Faits divers – Justice

Procès du "tueur de l'Essonne" : Yoni Palmier condamné à la prison à perpétuité

France Bleu Paris Région jeudi 16 avril 2015 à 18:38 Mis à jour le jeudi 16 avril 2015 à 18:58

La salle d'audience des assises de l'Essonne, à Evry
La salle d'audience des assises de l'Essonne, à Evry © MaxPPP

Après trois semaines de procès, ce jeudi aux assises d'Evry, la cour a condamné Yoni Palmier, 36 ans, à la réclusion perpétuelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Surnommé le "tueur de l'Essonne", il a été reconnu coupable de quatre assassinats commis entre novembre 2011 et avril 2012.

Le verdict est tombé en début de soirée : Yoni Palmier est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans , et suivie d'un placement en rétention de sûreté, pour que "sa dangerosité soit réexaminée tous les ans" , à l'issue du procès dit du "tueur de l'Essonne". C'est la plus lourde peine prévue par le code pénal pour ce type de faits, conforme aux réquisitions de l'avocat général. 

Au terme des trois semaines de débats à la cour d'assises d'Evry (Essonne), avant la réquisition de l'avocat général, Yoni Palmier, 36 ans, a simplement affirmé qu'il n'avait "rien à dire " . Tout au long du procès il a maintenu qu'il n'était pas le "Tueur de l'Essonne" : il est en effet accusé d'être à l'origine de quatre assassinats commis entre novembre 2012 et avril 2012 dans l'Essonne. Tout au plus a-t-il reconnu une "reponsabilité" dans le premier meurtre, celui de Nathalie Davids ; mais rien pour les trois autres, ceux de Jean-Yves Bonnerue, Marcel Brunetto et Nadjia Boudjemia.

"Théorie du regroupement"

Expliquant sa réquisition, la représentante du ministère public Béatrice Angelelli a affirmé avoir "tous les éléments à cherge qui mettent en exergue la signature unique du criminel ". Et en particulier le mode opératoire, similaire pour tous les crimes, ainsi que les traces ADN, les siennes, retrouvées sur l'arme qui a servi pour chaque meurtre.

L'avocate générale a en outre affirmé ne pas croire à la "théorie du regroupement" avancée par Yoni Palmier, selon laquelle "des gens " l'auraient vengé, pour les agressions qu'il a subies durant son enfance.

Une décision qui "lui ouvrira une porte" ?

Du côté de la défense, si les avocats de Yoni Palmier ont affirmé ne pas savoir eux-mêmes qui il était vraiment, ils ont toutefois affirmé que "quand il invente, c'est toujours à partir de quelque chose", rappelant que "certains témoins ont dit avoir vu un blanc ", alors que Yoni Palmier est noir de peau. "La cour d'assises déforme les gens " , a ajouté Me Julien Fesnault, pour humaniser le regard noir de son client.

Les avocats ont demandé aux jurés de prendre une décision qui "ouvrira une porte " à Yoni Palmier, sinon, selon eux, "on ne pourra pas le sortir de ce qu'il est ".