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Faits divers – Justice

Procès du squat de migrants à Saint-Étienne : "Ce n'est plus un délit de solidarité, c'est un délit d'humanité !"

jeudi 14 juin 2018 à 17:30 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire

Deux Français et trois Roumains étaient jugés à Saint-Étienne ce jeudi, soutenus par une centaine de personnes devant le tribunal. On leur reprochait d'avoir détruit la porte d'un immeuble abandonné en novembre 2017, pour abriter des migrants roumains vivant à la rue. Verdict le 5 juillet.

Une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal pour soutenir les cinq prévenus.
Une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal pour soutenir les cinq prévenus. © Radio France - Noémie Philippot

Saint-Étienne, France

Une centaine de personnes se sont rassemblées ce mardi vers 12h30 devant le tribunal de Saint-Étienne. Un rassemblement en soutien à deux Français et trois Roumains, accusés de destruction du bien d'autrui en réunion. Le 1er novembre 2017, ils ont forcé la porte d'un immeuble vide, insalubre, de la rue Tarentaize pour y abriter plusieurs familles de migrants roumains du froid et de la pluie. 

Une action pour porter "assistance à personnes en danger"

L'un des prévenus français, un militant du collectif "Agir ensemble" reconnaît avoir fourni les outils et explique qu'il "apportait une certaine garantie" aux migrants roumains alors qu'ils tentaient d'entrer dans l'immeuble. La deuxième, une femme travaillant pour le planning familial, explique être "venue en soutien à ces familles" mais ne pas avoir "commis de dégradations". Tous les deux motivent leur action par l'assistance à personne en danger. 

Sur les trois hommes roumains, âgés de 20, 23 et 34 ans, deux seulement sont présents. Ils reconnaissent s'être relayés pour essayer d'ouvrir la porte avec différents outils, mais parlent surtout de leur situation : la pluie, le froid, la vie sous les tentes, leurs enfants malades et hospitalisés. 

"Ce n'est plus un délit de solidarité, c'est un délit d'humanité !" - David Letiévant, avocat des trois prévenus roumains

"On comprend vite qu'il y a un enjeu social, des questions qui dépassent la justice" déclare le procureur de la République alors qu'il entame ses réquisitions. Petit à petit, il vide les chefs d'accusation de leur substance : oui la porte est abîmée, mais d'une part il n'y a pas de procès verbal de la police concernant les dégradations, d'autre part, l'immeuble appartient à la mairie de Saint-Étienne. Il a été déclaré insalubre en 2014, et un avis de démolition déposé en octobre 2017, "alors la portée du préjudice est résiduelle". Il finit par requérir une dispense de peine, "parce qu'on ne peut pas encourager le squat et ce n'est pas la solution au problème."

Les quatre avocats de la défense demandent la relaxe des cinq prévenus. L'avocate de l'employée du planning familial motive sa demande en questionnant : "Qu'est-ce que la justice a à y gagner ? Quel intérêt si ce n'est décourager un acte solidaire ?" Alors que le procureur a tenu à marquer la distinction entre décision juridique et sujet politique dans cette affaire, l'avocat des trois prévenus roumains souligne qu'au contraire, ce procès aura forcément une portée politique, avant de lancer : "Ce n'est plus un délit de solidarité, c'est un délit d'humanité !" en rappelant les conditions de vie de ces familles. 

Le jugement a été mis en délibéré. Le verdict sera rendu le 5 juillet prochain.