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Faits divers – Justice

Procès du traiteur "Le Kaïsse" : des excuses face à la colère des victimes

mardi 5 décembre 2017 à 21:46 - Mis à jour le lundi 22 janvier 2018 à 16:04 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère et France Bleu Saint-Étienne Loire

L'ancien traiteur, qui avait annulé des dizaines de mariages en 2015, a fait face à ses victimes ce mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. Il a expliqué qu'il avait été débordé par la situation. Sans pour autant convaincre les parties civiles qui elles parlent d'escroquerie.

De nombreuses victimes étaient présentes dans la salle d'audience
De nombreuses victimes étaient présentes dans la salle d'audience © Radio France - Mathilde Montagnon

Saint-Étienne, France

Le délibéré sera rendu le 23 janvier 2018. Le tribunal correctionnel de Saint-Étienne s'est penché le mardi 5 décembre sur l'affaire du traiteur Kaïsse, ce traiteur basé à Génilac dans la Loire qui organisait des mariages dans toute la région Rhône-Alpes. Il a mis la clef sous la porte en mai 2015, annulant des dizaines de mariages qui pourtant avaient déjà été payés, parfois entièrement. Le Procureur de la république a requis deux ans de prison avec sursis, cinq ans d'interdiction de gérer et trois ans d'interdiction d'émettre des chèques.

Gestion douteuse

L'ancien traiteur, un homme de 41 ans, redevenu enseignant en collège, explique qu'il a été pris dans une spirale : en avril 2015, plusieurs chèques de clients sont rejetés par la banque. Par ailleurs, un couple décide d'annuler sa cérémonie de mariage au dernier moment. Il se retrouve à sec et prend peur. Le couple en question, voulant être remboursé, le menace de mort et vient même jusque devant chez lui à Génilac. Le traiteur s'enfuit avec sa femme et ses quatre enfants, il dépose le bilan et sa société est rapidement mise en liquidation judiciaire.

Après avoir écouté l'ancien traiteur, Lazare, son père et son épouse Fatima restent sceptiques

Le problème c'est que cela faisait plusieurs mois, plusieurs années que la gestion de traiteur Kaïsse était bancale. Les acomptes du jour servaient à payer les mariages passés. Il n'y avait aucune trésorerie, pas de véritable comptable et le gérant est interdit bancaire depuis 2013. Le prévenu, également à l'époque principal-adjoint dans un collège de Firminy, raconte qu'il avait des journées de fou. Qu'il s'est laissé déborder. Et conteste toute intention frauduleuse.

Les parties civiles ont le sentiment d'avoir été escroquées

Des victimes criblées de dettes

De nombreux couples étaient présents à l'audience pour raconter leur histoire. Ils ont le sentiment d'avoir été escroqués. Les victimes parlent d'un "même mode opératoire". Le traiteur leur vend un mariage de rêve à un prix attractif. Puis il demande des acomptes, en argent liquide, ou par chèque, sans ordre (comme il est interdit bancaire). Le traiteur est poursuivi pour "banqueroute, soustraction, usage et falsification de chèques et pour travail dissimulé". 

"On parle de banqueroute mais pour moi c'est de l'escroquerie affirme l'une des parties civiles. Je suis sûre que quand il a pris le premier chèque il savait déjà qu'il ne ferait pas le mariage". Toutes les victimes racontent qu'il a gâché le plus beau jour de leur vie. Certaines en sont tombées malades. D'autres croulent sous les dettes depuis. "De le voir dans la salle j'ai la haine qui remonte" lâche une jeune femme. "Depuis ce matin il fait le beauseigne, s'énerve une autre. Mais les victimes, c'est nous".

Les explications de Mathilde Montagnon