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Faits divers – Justice DOSSIER : Le procès AZF

Procès AZF : 15 mois de prison avec sursis pour l'ex-directeur et amende maximale pour Grande Paroisse

mardi 31 octobre 2017 à 13:58 - Mis à jour le mardi 31 octobre 2017 à 21:30 Par Jean-Marc Perez et Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

La cour d'appel de Paris a rendu ce mardi son jugement dans le 3e procès de la catastrophe d'AZF. Serge Biechlin, l'ancien directeur du site, est condamné à 15 mois de prison avec sursis. Grande Paroisse, la filiale de Total, écope de l'amende maximale de 225 000 euros.

Cour d'appel de Paris
Cour d'appel de Paris © Radio France - Vanessa Marguet

Toulouse, France

Les juges de la cour d'appel de Paris ont suivi partiellement les réquisitions du 3e procès de la catastrophe d'AZF. La cour condamne Serge Biechlin, l'ancien directeur du site, à 15 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire et 10 000 euros d'amende. Le parquet avait requis trois ans avec sursis et 45 000 euros.

Grande Paroisse, la filiale de Total, propriétaire de l'usine, est condamnée à l'amende maximale de 225 000 euros.

La "citation directe" de la maison mère Total a été rejetée par la cour. Total, qui n'était pas sur le banc des prévenus, n'est donc pas condamné.

Un accident chimique

La justice a considéré que l'ex-directeur Serge Biechlin comme l'entreprise Grande Paroisse ont été coupables de "négligences" et de "fautes caractérisées" ayant rendu la catastrophe possible. La cour a reconnu la thèse de l'explosion chimique accidentelle due à un mélange de produits incompatibles.

C'est un des points très importants de cette condamnation pour Stella Bisseuil, l'avocate de l'association des familles endeuillées. Pour elle, la cour a "identifié clairement la cause de l’explosion et a fait taire les fausses rumeurs avancées par la défense".

"Les directeurs d'usines seront sans doute plus exigeants à l'avenir, sachant les risques qu'ils encourent" - Stella Bisseuil

Pourvoi en cassation

Les avocats de l'ancien directeur du site et de Grande Paroisse ont aussitôt fait connaître leur intention de se pourvoir en cassation. "Nous allons nous pourvoir en cassation. Il n'y a pas de preuve dans ce dossier : pas de preuve d'un attentat, mais pas de preuve non plus des négligences dont nous parle la Cour d'appel. En l'absence de preuve, on ne condamne pas", a déclaré maître Soulez Larivière.

"Ils n'ont pas de preuve. Si on peut condamner sans preuve, simplement parce qu'on pense que, ce n'est pas un état de droit" - Maitre Soulez Larivière

Ce jugement intervient à l'issue du 3e procès de la plus importante catastrophe industrielle de l'après-guerre en France, qui avait fait 31 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001. Un procès en appel à Paris mais retransmis à Toulouse du 24 janvier au 24 mai 2017, après 16 ans de bataille judiciaire. La décision elle n'a pas été retransmise et une trentaine de victimes ont choisi de faire le déplacement à Paris pour le vivre en direct.

Réactions des victimes à Paris

Pour la plupart des victimes qui avaient fait le déplacement à Paris, cette décision a été vécue comme un soulagement. Il y a quelques regrets de ne pas voir Total condamné, mais beaucoup avaient peur de revivre la relaxe prononcée en première instance et sont sortis avec un sentiment de victoire.

"Grande Paroisse, c'est Total. Dans l'esprit des gens, de l'opinion, c'est Total qui est condamné donc c'est très bien" - Claudine et Denis Molin du collectif "Plus jamais ça"

Guy Fourest, l'ancien président du comité de défense des victimes d'AZF était monté à Paris avec des photos du drame, il est sorti soulagé.  - Radio France
Guy Fourest, l'ancien président du comité de défense des victimes d'AZF était monté à Paris avec des photos du drame, il est sorti soulagé. © Radio France - Vanessa Marguet

Reportage de Vanessa Marguet à Paris à la sortie de la salle d'audience. Réactions diverses des victimes, mais personne n'est resté indifférent"

Seuls les membres de l'association "mémoire et solidarité", l’association des anciens salariés d'AZF sont sortis de la salle dépités. Leur président Jacques Mignard ne croit toujours pas à la thèse de l''explosion liée à un mélange accidentel de produits chimiques et ne veut pas en rester là. Il n'a pas l'impression d'avoir obtenu "la vérité" qu'il cherche avec cette décision de justice.

Réactions à Toulouse

Le rendu de la décision a été suivie aussi depuis Toulouse. Plusieurs dizaines de victimes se sont rassemblées notamment devant la salle Potier, à l'emplacement de l'ancien poste de garde de l'usine AZF. Elles ont appris la nouvelle par téléphone.

Reportage de Jeanne Marie Marco à Toulouse auprès des victimes.

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