Faits divers – Justice

Procès : le tueur à la hache écope de la réclusion criminelle à perpétuité

Par Yassine Khelfa M'Sabah et Jérémie Pignard, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu jeudi 15 octobre 2015 à 15:10

Deux fils de la victime entourés de leurs avocat Me S. Arnaud et Me T. Moser
Deux fils de la victime entourés de leurs avocat Me S. Arnaud et Me T. Moser © Radio France - Yassine Khelfa

Les jurés de la cour d'assises de Vesoul ont condamné ce jeudi après midi Mohamed Faleh à la réclusion criminelle à perpétuité. Il était accusé d'avoir tué à la hache un patron de café à Sochaux en 1998. Bien que son ADN ne figure nulle part, le doute n'est pas permis selon les parties civiles.

Le verdict est donc tombé ce jeudi après-midi dans le procès du "tueur à la hache" devant la cour d'assises de Vesoul. Mohamed Faleh écope de la réclusion criminelle à perpétuité. L'avocat général avait déjà requis la même peine * l'encontre de l'ancien ouvrier de Peugeot accusé d'avoir tué un patron de bar à Sochaux en 1998. "Atroce, acharnement, cruauté", les mots choisis par l'avocat général sont sans appel. Il décrit un crime prémédité et la préparation d'un véritable guet-apens.

La hache et le couteau, "une signature" selon l'avocat général

Plus tôt dans la matinée, les avocats des parties civiles ont mis en avant plusieurs pièces pointant selon eux la culpabilité de Mohamed Faleh. Parmi ces indices, l'arme du crime ou plutôt les armes : une hache et un couteau. Des instruments déjà utilisés par l'accusé dans d'autres affaires dont deux assassinats en 1995 et 1999 et une tentative de meurtre en 1999. "On n'est pas loin d'une signature" relève même l'avocat général. Me Sandrine Arnaud tente elle de démontrer qu'en tant que fils d'agriculteur, monsieur Faleh sait manier une hache. Certes, aucune trace ADN du tueur présumé n'a été retrouvé, "mais ce n'est pas parce que vous n'avez pas de preuve scientifique que vous ne pouvez pas avoir d'intime conviction" lance Me Arnaud aux jurés.

"Le doute n'est pas permis" Me Moser, avocat des parties civiles

Les avocats des parties civiles Me Thierry Moser et Sandrine Arnaud - Radio France
Les avocats des parties civiles Me Thierry Moser et Sandrine Arnaud © Radio France - Yassine Khelfa

Me Thierry Moser au micro France Bleu Belfort-Montbéliard de Yassine Khelfa

L'un des avocat des parties civiles Me Moser pointe également l'emploi du temps de Mohamed Faleh, la similitude dans le mode opératoire avec les autres crimes commis, les confidences qu'il aurait fait à certains codétenus, sa personnalité "inquiétante"... et le mobile du crime. "Il est simple, la victime M. Sellami a plein de maîtresse et il a beaucoup d'argent" argue Me Arnaud. Or le soir du décès de la victime, "M. Faleh rembourse une dette de jeu alors qu'il n'a jamais les moyens... avec un billet de 500 francs !" appuie l'avocat général. 

Autant de "pièces de puzzle" qui pèsent contre l'accusé, "le doute n'est pas permis" martèle Me Moser. La défense, elle, note l'absence de preuves formelles. Selon Me Catherine Bertholde, le réquisitoire dépend malheureusement beaucoup des précédentes condamnations de son client. 

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