'entendre dire que Younès El Habib a un cœur en or, alors que celui de leur fils s'est arrêté à tout jamais.

Mardi, la cour examinera la personnalité de Yanis El Habib, avant d'entendre dans l'après-midi les directeurs d'enquête.

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