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Faits divers – Justice

Procès en appel des gîtes : Paul Giacobbi reconnaît la fraude et le vol d'argent public

mercredi 14 février 2018 à 10:18 Par Olivier Castel, Pierre-Louis Sardi et Marion Galland, France Bleu RCFM

"On n'est jamais trahi que par les siens", a déclaré Paul Giacobbi. Au procès en appel de l'affaire des gîtes ruraux, l'ancien président du Conseil Général de Haute-Corse a reconnu ce matin à la barre une fraude à la subvention, et dénoncé une trahison de ses proches.

 Paul Giacobbi et ses avocats, devant la cour d'appel du tribunal de Bastia.
Paul Giacobbi et ses avocats, devant la cour d'appel du tribunal de Bastia. © Radio France - Pierre-Louis Sardi

Bastia, France

Coup de théâtre devant la cour d'appel de Bastia ce mercredi. Condamné en première instance à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité pour "détournement de fonds publics", l'ancien élu du département et de la région a décidé de se livrer, lors du procès en appel de l'affaire des gîtes ruraux. Il a reconnu qu'il y avait eu fraude et vol d'argent public, mais que tout s'était fait dans son dos. L'ancien président du Conseil Exécutif, battu aux élections de décembre 2015, a indiqué avoir assumé "politiquement et moralement" en ne se présentant pas aux territoriales de 2017.

Des révélations auxquelles personne ne s'attendait. Calme, les deux mains sur son pupitre, Paul Giacobbi a déclaré d'un ton clair : 

"Il y a eu fraude. Il faut appeler un chat un chat. Il y a eu vol d'argent public, et cela s'est fait dans une collectivité dont j'avais la charge. [...] Moralement, tout cela m’accable, car quand on a un peu d’honneur, on est responsable » 

Paul Giacobbi au troisième jour de son procès - Radio France
Paul Giacobbi au troisième jour de son procès © Radio France - Pierre-Louis Sardi

"Je ne me sens plus en mesure d'intervenir publiquement" a ajouté Paul Giacobbi. De plus, il s'est dit trahi et trompé par ses conseillers de l'époque au département, Dominique Viola et Dominique Domarchi (assassiné en 2011, ndlr). "Ils ont fait pression sur (Jean) Leccia qui n'a jamais signalé de faute", y compris lorsque celui-ci constatait une illégalité. (Jean Leccia, ex-directeur général des services du Conseil Général de Haute-Corse, assassiné en mars 2014, ndlr). 

Changement de mode de défense.

Paul Giacobbi a donc changé sa stratégie de défense, au regard de ses déclarations en première instance. Il protégeait alors coûte que coûte les membres de son cabinet, égratignant au passage Jean Leccia, et les fonctionnaires de son ancienne institution. Aujourd'hui, il a reconnu que tous subissaient des pressions de la part de ses "amis", ceux-là même qui, selon lui, l'ont trahi. "J'ai mis du temps à m'en rendre compte"

Pour ce qui est de la commission d’attribution des subventions pour la construction des gîtes ruraux, Paul Giacobbi a maintenu qu'à l'intérieur de celle-ci on a utilisé sa signature dans certains dossiers de demande de subventions, et s'est défendu face aux attaques des élus dénonçant une certaine "opacité". « Tout le monde pouvait demander des comptes".

Dominique Viola, "le grand absent"

L'ancien président du CG 2B a réfuté "tout bénéfice politique" en lien avec l'octroi de subventions à des tiers, qu'ils soient proches de lui ou de son cabinet.

Jérôme Karsenty, avocat partie civile « Paul Giacobbi savait » - Radio France
Jérôme Karsenty, avocat partie civile « Paul Giacobbi savait » © Radio France - Pierre-Louis Sardi

Après l'audition de Paul Giacobbi, à la demande de la présidente, plusieurs prévenus sont revenus à la barre. 

Marie-Laure Lemée, ex-chef de service, a estimé que le grand absent de ce procès était Dominique Viola. "Il aurait pu donner sa version". Dominique, dit "Mimi" Viola, n'a pas été cité à comparaître, la présidente s'est contentée de lire durant l'audience son PV d'audition, réalisé durant l'enquête.  

De son côté Jacques Costa a confirmé que le cabinet prenait toutes les décisions et que Jean Leccia n'était qu'un exécutant.

Pour Maître Jérôme Karsenty, partie civile, avocat d’Anticor, lui n'a pas de doute sur l'implication de Paul Giacobbi.  "Ce qui est vrai c’est que le cabinet avait un rôle anormal mais ce qui est vrai surtout c’est que Paul Giacobbi le savait et qu’il l’a couvert. Et donc sa participation est directe, il y a un système clientéliste. Tous les gens qui ont bénéficié de ces gîtes sont des proches de Paul Giacobbi"

Le réquisitoire est attendu jeudi dans la matinée