Faits divers – Justice

Procès en appel pour sept supporters bastiais à Reims

Par Patrick Rossi et Maxime Becmeur, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu RCFM et France Bleu mercredi 14 décembre 2016 à 18:53 Mis à jour le mercredi 14 décembre 2016 à 19:04

Forte mobilisation à Bastia au lendemain des incidents survenus à Reims
Forte mobilisation à Bastia au lendemain des incidents survenus à Reims © Radio France - Patrick Rossi

Sept supporters du SC Bastia comparaissent en appel à Reims, ce jeudi 15 décembre. Condamnés en première instance pour outrages et rébellion, ils avaient écopé d’amendes allant jusqu’à 2.000€. Leurs avocats plaideront la relaxe.

L’histoire avait fait grand bruit en février dernier. Pour rappel, le 13 février 2016, des incidents avaient éclaté dans le centre-ville de Reims, incidents opposant supporters du Sporting Club de Bastia aux policiers. Les faits s’étaient produits au terme du match Reims-Bastia. Et l'affaire n’est visiblement pas finie. Elle va même vivre un nouvel épisode devant la Cour d’appel de Reims où les sept supporters bastiais, condamnés en première instance pour outrage et rébellion contre la police, viendront chercher la relaxe. Parmi eux figurent Julien Muselli et Adrien Matarise, mis par ailleurs en examen et incarcérés. Ils comparaitront donc détenus à l’occasion de cette audience en appel.

L’audience pourrait se tenir dans une ambiance particulière, au lendemain notamment d’un classement sans suite, par le parquet de Reims, des plaintes déposées par ces mêmes prévenus, plaintes contre les policiers pour « violences aggravées, faux et usage de faux ».

Les vidéos, pierre angulaire du dossier

Dans un entretien accordé à RCFM, Me Jean-André Albertini évoque cette nouvelle audience qui va permettre un réexamen des arguments et des demandes de la défense. «Nous avons pu constater que dans une procédure annexe avaient été versées des vidéo-surveillances de la ville de Reims, du tramway et du stade. Ces éléments nous sont indispensables pour pouvoir organiser utilement la défense de nos clients. C’est la raison pour laquelle, parce qu’elles n’ont pas été versées dans la procédure concernant les outrages et rebellions pour lesquels nos clients sont jugés, nous allons solliciter un complément d’information », indique l’avocat des supporters bastiais. L’audience pourrait donc être reportée, si la Cour d’appel de Reims accède à cette demande.

Le nouveau procès va se tenir dans un contexte particulier même si beaucoup de choses ont changé depuis le procès en première instance. Et les changements ne sont pas forcément favorables aux prévenus. Certains d’entre eux ont été mis en examen et incarcérés après la découverte d’engins explosifs en marge de la manifestation organisée à Bastia en février dernier, manifestation qui faisait suite aux incidents survenus à Reims. D’ailleurs, et à propos de la dite nouvelle affaire, « la défense s’étonne de l’existence de ces découvertes à un moment aussi proche de la date d’audience de la Cour d’appel. On constate que les interpellations ont été faites le jour même où devait être jugé le mineur dans ce dossier au tribunal pour enfant de Bastia ». Pour autant et malgré ces nouveaux éléments, Me Jean-André Albertini réaffirme que la donne n’a pas changé : « nous voulons obtenir la vérité et savoir ce qu’il s’est réellement passé le 13 février à Reims ».

Enfin l’avocat des sept supporters bastiais revient une fois encore sur les vidéo-surveillances, indiquant que « sans elles, le dossier ne peut être jugé. Elles sont la pierre angulaire de ce dossier. Elles pourront aisément contrecarrer les affirmations des policiers dont on peut constater, en confrontant certains procès-verbaux, qu’ils sont contradictoires. Ces vidéos, nous l’ignorions, ont été placées sous scellés le 18 février dernier. Nous l’avons appris tout récemment. Et il va de l’intérêt d’une bonne administration de la justice qu’elles soient versées pour que l’on puisse les regarder, les discuter » conclut Me Jean-André Albertini.

"Que la vérité soit faite, que justice soit rendue"

Le président de l'Assemblée de Corse est très attentif à l'évolution du dossier et à son issue judiciaire. Dans un communiqué publié via son compte twitter, Jean-Guy Talamoni exige une nouvelle fois que " toute la vérité soit faite dans cette affaire, que justice soit rendue aux jeunes corses".